Mercredi 28 Février 2024
CFT
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Mercredi : Tentaderos au Puerto de San Lorenzo puis chez Juan Luis Fraile…
 
TROISIEME JOUR : Aujourd'hui, la journée est plus chargée. Ce sont deux ganaderías de renom que nous irons visiter.
 
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La première est celle du Puerto de San Lorenzo de Don José Juan Fraile, pour une tienta de 5 vaches, située au sud de Tamames. La seconde est celle de Don Juan Luis Fraile, du côté de Vecinos. Que du bétail de catégorie, en somme.
 
Rendez-vous nous est donné à 11h pour la tienta.
 
Notre route traverse un paysage très caractéristique du Campo Charro : de longs murs en pierre sèche sur des kilomètres et un campo parsemé de milliers de chênes majestueux, sur un tapis d'herbe verte type moquette ! Les jardiniers en charge de passer la tondeuse et de tailler impeccablement les chênes paissent paisiblement, tout au long de ces milliers d'hectares.
 
Bêtement, j'aurais tendance à dire que c'est écologique, mais les vrais écologistes, ceux qui s'expriment en direct des villes, eux, me rétorqueront que j'oublie les dangers de la biomasse. Suis-je bête !
 
Hier soir, un nouveau participant nous a rejoints : c'est un aficionado práctico à ses heures de loisirs, mais c'est surtout un magicien professionnel de grande illusion. Il nous a raconté une foule d'anecdotes rigolotes et insolites sur son métier, tout en ponctuant ses propos de tours de magie, l’air de rien, sous nos yeux, en close Up, sans y toucher. C'était très amusant ! Aujourd'hui, il va s'essayer avec les jeunes élèves devant du bétail de qualité.
 
Le Maestro El Rafi nous a rejoints. Ça lui rappelle beaucoup de souvenirs, durant les 3 stages auxquels il avait participé avec le CFT il y a déjà quelques années. Quel plaisir de l’avoir avec nous !
 
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Nous pénétrons dans la finca, côté gauche, El Pilar, puis plus loin, au bout d’un chemin qui serpente en haut d’une colline, celle du Puerto de San Lorenzo.
 
Les murs en pierre entourent de grandes bâtisses, une placita au fond, des toutous qui surveillent. Après quelques instants, le ganadero surgit à cheval, avec une manade de cabestros pour aller chercher les 5 vaches qui seront tientées par les élèves. Ambiance typique.
 
Tout notre petit monde se prépare, chacun avec ses trastos, sacs, et autres affaires. Le picador est dans le ruedo, il arrose la piste, elle est impeccable ! c’est de catégorie ! il fait beau, presque chaud avec ce beau soleil d’hiver, pas de vent, des conditions idéales pour toréer.
 
La première vache sera pour Nino : elle est excellente.
 
Il doit profiter de ce stage pour se préparer pour le niveau supérieur de la novillada con caballos. Les professeurs sont donc très exigeants avec lui. Plusieurs séries, très bien réalisées, il est très relâché, suave... On se rend compte qu’il est en train de passer un nouveau stade.
 
Pour Gauthier, la vache est exigeante, il lui faut travailler son bras, sa posture.
 
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Au tour de Mathieu de sortir, il démarre stressé : « Calme-toi ! »  lui dit le Maestro Varin, « Fais les passes une après l'autre… », il se fait désarmer, mais réalise de beaux gestes.
 
Pour Baptiste, c’est plus compliqué, « plus de pico, moins de face... et surtout sois convaincu… »
 
Clovis se fait beaucoup bousculer, mais y retourne, pourtant, ce matin, il n’est pas au niveau d’hier.
 
Nino revient pour quelques séries et fait sortir la vache. 30 minutes, pas mal !
 
La deuxième vache :
 
Difficile à mener au cheval, Manuel s’essaie avec belle manière.
 
C’est Clément qui la torée à la muleta, puis Nino, puis Valentin qui s’en sort très bien, terminant par des passes en redondos
 
Mathieu se fait bousculer, mais s'y remet. Il est motivé.
 
Entrée a matar pour Nino et Clément.
 
La troisième vache est forte :
 
Manuel pare très bien la vache avec Rafi.
 
Le métier rentre peu à peu. Il positionne ses mains basses pour la freiner. La vache est distraite.
 
La muleta de Manuel semble lui peser, peut-être sa chute d'hier qui lui a laissé la main un peu douloureuse. La vache tombe, il faut la toréer à mi-hauteur. Il torée bien, en douceur.
 
Baptiste a quelques problèmes de terrains, mais il est volontaire et veut faire bien.
 
Au tour de Clovis, la vache se tient en querencia aux planches. Belle série pour débuter. Quelques détails à corriger, mais il est dans le bon rythme. C'est pas mal du tout !
 
Sacha sort pour une série de pechos, pour avoir des sensations, il « ande » (marche) avec la vache, une série à gauche, c'est très formateur.
 
Rémy réalise des pechos et s’en sort plutôt bien.
 
Au bout de 30 minutes cette vache est fatiguée, le ganadero demande qu'on la rentre.
 
La quatrième vache, une rousse plus petite va clairement au cheval.
 
Gauthier la pare avec Rafi, il est élégant et efficace. A la muleta, il torée en douceur, il mérite son surnom de « Finito de Nîmes », il prend confiance, la vache est délicieuse, elle autorise beaucoup d’erreurs aux élèves sans leur faire payer ! Elle permet de se renforcer la confiance.
 
Alors, Paolo s’aventure, encouragé par ses camarades, elle va se laisser faire. Paolo saute comme un cabri ! Il se risque, mais ne reste pas quieto : le maestro Le Sur lui crie « Paolo, ne bouge pas, on dirait un haricot mexicain ! » « ¡ Garbancito mexicano ! » sera son surnom pour la journée. Tout le monde rigole, l’ambiance est détendue mais studieuse. Alors Rafi sort avec lui pour qu’il puisse effectuer des pechos et avoir des sensations. Rassuré par ses encouragements, même s’il se décroise entre chaque passe, il ne recule pas.
 
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Éric (notre magicien) qui « ne se le sentait pas jusqu’alors », sort, voyant cette vache si bonne. Il réalise quelques séries, il donne des passes dont il ne se soupçonnait pas lui-même capable, il est heureux, il se régale. Que du bonheur !
 
Rémy, lui aussi, sort sous l’aile de Rafi. Il aime bien toréer les pieds joints, sans bouger, il est sorti, il s’est mis devant.
 
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Pour Baptiste, c’est pas mal du tout, cette vache est extra et il reprend le moral, il se fait désarmer car sa muleta est trop basse, rien de grave.
 
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Mathieu fait un grand bond technique, il a compris le sitio et pour ne rien gâcher il est très élégant, il a pris du plaisir.
 
Sacha sort pour effectuer une passe après l'autre. Il veut tellement rester quieto, que quelques fois il faut lui dire de s’enlever, mais il a fait quelques passes il s’est habitué à l’animal.
 
Puis Paolo ressort…  toujours difficile de rester quieto !
 
C’est à nouveau au tour d’Éric, il faut corriger ce buste penché. La vidéo lui permettra de corriger tout ça assez vite.
 
La cinquième et déjà dernière vache sera parée par Valentin qui se révèle très efficace, Rafi alterne.
 
Cette vache noire va directement au cheval.
 
A la muleta, Valentin torée très doux, longtemps, bien sur les reins, a gusto.
 
Manuel sort, il a un peu tendance à se pencher trop en avant. Il effectue de beaux gestes, il est élégant. Il faut viser la série et surtout toréer plus avec la ceinture. Il a déjà fait beaucoup de progrès, même s’il ne se croise pas assez et donc se retrouve penché en avant. Il faudra le revoir.
 
Mathieu a de jolis gestes, il doit modifier la position de sa muleta mais il réalise de bons progrès.
 
Clovis a un problème de sitio, fait un peu de pega portugaise, prenant la vache par les cornes. Mais, il a de la race, il y retourne.
 
Valentin torée très vertical, effectue des redondos très élégants. Nous voyons, sous nos yeux, une belle transformation pour celui qui a été le gagnant de la muleta d'hier !
 
14h, fin de l'entrainement.
 
Notre rendez-vous suivant est à 16h. Peu de temps pour se restaurer. Du coup, nous prendrons un petit picoteo dans un bar à Tamames. Nous sommes un groupe de 17 personnes. Nous déboulons à 14h30, sans crier gare, dans un petit établissement modeste, La Bombilla, face à la gasolinera.
 
Ils nous accueillent très gentiment. Très professionnels, très efficaces, nous voici installés très vite en terrasse, comme des princes. Il fait beau, pas de vent, le petit village est désert. Au menu : viande grillée, pain, frites. Que du simple, que du bon. Un régal. Nous avons 30 minutes de route avant notre autre rendez-vous à 16h, ne soyons pas en retard.
 
16h04, arrivée chez Juan Luis Fraile, a Cojos de Robliza. C’est un élevage de renom, redouté. Nous avons déjà eu l’opportunité de venir « goûter » de ce bétail, sérieux mais qui donne un bon jeu.
 
16h45, début de l'entrainement.
 
Au programme : 2 becerros en mise à mort pour Nino et... Valentin. Cette fois-ci, les petits s'occupent des grands. Clovis fera valet d’épée, Paolo aidera…
 
Chacun est à son poste.
 
Un beau novillo noir, fort, bien armé, sort pour Nino.
 
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Capote puis une paire de banderilles. Il faut le toréer en perdant du sitio et, peu à peu, le novillo s'habitue au rythme. Il se donne.
 
La distance diminue peu à peu. Nino est plus relâché.
 
Puis à force, le novillo le voit, c'est de plus en plus difficile, car il apprend et comprend que derrière le tissu se trouve l'homme. Mais Nino ne lâche rien.
 
En revanche, cela se gâte pour mettre à mort : 3 pinchazos, 1 mauvaise épée, retirée par Rafi pour profiter d’une autre possibilité de mettre une épée, puis descabello. Ce n’est pas gagné, il faut travailler encore et toujours !
 
Le second novillo est paré par Clément. Nino aux banderillas, là encore il n’y est pas ! Rafi est à la brega. Clément pose une bonne paire de banderillas.
 
Manuel est à la brega.
 
Valentin prend la muleta : 4 séries bien réalisées, c’est pas mal du tout. « Parfait ! » lui disent les professeurs, c'est plutôt rare !
 
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Valentin reprend plusieurs séries à droite bien effectuées. Puis, il passe à gauche, et là les choses changent, c’est superbe, bien campé sur les reins, il lie les passes avec une fluidité de rêve ! On n’en revient pas ! Ce garçon est étonnant de calme et d’aguante. Car il est tout de même face à un novillo fort et sérieux !
 
Pour la première entrée a matar, il ne lève pas assez le coude. On recommence. Et là, c’est une bonne épée ! Un coup de descabello pour l’entraînement.
 
Christian Le Sur lui remettra une oreille bien méritée dans la joie générale !!!
 
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Enfin, nous prenons part à la spécialité de la maison Fraile : l’arrastre manuel, très écologique, on prend un cordage très long, que l’on entoure autour des cornes de la dépouille du novillo, puis, on appelle tous les présents dans le ruedo et « ho hisse », on tire jusqu’à la sortie ! Bilan : zéro carbone !
 
Voilà encore une journée bien remplie.
 
Nous rentrons « à la maison » pour une bonne soirée et un repos bien mérité.
 
Photos : Jean-Luc Jouet