Mercredi 17 Juillet 2019
Pepe Moral, Roquefort, Graves, In Memoriam…
Mercredi, 30 Janvier 2019

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Rencontre avec Pepe Moral, un des toreros qui montent…

Samedi dernier, après avoir présenté le rapport de l’UCTPR lors de l’Assemblée Générale de Méjanes, direction Boujan pour présenter Pepe Moral lors d’une soirée organisée par le Club Taurin « Aficion » de Béziers, avec à sa tête Claude San Nicolas et Bernard Mula.

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Le lendemain, ce petit monde s’est retrouvé à la ganadería Turquay où Pepe a tienté quatre vaches  en compagnie de Solalito, mais aussi tué un toro, ce qui nous a permis de constater qu’il était déjà bien affûté dans la perspective d’une temporada qui s’annonce la plus fournie de sa trajectoire.

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En effet, après avoir mangé pas mal de vache enragée, il est parvenu à force d’abnégation à remonter la pente, à passer de l’ombre à la lumière, le meilleur exemple étant bien entendu cette fameuse corrida de clôture de la dernière Feria des Vendanges de Nîmes au cours de laquelle, aux côtés d’Octavio Chacón et Emilio de Justo, il a crevé l’écran… même s’il a terminé la soirée dans une clinique !

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Evidemment, l’occasion était belle d’enregistrer ses propos pour vous les retransmettre dans leur quasi intégralité, d’autant plus qu’on risque fort d’entendre encore parler de Pepe Moral cette année car il devrait franchir davantage les Pyrénées « p’arriba »…

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« Mon père était charpentier et ma mère infirmière, il n’y avait aucun antécédent taurin dans ma famille, mais notre maison était mitoyenne avec celle d’un picador très renommé, « Salitas », qui piquait pour Antonio Ordóñez, Camino, Capea, Caballero… et je voyais arriver ces maestros avec leurs grosses Mercedes qui se garaient devant chez nous…

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Quand j’étais petit, j’étais plutôt turbulent, je faisais pas mal de bêtises, et un jour, je suis entré dans les arènes par curiosité. J’ai alors vu un torero qui s’entrainait au carretón, ce qui m’avait pas mal intrigué. Ensuite, chaque jour, je retournais dans cette arène voir ce torero s’entrainer et c’est de là qu’est vraiment née mon aficion !

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Quand j’ai eu neuf ou dix ans, je jouais plus au toro par amusement que ce que je m’entrainais sérieusement, mais à quatorze ans, j’ai fréquenté l’école taurine de Séville dont les professeurs étaient Tito de San Bernardo et Pepe Luis Vázquez. Je vivais à Los Palacios, et chaque jour, je prenais l’autobus pour me rendre à l’école. Je n’étais jamais sorti de mon village et franchement, l’impression ressentie était bizarre et quand je devais rentrer de nuit, ça me faisait peur !

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J’ai toujours été très proche du Tito de San Bernardo, qui était un banderillero extraordinaire, j’ai beaucoup appris avec lui  et c’est grâce à lui que j’ai pu donner forme à ma tauromachie. C’est ensuite grâce à mon adhésion à cette école, alors que je n’avais pas encore seize ans, que j’ai pu entrer dans le circuit et toréer des becerradas. J’ai été triomphateur des compétitions de becerradas d’Andalousie et grâce à ça, l’année suivante, j’ai pu toréer la novillada qui m’a permis de débuter en sans picadors. J’étais seul, mon père m’aidait, je me faisais passer pour le valet d’épée de Pepe Moral pour leur demander de l’embaucher !!! Ensuite, j’ai gagné le Zapato de Plata d’Arnedo et j’ai été aussi triomphateur à Bayonne et grâce à ça, j’ai pu débuter en piquée à Peralta en 2005.

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Mes meilleurs souvenirs ont alors été le Zapato de Oro d’Arnedo que j’ai remporté, puis le 14 mai 2007 pour San Isidro où j’ai pu ouvrir la Puerta Grande, ainsi qu’une grande tarde à Valencia… Est alors arrivée l’alternative, ce qui n’a pas été simple dans la mesure où je devais la prendre à Valencia puis Madrid sans que ça puisse en définitive se concrétiser. Finalement, je l’ai prise à Séville en 2009, en juin pour le Corpus, et ça a été une journée extraordinaire. A chaque fois que tu fais un pas, c’est comme une renaissance, et pour moi, c’est très important…

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Mais dès le lendemain, les choses se sont compliquées ! La corrida est mal sortie, j’ai quand même fait deux vueltas, mais ça ne m’a rien apporté pendant plus de deux ans. J’ai été répété au 15 août, puis tout s’est arrêté. C’était très difficile d’être torero et n’avoir rien devant, je vivais avec mes parents et je me devais de contribuer aux dépenses de la famille, c’est pourquoi je continuais pour maintenir l’illusion. En même temps, je faisais divers boulots, j’ai aussi aidé mon père, mais c’était dur de voir arriver les ferias sans aucun engagement alors que  mes compañeros entraient dans les cartels. Dur en tant que torero, mais aussi qu’être humain !

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Ensuite, grâce à l’aide d’un apoderado d’un torero important, j’ai pu être engagé à Madrid pour confirmer mon alternative avec une corrida du Conde de la Corte. J’ai fait une vuelta puis j’ai de nouveau connu une période sans contrats. J’étais assez découragé car je pensais alors que je n’arriverais jamais à sortir ce que j’avais au fond de moi…

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J’ai alors bricolé de droite et de gauche, y compris en Amérique, puis en 2014, mon apoderado, Manolo Cortés, m’a dit qu’il ne fallait pas que je compte être engagé à Séville. J’étais abasourdi, je me suis mis à pleurer car je pensais alors que mon rêve s’envolait définitivement. Mais quelques heures plus tard, j’ai appris que le journaliste Carlos Herrera, de la Cadena Cope, avait contribué à me faire entrer dans la corrida du Corpus à Séville avec Antonio Nazaré et Agustín de Espartinas ! C’est à ce moment-là que j’ai revu la lumière…

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C’était pour moi à pile ou face ! Pour cette corrida, il y a eu pas mal de chassés-croisés au niveau des toros, J’ai fait la vuelta à mon premier, et mon apoderado m’a dit que j’avais été énorme, il m’a félicité… puis a ajouté que ça ne suffisait pas car je n’avais pas coupé, le président m’ayant refusé l’oreille. Mon second toro est arrivé à la fin, un sobrero du Conde de la Maza qui était à quatre jours de ses six ans, avec lequel je me suis senti « a gusto » et à qui j’ai donné ma meilleure faena jusque-là… qui m’a valu deux oreilles ! C’était mon destin… J’ai alors toréé cinq corridas, dont Madrid, Pamplona et Albacete… Ensuite, j’en ai toréées sept en 2015, huit en 2016, neuf en 2017, et en 2018… 25 ! On peut donc dire que la dernière temporada a constitué pour moi un authentique tremplin.

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J’ai connu de grands moment au cours de cette temporada, mais il est incontestable que la corrida de Victorino Martín à Nîmes a beaucoup impacté. J’ai pu faire deux faenas différentes, plus suave la première et techniquement plus éprouvante la seconde face à un toro plus exigeant qui me revenait dessus sans arrêt. Mais en vérité, c’est une tarde que je ne pourrai jamais oublier malgré la cornada, pour avoir pu réaliser ce qui me plait et que j’ai pu exposer dans la piste, jusqu’à donner mon sang !   Quand j’ai quitté l’arène pour regagner l’infirmerie sous les cris de « Torero ! Torero ! », je n’en espérais pas autant ! Et après les premiers soins, quand on m’a évacué dans l’ambulance qui m’emmenait à la clinique, de voir les aficionados massés autour de ma civière en criant encore « Torero ! Torero ! », était quelque chose de très émouvant et impressionnant ! Je suis très fier d’avoir donné ce que j’ai pu donner ce jour-là et je me considère comme un privilégié pour ce qu’il y a de plus beau et que tout le monde ne peut pas faire, toréer !

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L’ensemble de la corrida a été important, une corrida sérieuse, avec ses complications, avec un compañerismo qui lui a donné une autre dimension, une de celles dont on se souviendra longtemps…

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Concernant mon toreo, j’essaie d’étaler ce que je ressens à l’intérieur, en exprimant parfois mon courage et mon art, comme ça te vient de l’âme. J’essaie de donner le meilleur de moi-même, sans trop savoir comment ça peut être reçu chez les gens. Et dans le domaine des toros, je pense à un grand torero qui m’a apodéré et qui nous a quittés il y a peu, Manolo Cortés, qui m’a dit que le plus important, ce n’était pas l’encaste, que chaque toro avait sa lidia et que je devais lidier mes toros comme je le ressentais, surtout en montrant les vertus du toro et en cachant ses défauts… En fait, Manolo Cortés me l’avait dit… parce que c’était Antonio Ordóñez qui le lui avait dit auparavant !!!

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Au sujet du nombre de corridas, peu importe si j’en fais 25 ou plus, si j’en fais 30 ou 40, c’est mieux, et si j’en fais 100, encore plus !!! Mais je ne cours pas après le nombre, le plus important pour moi étant de pouvoir exposer mon concept du toreo, celui que je porte en moi…

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Séville ou Madrid ? Pour moi, Madrid, c’est spécial, le premier jour où j’y ai toréé, il s’est vraiment passé quelque chose. Même si c’est une plaza exigeante, elle te permet de te montrer en tant que torero. Quant à Séville, c’est ma ville, j’habite à trente mètres de la Maestranza, et quand je ne torée pas, j’entends crépiter les olés depuis ma maison, donc forcément, c’est une arène qui me fait vibrer…

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Pour ma préparation, je torée énormément de salon, j’aime beaucoup ça et ça me permet de me sentir bien. Et comme je torée des corridas plutôt fortes, je dois aussi être prêt physiquement, c’est pourquoi je me rends dans une salle de sport pour privilégier aussi intensivement des exercices dirigés par un préparateur physique. Sinon, je participe à des tentaderos et je tue aussi des toros en privé…

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La France ? J’ai  toujours eu un attachement pour le public français, en particulier, outre Nîmes depuis septembre, celui de Bayonne où j’ai triomphé et indulté un toro et pour moi, ce qui me parait important, c’est que la France nous permet de nous donner cette opportunité qu’en Espagne nous n’avons pas toujours ! Quand ils font les choses, les Français les font bien, et mes compañeros comme moi sommes toujours contents de venir dans votre pays.

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Pour 2019, je voudrais faire quelque chose que je n’ai encore jamais faite, tuer la camada entière de Miura qui aura cette année neuf lots !!! Sinon, il y aurait plein de choses que j’aimerais faire pour marquer mes dix ans d’alternative, par exemple une encerrona avec des toros de Miura ou de Victorino… Pour l’heure, je sais seulement que je vais tuer une corrida de Miura à Valdemorillo en mano a mano avec Javier Cortés et la corrida de Palha pour la Feria du Riz d’Arles, et que sur les corridas de Miura qui sont déjà signées, je figure sur tous les cartels ! Les empresas m’identifient de plus en plus comme un torero de Miura et de Victorino, je suis donc marqué par ce type de corridas… »

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Pour conclure cette soirée, j’ai formulé deux vœux, d’abord en tenant compte de ce qu’il a vécu pendant des années de disette avant de se sortir de l’ornière, qu’il fasse une saison compacte en termes d’engagements négociés par son apoderado Julián Guerra, et de triomphes. Le second, c’est évidemment qu’il puisse se produire dans la plupart de nos arènes… en nous procurant autant d’émotion qu’à Nîmes l’an passé, la cornada en moins ! Ojala…

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Jeudi 15 août 2019 à 11h : 4 erales de Turquay, à 18h : 6 novillos de La Quinta…

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GRAVES

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IN MEMORIAM

Le lundi 28 janvier est décédé Henry Régis Dumoulin à l'âge de 94 ans à son domicile des Saintes-Maries de la Mer. Photographe taurin et journaliste professionnel, il était le fils d'Henri Dumoulin connu sous le pseudonyme de « Corto y Derecho ». Ce dernier, lui aussi journaliste à Marseille, fut l'organisateur de tous les spectacles taurins qui se sont déroulés dans les arènes marseillaises du Prado lorsqu'elles étaient la propriété de Joseph Sol.

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Depuis son adolescence jusqu'à leur fermeture le 21 octobre 1951, Henry Régis a assisté à toutes les corridas et novilladas qui s'y sont déroulées. Il était la mémoire vivante de l'histoire de la tauromachie à Marseille. Très introduit dans le mundillo, ami du photographe Cano et de nombreux toreros et empresas comme Pedro Romero, Daniel Biset et les Pouly, Henry adorait tienter, ce qu'il faisait avec un certain tallent. C'est principalement le photographe taurin qui restera dans nos mémoires, laissant un grand nombre de photos dont certaines sont très connues du grand public pour avoir été reproduites en cartes postales et dans de nombreux journaux et revues. Avec lui, ce sont près de 70 ans de l'histoire de la corrida en France qui nous quittent.

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Jacques Garcin

(Ndlr : RIP… Les obsèques auront lieu ce vendredi à 11h au crématorium de Beaucaire.)

 

Paul Hermé

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