Vendredi 01 Mars 2024
LAS VENTAS

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Triomphe important d’Emilio de Justo à Madrid pour la Corrida de la Cultura...

Il est incontestable qu’au sortir - a hombros - de cette corrida de la Cultura, Emilio de Justo (oreille, deux oreilles et ovation de despedida) venait en deux heures de temps de changer de statut. Bien sûr, cela faisait déjà un certain temps qu’on l’avait vu, après des années pour le moins compliquées, redresser peu à peu la barre jusqu’à se faire une place dans les cartels réservés aux postulants aux premières places. Il avait même il y a deux ans ouvert une première fois la Puerta Grande, mais ce jour, on a senti comme une espèce d’irrésistible montée en puissance, sous les yeux de César Rincón. Tout un symbole...

Comme colofón, « Duende » a foulé le sable venteño en quatrième position en étalant une combativité et une caste qui dans la muleta de l’Extremeño a été révélée au mieux. De Justo a alors affiché toute son entrega, son envie, sa détermination, et surtout sa classe torera. Un moment de célébration à l’art du toreo, du combat, sublimé par un maestro envahi par l’émotion lorsque du palco sont tombés deux mouchoirs, sans oublier le bleu en hommage à Duende. Et après avoir déjà obtenu un trophée à son premier combat, on pouvait légitimement penser que face à l’imposant mammouth sorti en sixième position, Emilio allait faire carton plein. Las, après avoir encore étalé de sérieux arguments, la conclusion lui fit perdre ce qu’il emmagasiné avec sa muleta. Rien de grave toutefois car la messe était déjà dite et il suffisait de s’en rendre compte peu après lorsque sur les épaules d’un costalero, il quitta le temple sous une forte et sympathique ovation. De bon torero, Emilio venait d’atteindre une dimension de figura...

En voyant les images, je me suis souvenu d’une discussion avec lui, il y a quelques années dans le Sud-Ouest, qui prit des allures d’entrevista au cours de laquelle Emilio m’avait confié tous les efforts qu’il devait consentir pour tenter de sortir la tête de l’eau. A ce propos, il avait étayé son propos en remerciant l’aficion française pour le précieux soutien qu’elle lui manifestait...

Si la tarde a été celle d’Emilio de Justo, elle a été moins positive pour Antonio Ferrera, l’autre protagoniste de ce mano a mano, qui sans trop démériter, n’a jamais pu se hisser au niveau de son rival. Il a tout de même récolté une ovation au terme de ses deux premiers combats, puis silence au troisième.

Volumineux, âgés et bien armés, les toros de Victoriano del Río le premier de Cortés - ont eu des comportements différents, la palme allant évidemment à Duende, mais plusieurs autres exemplaires ont rendu leur combat intéressant.

En définitive, une tarde entretenue donnée avec un « no hay billetes » correspondant aux normes limitées par la jauge. Qu’est-ce que ça a fait du bien de voir une Ventas revivre à nouveau, et de la meilleure des façons ! Une tarde qui en appelle d’autres, bien entendu...

Photo : Plaza1 - https://www.las-ventas.com/resena-tarde/corrida-extraordinaria-4-julio