Vendredi 09 Décembre 2022
PATRICE
Samedi, 20 Août 2022
aur20ph
 
Racines : l’aurochs, ancêtre du bos taurus hispanicus…
 
L'aurochs est une espèce de bovidé, ancêtre des races actuelles de bovins et dont la descendance sauvage est désormais éteinte.
 
Appartenant au genre Bos, son nom scientifique est Bos primigenius ou Bos taurus primigenius selon les auteurs. Il est également désigné parfois par les noms d'urus ou ure. Menacé par la chasse, les croisements et la domestication, la forme sauvage de l'aurochs n'existait plus qu'en Europe de l'Est à partir du XIIIe siècle, avant de s'éteindre dans la première moitié du XVIIe siècle (le dernier spécimen est mort en 1627 dans la forêt de Jaktorow en Pologne ).
 
L'aurochs serait apparu en Inde au Pléistocène inférieur, il y a environ deux millions d'années. Il serait probablement issu de Bos planifrons ou de Bos acutifrons.
 
Il aurait ensuite migré vers le Moyen-Orient et le reste de l'Asie pour gagner l'Europe au Pléistocène moyen. Il a aussi existé en Afrique du Nord. La date précise de sa diffusion en Europe varie selon les sources : début du Pléistocène moyen (soit il y a environ 780 000 ans), 275 000 ou 250 000 ans.
 
Au XIIIe siècle, le territoire de l'aurochs se limitait à la Prusse, la Pologne, la Lituanie, la Moldavie et la Transylvanie. En Pologne, le droit de chasser de grands animaux a été limité d'abord à la noblesse puis, progressivement, aux seuls membres de la famille royale. Comme la population déclinait, la chasse cessa et la cour royale dut faire appel à des gardes-chasse pour entretenir les dernières populations dans des zones délimitées. Ces gardes-chasse étaient exemptés d'impôts locaux en échange de leur service ; le braconnage sur les aurochs était puni de mort.
 
Selon une enquête royale, ils n'étaient plus qu'une trentaine en 1564, vivant ainsi en liberté surveillée dans la forêt de Jaktorów en Pologne. Principalement victimes de maladies apportées par les bovins domestiques, il ne restait plus que trois mâles et une femelle en 1602. Le dernier mâle est mort en 1620 et la femelle, dernier aurochs vivant connu, est morte en 1627.
 
On mentionne toutefois sa présence en 1720 en Sibérie.
 
Les principales causes de l'extinction furent la chasse, la diminution de l'habitat en raison du développement de l'agriculture et des épizooties (notamment en provenance de bétail domestique).
 
L'aurochs était plus grand que les races actuelles de bovins. Les chercheurs ont cependant revu à la baisse leurs estimations. On estimait la taille au garrot des mâles à deux mètres, et celle des femelles à 1,80 mètre. Les estimations récentes sont plutôt de 1,60 à 1,80 mètre au garrot pour les mâles, et d'environ un mètre et demi pour les femelles, même si certains auteurs restent encore partisans d'une taille dépassant les 2 mètres. Ces variations d'estimations s'expliquent par le faible nombre de squelettes complets disponibles. Si les os retrouvés sont nombreux, le nombre de squelettes plus ou moins complets n'était que de quinze en 2002.
 
Certains auteurs pensent que les très gros animaux (parfois deux mètres) seraient souvent plus anciens que les aurochs plus petits. Cette approche est contestée par d'autres auteurs.
 
Le poids pouvait atteindre 800 à 1 000 kg.
 
Le crâne était volumineux, avec un front plat et étroit muni de grandes cornes en forme de lyre, tournées vers l'avant en faisant un angle d'environ soixante degrés avec le front. La pointe pouvait parfois remonter vers le haut. La forme précise de ces cornes pouvait légèrement varier d'un individu à l'autre. Celles des mâles pouvaient aller jusqu'à cent sept centimètres de longueur, quand celles des femelles étaient plus petites, jusqu'à soixante-dix centimètres de longueur. On indique même une taille maximale pour les mâles de cent vingt centimètres, mais des tailles moyennes bien inférieures à ces maximums : soixante-deux centimètres pour les mâles, et quarante-deux pour les femelles.
 
L'animal avait un dos rectiligne, et les jambes étaient proportionnellement un peu plus longues que celles des bovins domestiques actuels.
 
Les mâles étaient plus gros, avaient des cornes plus longues, et avaient un pelage brun-noir, avec une raie plus pâle le long de l'épine dorsale. Les femelles et les jeunes des deux sexes avaient un pelage plus rougeâtre, sans cette raie dorsale.
 
D'après les descriptions, il y avait une zone plus claire autour du museau chez les deux sexes.
 
Les aurochs avaient également une certaine réputation d'agressivité, encore que celle-ci ait pu être exagérée par les traditions, comme dans le cas des loups.
 
Les derniers rapports historiques de Pologne, juste avant la disparition de l'animal, indiquent d'ailleurs que les aurochs n'avaient pas peur des humains, et ne se sauvaient pas quand ceux-ci approchaient, ne devenant agressifs que lorsqu'ils étaient chassés ou trop importunés.
 
L’aurochs est l’ancêtre du bos taurus.
 
Lui-même grand papé du bos taurus hispanicus qui nous intéresse.
 
Patrice Quiot
 
 

Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels