Vendredi 13 Décembre 2019
Arles, Dax, Villaseca, Calasparra, Peralta...
Dimanche, 08 Septembre 2019

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Triomphe de Juan Bautista qui a indulté le dernier adversaire de sa carrière, de Vegahermosa, sortant a hombros aux côtés d'Enrique Ponce...

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No Hay Billetes, beau temps avec vent calmé. Arènes décorées dans les tons jaunes représentant un bouquet de tournesols en hommage à Vincent Van Gogh.

Musique de Chicuelo II, chants interprétés par la soprano Muriel Tomao soutenue par les Chœurs Escandihado.

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Avant que ne déboule le premier toro, l'orchestre a interprété les hymmes de l'Espagne et de la France, une Marseillaise quant à elle chantée. Les deux maestros ont reçu alors une belle ovation de bienvenue...

Toros de différents élevages, Cuvillo, Adolfo Martín puis Juan Pedro Domecq pour Ponce et Garcigrande, La Quinta puis Vegahermosa (second fer de Jandilla) pour Bautista.

Disons-le tout net, cette corrida n'a ressemblé à aucune autre et je pense que tous ceux qui étaient présents ce samedi dans l'amphithéâtre arlésien n'ont pas regretté d'avoir assisté durant trois heures à une succession de séquences dignes à elles seules de remplir... la plus belle salle du futur musée taurin de la ville ! Bon, là, je crois qu'encore sous le coup de l'émotion, je m'égare un peu...

Revenons donc à ce qui a contribué au succès d'un départ que d'aucuns, au sortir de la prestattion de Jean-Baptiste, auraient voulu retardé. Mais il a assumé jusqu'à la dernière passe une décision qui par le déroulement de son scénario, fera date.

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Enrique Ponce (deux oreilles, silence et deux oreilles et la queue) a débuté par plusieurs lances de réception bien léchés, emmenant avec suavité son Cuvillo jusqu'au centre. Alternance de quites puis brindis à Bautista d'une faena débutée par doblones soyeux comme prélude à un trasteo essentiellement droitier, exécuté au son de l'Hymne Valencian. De ce premier combat, donné à un toro noble, mais juste de forces, on retiendra plusieurs séries de redondos qui mirent le cirque en ébullition. Entière. Avec l'Adolfo Martín, le combat se révéla plus âpre. On notera un bond impressionnant sur le premier assaut au cheval, suivi de deux autres rencontres diversement appréciées. Après un bon second tercio, la mayonnaise eut plus de mal à prendre, peut-être justement par un traitement au cheval un peu trop sévère. L'ensemble comprit toutefois quelques gestes méritoires, mais ça ne restera pas un moment fort de cette tarde. Un tiers après pinchazo.

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Le maestro de Chiva prit ensuite "Jaraiz", de Juan Pedro Domecq, piqué en deux fois, la deuxième en arrière, avant de brinder à l'assistance une faena comprenant plusieurs échanges relâchés et verticaux révélant la noblesse d'un bicho qui après un final par poncinas mettant le feu puis une entière, non sans avoir auparavant applaudi l'orchestre, lui valut les "máximos trofeos" dans un élan de générosité diversement apprécié sur les étagères. Et pour faire bonne mesure, le mouchoir bleu tomba aussi du palco.

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Juan Bautista (oreille, deux oreilles puis deux oreilles et la queue symboliques) démarra avec un Garcigrande qui prit deux piques, la première rectifiée et la suivante pour la forme. Brindée au public, la faena comprit plusieurs passages au centre en donnant la distance avant d'user de sa solide technique pour essayer de maintenir l'intérêt en se montrant bien au-dessus d'un toro manquant de classe, faisant arrêter la musique puis se lançant dans plusieurs séries de redondos trouvant un bon écho sur les étagères jusqu'à un final plus rapproché conclu en deux fois par recibir. Jean-Baptiste prit ensuite un La Quinta devant lequel il se montra varié au capote, avant deux puyazos dont on retiendra une superbe arrancada en venant de loin la deuxième fois. Brindis émouvant à femme et enfants après que l'on ait revu avec plaisir Christian Romero casquer deux paires au second tercio. Début décidé qui a fait crier à un aficionado "Tu aurais pu rester encore un peu" !!! La suite par bel effort sur les deux ailes, Jean-Baptiste faisant admirer outre sa technique, une grosse entrega et un poder jusqu'aux bernardinas finales puis l'estocodón a recibir qui libéra deux trophées acclamés avec ferveur, "Secretario" étant pour sa part crédité de la vuelta.

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Puis est arrivé pour Bautista ce qui restera certainement le quart d'heure le plus émouvant de sa carrière et sans tomber dans la dithyrambe effrénée, force est de constater que toutes les planètes se sont alors alignées et que la magie a opéré pour ce qui restera comme la faena de l'adieu qui pour atteindre un niveau aussi relevé avait besoin d'un grand toro. Et "Ingenioso" en était incontestablement un ! Après une vibrante ovation au maestro, on le vit déjà sur le tercio de piques administré par Puchano, où il alla trois fois au chaeval, en étant placé de plus en plus loin, avec bravoure et alegría. Ensuite, le maestro partagea les banderilles puis l'ovation avec José María Tejero, à qui il allait plus tard couper la coleta, et César Fernández.

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Vint alors le moment si chargé d'émotion du brindis au ciel, on devine aisément pour qui, suivi d'un début arrodillado qui précéda un récital exécuté face à un bicho qui en redemandait.

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On sentit alors, au fur et à mesure que son trasteo se déroulait sur les deux bords au son de l'Ave María, qu'il allait se passr quelque chose d'important avec les bonnes embestidas répétées et quand le mouchoir orange fut brandi, comme colofón d'une tarde d'exception, on put alors se dire que Jean-Baptiste avait réussi sa retirada.

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Et comme s'il fallait ajouter encore plus d'émotion à l'émotion, l'interprétation de l'"Hymne à l'Amour" d'Edith Piaf, chanté par son épouse Anne Céline, a fini par faire embuer les yeux... Juan Bautista pouvait alors quitter l'arène sur les épaules en compagnie d'Enrique Ponce, traversant ensuite, toujours a hombros, la ville jusqu'à son hôtel sous les clameurs d'aficionados heureux. Il y avait aujourd'hui de quoi...

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DAX

Samedi, 1ère de Toros y Salsa plus de 3/4 d’arène.

Six toros de Victorino Martín.

Emilio de Justo, unico espada : silence après avis, oreille, ovation après avis, ovation, oreille et deux oreilles.

Sobresalientes Guerrita Chico et Jérémy Banti.

Emilio de Justo fut obligé à saluer à l’issue du paseo.

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Dure corrida de Victorino Martín bien présentée et astifina. Une corrida qui exigeait beaucoup du torero. L’ensemble s’est peu livré au cheval et s’est souvent défendu, sauf le troisième, le plus offensif du lot, noble avec de la transmission. En définitive, le danger, sournois, ce peligro sordo, était présent toute la soirée, mais comme souvent dans ce genre de situation, il n’est pas sûr qu’il ait véritablement touché les tendidos.

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Face à ces difficultés, Emilio qui avait mis la barre très haute fit face comme il put et par moments, il sut surmonter ces obstacles, ce qui lui a permis de sortir par la grande porte avec quatre oreilles dans la poche. Bilan flatteur somme toute quand on mesure la dureté de l’opposition. Emilio a été parfait à la cape où on le vit varié, toréant essentiellement en véroniques, mais aussi par chicuelinas. Par la suite, à la muleta, il subit parfois la pression de l’ennemi comme ce fut le cas au sixième et, disons-le aussi, la mala leche de ces adversaires avisés, se retournant comme des tigres. Un ensemble qui ne se prêtait pas aux succès faciles. Emilio eut le mérite de les consentir et gagna ainsi les faveurs d’un public qui devait le soutenir dans les moments les plus durs.

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L’épée eut une influence contradictoire sur le résultat de la soirée. Elle lui fit défaut à son premier passage et à son troisième alors qu’il avait construit la faena la plus convaincante de la soirée, un travail allant à más et terminé par de belles naturelles de la main droite. Elle le sauva face à son cinquième toro occis d’une entière fulgurante après une faena heurtée et surtout à son dernier passage où il tua d’un encuentro foudroyant un Victorino avec lequel ce fut la guerre. L’honneur du torero extremeño ainsi était sauf, après une tarde amère et compliquée. Ce pari qu’il s’était imposé fut en définitive gagné, mais ce ne fut pas la fête annoncée : il lui avait fallu transpirer et sans doute aussi trembler face à cette opposition.

Respect donc !

(Pierre Vidal - Corridasi - Photos : Roland Costedoat)

VILLASECA

4/5 d'arène. Six novillos décastés de Baltasar Ibán laissant peu d'options à la terna..

Silence puis saluts pour Juan Carlos Carballo et silence aux deux pour Antonio Grande et El Rafi.

CALASPARRA

2/3 environ, novillos de Cuadri donnant un jeu inégal, plus abordables les 1, 2 et 5.

Cristian Pérez a fait une vuelta puis silence, deux silences pour Carlos Aranda et sifflets aux deux pour Aquilino Girón.

Tarde accidentée avec des blessures pour Ivo Álvarez, hemithorax, Alfredo García, contrature cervicale, et Juan Manuel Arjona, fessier et contusion costale.

PERALTA

Trois quarts. Triomphe de Francisco Montero qui a coupé une oreille à chacun de ses adversaires de Pincha.

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Ovation aux deux pour Javier Orozco et applaudissements puis saluts pour El Galo qui a reçu le trophée de la meilleure faena.

 

Paul Hermé

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