Mercredi 13 Novembre 2019
Rodilhan

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Un festival fidèle à la tradition, avec mention à Adrien Salenc et Serge Reder, maire de Rodilhan…

Camp retranché de Rodilhan. Environ demi-arène, beau temps.  Présence de nombreuses forces de l’ordre qui ont permis le bon déroulement de cette journée taurine.

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Depuis quelques années, quand on se rend à Rodilhan, on sait à quoi s’attendre et en définitive, à quelques détails près, on retrouve chaque fois la même problématique, le même scénario, ce qui fait que l’on n’est plus tellement surpris ! Et pour tout dire, à part le fond sonore des braillards de service et quelques retours désagréables de lacrymogènes à cause des caprices d’Eole, il y a eu des années où ça a été bien pire…

Je reviendrai plus loin sur Adrien et ses compañeros, mais il faut aussi tout de même rappeler ce que représente Rodilhan sur l’échiquier taurin, à savoir un village devenu symbole, à cause d’événements passés, de l’affirmation d’une présence aficionada que certains viennent contester, avec une détermination abolitionniste avérée. Ça passe par une évidente provocation  qui contraint les organisateurs et les autorités à prévoir en amont les parades, ne serait-ce que pour garantir l’accès et la sécurité des participants. Ce qui donne sur le terrain tous les accès au village fermé avec contrôle par les forces de gendarmerie et passage unique, surveillés (les accès, pas les gendarmes !) depuis le ciel par un hélico…

Voilà pour le décor. A l’intérieur du périmètre protégé, il faut bien dire que l’on n’a pas vu grand-chose, on a surtout entendu, mais apparemment, mis à part quelques escarmouches, ça n’a pas vraiment été Beyrouth. J’ai envie de dire que c’était davantage pour faire le buzz et emmerder le monde que les quelques 200 manifestants sont venus passer leur dimanche à la campagne. On les avait un peu oubliés ceux-là, car effectivement nettement moins présents au cours de la temporada que certaines années antérieures. Ça m’a fait surtout penser à une sorte de baroud d’honneur, voire un exercice répétitif, avec slogans éculés, et grâce, je le répète, à l’action conjuguée des organisateurs et de nos protecteurs, ça n’a finalement contrarié en rien le déroulement du festival, débuté toutefois avec un léger retard. Genre quart d’heure nîmois… à Rodilhan !

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Après avoir évoqué les mérites des forces de sécurité, il ne serait pas juste d’oublier de mettre en exergue ceux de plusieurs personnes, avec bien sûr les aficionados du CTPR « Toros y Caridad », Pierrick Charmasson à leur tête, autant de bénévoles qui se démontent pour que le jour J tout soit à la hauteur de l’événement. Puis, sa modestie dût-elle en souffrir, un homme, comme les meilleurs toreros, aurait ce jour mérité les deux oreilles et la queue, Serge Reder. En effet, le maire de Rodilhan a dû en amont abattre un travail de préparation phénoménal, auprès des autorités comme de sa population, et ce dimanche, on l’a vu partout, aux arènes comme à l’extérieur, sans cesse préoccupé de l’évolution des choses et certainement soucieux que tout se déroule au mieux. Olé tus cojones, Maestro !!!

Avec le soutien de l’exécution de La Marseillaise, il a su prendre le micro au bon moment pour souligner, toujours avec calme, l’esprit de cette journée, soulignant que si Rodilhan mourrait, la tauromachie serait en danger ! Il a bien raison, le maire, et pour qu’elle ne meure pas, il faudrait peut-être aussi que des gens comme lui, qui ont toujours pris leurs responsabilités, se sentent un peu plus soutenus, car sans aucun souci de polémique, mais simple constatation, ce dimanche, visiblement, beaucoup ont eu piscine ou l’anniversaire de la belle-mère ! Inutile d’allonger davantage la liste des mauvais arguments…

On va donc essayer d’extraire avant tout le positif et pour revenir à ce festival, disons que globalement, il a été entretenu, grâce au jeu intéressant, bien qu’inégal, des pensionnaires de Jean-Pierre et Michel Gallon, ce qui a permis à la plupart des toreros de proposer un toreo apprécié du conclave, tout au long d’un festival, faut-il le rappeler, dont les bénéfices seront destinés aux sinistrés de l’Aude….

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Thomas Dufau (oreille) a soigné le geste d’emblée au capote avant de brinder aux frères Gallon une faena débutée par trois cambios au centre.

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La suite essentiellement sur la rive droite par plusieurs séries allurées face à un novillo qui répétait, le Landais prolongeant au maximum un trasteo conclu par demi-lame libérant le premier trophée de la tarde.

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El Adoureño (légers applaudissements) était venu suppléer Javier Cortés, blessé la veille à Chinchón. Il eut en partage un novillo qui poussa sur le premier assaut, Gabin se faisant applaudir après le second. Brindis à Serge Alméras puis faena qui rapidement s’avéra inégale, le Gallon ne sortant pas à l’évidence du même tonneau que le précédent. Yannis afficha toutefois une belle détermination dans un affrontement plus âpre, basé sur des séries de un par un, conclu par entière caídita.

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Tibo Garcia (oreille) prit ensuite un adversaire qu’il fallut cuider, ce qu’il fit notamment après avoir brindé à Pierrick Charmasson. Labeur exécuté avec une évidente volonté de mettre la manière au cours de séquences relevées sur le plan artistique en s’appuyant sur les qualités de son opposant. Entière au second envoi.

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Adrien Salenc (deux oreilles) a confirmé son aisance au terme d’une temporada au cours de laquelle il a gagné visiblement en maitrise et obtenu quelques succès retentissants, à l’image de celui glané lors de la récente Feria du Pilar à Saragosse. Sa joie de toréer s’est confirmée ce jour et deux oreilles sont tombées du palco après plusieurs séries ajustées rematées par entière, Adrien se distinguant par son entrega et son dynamisme.

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Il appartenait alors à Solalito (oreille) de fermer le ban, ce qu’il fit avec un réel souci de proposer un toreo bien léché. Le Nîmois n’est pas tombé sur le meilleur de la troupe, même si en définitive il permit tout de même à Solal au cours d’une faena brindée à Serge Reder de pouvoir s’exprimer, ce qu’il fit en y mettant les formes avant d’en terminer efficacement par entière.

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A noter qu’en outre Solal a partagé les banderilles avec Adrien, ce qui a valu aux deux Nîmois de recevoir une belle ovation…

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Pierrick Charmasson aux côtés de Renaud Ripart, le joueur de Nîmes Olympique qui avait offert son maillot pour la tombola et qui m'a promis de marquer deux buts vendredi prochain contre St-Etienne !!!

Il ne nous restait plus ensuite qu’à récupérer nos véhicules, bien gardés toute la journée par une patrouille dans un parking jouxtant les arènes, avant de quitter Rodilhan sous escorte, ce qui m’a permis de me retrouver chez moi en un temps record ! Dommage finalement que l’on n’ait pas droit à un tel traitement tous les dimanches !!!

 

Paul Hermé

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