Lundi 18 Novembre 2019
Madrid
Lundi, 30 Septembre 2019

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Mano a mano entretenu, avec l’unique oreille pour un Paco Ureña exemplaire et un Perera auteur d’un faenón de rabo terni par l’estoc…

 No hay billetes, temps estival.

 

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Toros de Juan Pedro Domecq (1 et 4), Núñez del Cuvillo (2 et 5) et Victoriano del Río (3 et 6). L’ultime a été remplacé par un sobrero de José Vázquez. Sobresaliente : Álvaro de la Calle.

A l’issue du paseo, Paco Ureña a été invité à saluer, une ovation partagée avec Perera qui s’est toutefois tenu en retrait.

 

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Miguel Ángel Perera (silence, silence et vuelta) a débuté avec un toro qui ne s’est pas employé au capote avant deux rencontres puis excellent tercio de banderilles à l’issue duquel ont salué José Chacón et Jesús Arruga. A la muleta, l’Extremeño s’efforça de soigner des échanges alternés aux contours allurés, sans toutefois parvenir à trouver l’accord parfait. Entière caídita.

 

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Bel accueil du troisième en se ployant, puis placement au cheval par chicuelinas marchées pour une première ration a minima qui ne fut pas du goût de tout le monde, le Cuvillo étant bien contenu sur le deuxième assaut. Bon quite par delantales d’Ureña suivi d’une réplique par chicuelinas de Perera. Le second tercio à charge de Javier Ambel et Arruga fera lever les tendidos, puis avec calme, application et temple, Perera égrena les séries face à un adversaire doté de bonnes dispositions auquel il manqua toutefois un peu de chispa pour donner plus de corps à son labeur. Entière au second envoi.

 

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Protesté rapidement par le noyau des « entendidos » faisant étalage de leur science en agitant leur mouchoir vert, « Portugués », de Cuvillo, piqué en deux fois sans grand style, allait ensuite nous procurer un des moments forts de cette tarde ! Comme quoi… Prenant son temps, Perera le fit venir de loin à plusieurs reprises, sur une trentaine de mètres, ce qui généra autant d’émotion que d’enthousiasme sur les gradins.

 

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Ces longues embestidas et la façon dont le maestro se l’enroulait sur les deux rives jusqu’aux bernardinas serrées en fin de faena, laissaient présager d’un triomphe « a lo grande », de ceux qui marquent forcément en un tel lieu. Las, au grand dam de Perera comme du public, il pincha sur le premier envoi pour placer ensuite un metisaca qui eut raison du fauve. Envolées les oreilles, mais quel grand moment nous venions de passer… Et dire que certains voulaient nous en priver !!! Perera venait de mettre tout le monde d’accord, ce qui n’était pas gagné d’avance lors de cet affrontement où visiblement, une bonne partie du public avait les yeux de Chimène pour son compañero, voire son concurrent.

 

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Paco Ureña (oreille, silence et saluts) démarra avec un Cuvillo qui est allé à son « aire » en foulant le sable, avant de prendre deux rations de fer, plus brève la deuxième. Bon quite de Perera puis début de faena en fanfare, hélas terni un temps par une chute sur des naturelles. Relevé, le bicho n’eut plus tout à fait les mêmes impulsions, mais Ureña sut toutefois profiter de son fonds de noblesse pour tirer plusieurs enchainements valeureux, dont un à deux mains qui fit chavirer le cirque. Et après entière, une marée blanche déferla des étagères, faisant tomber une oreille de poids.

 

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Le maestro de Lorca eut ensuite en échange un jabonero de Juan Pedro Domecq avec lequel il se distingua au capote, puis qui mit les reins sur un premier assaut avant un autre en mode aller/retour.  Le combat qui s’ensuivit ne trouva jamais son rythme, ni sa consistance. Ureña n’insista pas outre mesure, tout en restant digne, et en finit d’une entière.

 

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Sortit en sixième position un Victoriano rapidement protesté pour lacunes physiques, à juste raison cette fois, mais après le défilé des cabestros, Ureña allait trouver ensuite son compte avec son remplaçant, un sobrero de José Vázquez dont la bravoure n’était pas la qualité première. On aurait pu alors penser que l’affaire allait tourner court, mais c’était sans compter sans la détermination du Lorqueño qui finit par accepter d’en découdre sur terrain adverse. On était tombé dans une autre tauromachie, plus âpre et technique, et au fil des planches, le Lorqueño allait donner raison à ceux qui prétendent que tous les toros ont leur lidia, y compris les mansos. Usant autant de patience que de maitrise et d’engagement, il allait arracher des muletazos improbables avec le soutien de l’assemblée, ce qui aurait pu lui valoir une autre oreille si une entière al encuentro n’avait pas un peu trop tardé à faire son effet. Mais Paco Ureña pouvait quitter l’enceinte la tête haute, tout comme son compagnon d’ailleurs, au terme d’une tarde entretenue, bien dans le corte de cette arène mythique…

 

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(A suivre : l'actualité du week-end... en fin de soirée...)

 

Paul Hermé

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