Mercredi 30 Novembre 2022
TAUROMACHIE PLURIELLE
Mardi, 27 Septembre 2022
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A l'heure où les tauromachies vivent des heures sombres et inquiétantes, à l'aune de la loi tauricide n°804 présentée par le député Aymeric Caron ; un retour historique sur nos passions permettrait d'avaliser un front commun : landais, camarguais et espagnol…
 
Gérard Gadiot, aficionado, écrivain et chercheur impénitent, publie un article dans la Revue « Le Toril » le 9 avril 1938 (1).
 
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Le papier est consacré à une course particulière qui se déroule le 10 juillet 1853 dans l'arène rhodanienne !
 
Mr Asencio Garcia résidant à Marseille et propriétaire d'une affaire de transport crée une « troupe de toreadores et amazones » (sic) qui écuma Arles, Nîmes, Avignon.
 
Malgré sa demande d'un spectacle dans la ville phocéenne auprès du Maire, Mr Bonnaventure de Chanterac qui resta intraitable.
 
Dans la cité des Papes, el señor Garcia initia dans les arènes de la Barthelasse « Une grande chasse aux taureaux pour les écuyères espagnoles (les amazones ?) élèves de Mlle Caroline, de l'hippodrome de Paris » (2).
 
Dans le cadre de la course arlésienne, la troupe était composée de la première épée (chef de lidia) Basilio González « El Sastre », deuxième épée dite media espada, Mariano Antón, troisième épée, Andrés Torres.
 
L'appellation « media espada » était destinée aux toreros, à qui, la première épée cédait l'estocade d'un toro, souvent retors, car un bon apprentissage est rude !
 
Les banderilleros étaient Andrés Torres (déjà cité), Juan Marimón, Antonio Garrido, Joaquim Gil « Huevatero » (3) et Pedro Fernández « Valdemoro », dont l'apodo devint le nom d'un cocardier célèbre.
 
Les picadors sont Pascual Romero, José Andera, le leader étant Francisco Miguez.
 
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Les toros seront sautés à la perche « Salto a la garrocha » par le chef de lidia. Les Nîmois, le 10 septembre 1854, le verront toréer avec des échasses, comme le célèbre madrilène Miguel López « Gorrito » (Goya a représenté cette suerte en 1770 : Los Zancos).
 
Mariano Antón effectuera les passes du manteau (capote) car il est « mantelliste » réputé, il saute également les toros. 
 
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Les banderilleros posent les bâtonnets d'où s'échappent, comme dans une œuvre de Walt Disney : colombes, guirlandes, feux d'artifices, ballonnets...
 
Le premier picador, el señor Miguez, monté sur un « camargue », habillé du costume andalou, plantera des lancettes sur le dos des toros, qui se brisent sans blessure au cheval.
 
La deuxième partie comporte une ferrade en piste avec les intrépides gardians de la manade de Faramon.
 
Les toros sont poursuivis en piste par Jacques Aubert et Jean Giraud, puis arrêtés par les vaillants Malaucene, gardian, et Fournier, amateur.
 
Une course à la cocarde primée pour 12 amateurs du Pays.
 
Le cheptel sera de 10 taureaux croisés de la manade Joseph Yonnet (certainement non piqués, non estoqués).
 
Cette programmation est bien sûr pléthorique, commerciale et iconoclaste.
 
Ce type de spectacle de nos jours, convenablement monté, permettrait de découvrir les multiples facettes des tauromachies, à un prix abordable.
 
A Guy Chaptal, Capitaine de la Nacioun Gardiano, qui galope dans les prairies éternelles.
 
Jacques Lanfranchi « El Kallista »
 
Lundi 26 septembre 2022
 
Bibliographie :
 
–Deux siècles de tauromachie à Marseille, Paul Casanova UBTF 1990
 
–Histoire de la tauromachie en Arles, Luis de la Cruz UBTF 1977
 
Crédits photos : collection personnelle.
 
(1)Extrait de « taureaux en Arles autrefois et aujourd’hui de l'antiquité à 1914.
 
(2)in « Les courses de taureaux à Avignon (compte d'auteur) Alain Maureau 1971.
 
(3)Il fut tué à Saragosse par le toro Gallardo de la ganadería Juan Piñeiro le 26 octobre 1862.
 
(4)Nicolas Vergonzanne sauta un Victorino Martín à Dax, dévolu à Stéphane Fernandez Meca. Sauteur, il s'essaya à la course camarguaise et au recorte pendant deux décades.
 
(5)Un toro de Miura fut raseté à Nîmes le 10/10/1954. « Reineto » du même fer le fut en 2014 pour la feria du Riz.
 
 
 

Paul Hermé

soler 2017

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