Mardi 17 Mai 2022
PATRICE
Samedi, 11 Décembre 2021
 git11ph
 
La famille du torero gitan…
 
La gitane.
 
Visage brun d’écriture sanscrite.
Cheveux en vrac de fleurs de magnolia.
Yeux noirs de la forge.
Mâchoires de fandango.
Sourire de gouape.
Pendientes de ferretería.
Et la main gauche sur la hanche.
 
Le mat de la peau qui n’est pas celle de l’enfant Jésus.
Et le châle blanc de la virginité exigée.
 
 
Le picador.
 
Les yeux inquiets de l’attente.
Les pommettes de la conquête.
Le nez camard d’une jument alezane.
La bouche gourmande du dédain.
Les mains presque absentes.
Inutiles, elles n’ont pour l’instant rien à faire.
Et l’épaule en avant.
 
Le jaune de la pisse.
Et le vert des tripes des chevaux éventrés.
 
Su mujer.
 
L’alanguissement
d’une soumission.
La main droite abandonnée.
Les voiles qui cachent.
Le ventre d’une prochaine douleur d’enfantement.
Qui ira rejoindre.
Ceux qui, les pieds nus, jouent dehors avec des morceaux de bois.
Et des pierres.
 
Des couleurs qui l’associent à lui.
Et un visage de douceur pale aux lèvres d’enfant qui l’en éloigne.
 
Le torero.
 
Le relâchement.
Momentané.
De l’inhabituel.
Le visage calme.
Mais la main gauche crispée.
Qui ne peut oublier.
Ce qu’elle a connu.
Et ce qu’elle continuera 
de faire.
 
Le gris de filigrane du semblant, le lisse brillant des bas.
Et l’exigence bouclée de sombre de la montera.
 
Le niño.
 
Poupon de celluloïd en zapatillas.
A la chevelure en perruque.
D’un petit prince de Velázquez.
Au visage.
D’un fils de Ribera.
Et à la détresse.
D’un mendiant de Murillo.
 
Le nazareno et l’or du capote à l’épaule indiquent la destinée.
Et le triste du traje, l’arène de Talavera.
 
La madre.
 
Le fauteuil comme trône.
L’éventail en bannière.
La chevelure d’arrogance flamenca.
Et le nez des Bourbon.
Un air de Françoise Fabian en exil de vieillesse.
Qui ordonne en regardant.
Car, déjà, elle sait.
 
Le noir des paupières, des cils et de la robe.
 
Et celui de la Macarena en deuil.
 
Avec l’ocre presque maestrante comme fond.
 
git11h
 
Datos
 
Ignacio Zuloaga y Zabaleta, né le 20juin 1870 à Eibar au Pays basque et mort le 31 octobre 1945 à Madrid, fut l'un des plus importants peintres espagnols de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. 
 
Portraitiste très prisé en son temps, il a également donné des images puissantes du monde taurin en Andalousie et de l'Espagne noire en Castille, notamment à Ségovie.
 
Son père Plácido Zuloaga, remarquable damasquineur, l'initie au dessin et à la gravure et lui fait découvrir la peinture espagnole au musée du Prado. Sa formation scolaire se fait en France chez les jésuites.
 
En 1889, après un séjour de 6 mois à Rome, il s’installe pour une décennie à Paris. Il y côtoie Santiago Rusiñol, fait connaître la peinture espagnole, notamment Le Greco, aux artistes français, reçoit l'influence déterminante d'Édouard Manet et expose avec les postimpressionnistes à la galerie Le Barc de Boutteville. Il s'intéresse déjà aux personnages humbles (balayeurs, vagabonds, prostituées...)
 
En 1898, il découvre à Ségovie un univers qui marquera profondément et durablement son œuvre : Une terre inhospitalière, aux types et coutumes archaïques. Il installe un atelier dans la ville et achète en 1925 le château de Los Velasco dans le village médiéval de Pedraza.
 
Il était un grand aficionado des courses de taureaux, sujet qu'il représenta dans ses tableaux, réussissant même une fois à entrer dans l'arène. Son modèle favori était Agustina, la mère du matador Ignacio Rafael García Escudero « Albaicín » Il a également eu pour modèle, Pastora Pavón, « La Niña de los Peines ».
 
Ses thématiques typiquement espagnoles, frisant souvent la caricature (paysages arides, processions rurales, portraits de manolas séductrices, toreros arrogants et pícaros misérables), ont connu le succès dans une Europe avide d'exotisme, avant d'être récupérées par les nationalistes.
 
La famille du torero gitan.
 
L'œuvre, une huile sur toile, a été réalisée à Séville entre 1902 et 1903, puis exposée à Paris en 1904, à Rome, Londres, Anvers et Rotterdam.
 
Elle porte également le titre de « Gallito et sa famille ».
 
Ce portrait de groupe familial est composé d'une femme âgée assise dans un fauteuil.
 
Il s'agit de Doña Gabriela Ortega, la « seña Gabriela », veuve de Fernando Gómez García, torero célèbre à l'époque de Lagartijo et de Frascuelo.
 
Elle est, elle-même, une ancienne danseuse de flamenco. 
 
À ses côtés, un torero, El Gallo (Rafael Gómez Ortega), fils aîné de la « seña Gabriela », tient sur ses genoux son cadet, José Gómez Ortega « Joselito ».
 
La toile est conservée à l'Hispanic Society de New York.
 
Patrice Quiot
 
 

Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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