Samedi 13 Juillet 2024
GALLON
Dimanche, 13 Février 2022
mg13ph
 
Avant Arzacq, Michel Gallon a confié son plaisir de revenir dans le Sud-Ouest…
 
C’est au volant de son inimitable camion de pompier, entre les mares et les cailloux, dans ce décor sauvage, pierreux, inimitable et poignant du lieu-dit « Capeau », entre Camargue et pays de Crau, que nous avons retrouvé Michel Gallon inchangé. Le poids des ans ne pèse pas sur les épaules frêles de ce passionné qui donne tant à la tauromachie. Il a, comme les autres ganaderos, subi les méfaits du Covid en serrant les dents. Après une brillante série dans le Sud-Ouest il y a quelques années, la devise a été un peu délaissée sur ces terres où la famille s’est fait beaucoup d’amis. A Vic, Garlin, Roquefort et Arzacq… justement, où il est de retour dimanche le 20 février.
 
-Vraiment c’est un grand plaisir de revenir dans le Sud-Ouest. On y a toujours été bien accueilli et ça s’est bien passé le plus souvent. Et à Arzacq en particulier, il y a dix ans pour un festival avec un très bon lot et deux vueltas. Y retourner, c’est une grande joie.
 
gal13h
 
- Peux-tu nous parler de ce lot du retour dans le Sud-Ouest qui va se dérouler à Arzacq ?
 
- En fait, des novilladas sin caballos on en a fait longtemps mais, depuis 7 à 8 ans, nous n’en faisions plus. On allait seulement à Vic chaque année avec des lots très sérieux, il leur manquait deux mois pour faire trois ans ; des novillos très armés. Et puis le Covid nous a bloqués. Nous avons donc recommencé à faire des novilladas sans picadors et nous avons eu l’opportunité d’en lidier une à Arles avec des novillos bien faits, jolis, mais pas trop agressifs. Et ça s’est bien passé. On avait fait le choix de ne pas la garder pour une corrida parce que malheureusement quand on garde on fait manger les bêtes, les toros profitent, ils se tuent parfois entre eux et au bout du compte, c’est dur pour les vendre. C’est dommage. Comme les novillos que l’on a choisis pour Arzacq, ceux de l’an passé à Arles avaient des notes suffisantes pour aller en corrida. Les vaches sont de grandes reatas. Mais on ne fait pas les difficiles et quand on les voit combattre, on se régale !
 
mg13h
 
- Qu’est-ce que tu cherches comme qualité dans le toro que tu élèves ?
 
- Qu’il ait la classe ; une belle charge ; qu’il humilie un maximum ; qu’il permette au torero de se plaire ; qu’il aille à más. Dans l’ensemble, chez nous, ils peuvent sortir un peu sueltos, mais ils s’échauffent et la race ressort. Ça s’est passé comme ça pour Raquel à Saint Laurent d’Aigouze, le novillo s’est échauffé après la pique et Raquel a pu s’exprimer et faire une belle tauromachie… comme on l’aime.
 
-Il y a des liens forts entre Raquel Martín et la ganadería…
 
C’est sûr, j’apprécie son style, sa maestría. Au mois de juillet, elle est venue, il y avait le mistral et ça s’est très bien passé malgré ça. Franchement, je lui vois d’énormes qualités, une grande classe et j’ai beaucoup d’estime pour Cristina et Alejandro ses apoderados.
 
rm08h
 
-Un retour à Arzacq sous de bons auspices… tu as confiance… tu dors bien la nuit ?
[Michel fait une moue dubitative et hoche la tête discrètement]
 
– Déjà le jour où ils ont été choisis, j’ai commencé à gamberger… mais c’est un plaisir de pouvoir faire combattre. Car préparer des toros, les voir se battre et ne pas les faire combattre, pour un ganadero, en France comme en Espagne, c’est une grande tristesse. Franchement, je suis heureux de cette opportunité, heureux de revenir dans le Sud-Ouest et je dis merci à mes amis d’Arzacq.
 
arz02h
 
Pierre Vidal - Corridasi