Mardi 23 Avril 2019
Chacón

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Rencontre avec Octavio Chacón, un maestro andalou assidu de la France Taurine…

A Saint-Laurent d’Aigouze, à deux pas d’Aigues-Mortes et de la mer, nichée à trois pas d’une arène typique mitoyenne de l’église, se trouve la « bodega de Momo », repaire d’Alain Moya, président des « Amis de Paco Ramos », dynamique club taurin qui en l’occurrence donne actuellement un petit coup de pouce à Octavio Chacón. Et le week-end dernier, la veille de la fiesta campera au Mas du Sire, chez la famille Barcelo, il y avait fête chez Momo, avec la venue non seulement d’Octavio, mais aussi d’Alberto Aguilar, les deux maestros devant se produire le lendemain pour la fiesta campera. Une soirée aussi sympathique qu’animée qui augurait bien d’un week-end de toros particulièrement réussi…

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Et qui mieux que Momo pouvait nous révéler son ressenti… Vous trouverez donc plus bas, accompagnée des photos de Julie Bérard, la narration de cette journée pas comme les autres, ne serait-ce que parce qu’elle s’est terminée par un indulto, à charge… d’Octavio Chacón !

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Avant son retour sur ses terres natales, le temps de faire un coucou aux siens puis de remonter pour participer au festival de Samadet, j’ai rencontré Octavio en milieu de semaine chez Momo. La dernière fois que l’on s’était vu, c’était au printemps dernier pour réaliser une entrevista de début de temporada, chez Granier puis Fano. Et bien entendu, je l’ai revu maintenant afin qu’il nous livre ses impressions à l’heure du bilan de 2017…

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« Au cours de cette temporada, j’ai toréé dix corridas, cinq en Espagne et les cinq autres chez vous, à Saint-Martin-de-Crau, Alès, Vic, Céret et Orthez, cinq plazas au caractère torista affirmé. En tenant compte des difficultés inhérentes à ce genre de courses et du bétail à lidier, je pense pouvoir dire qu’en définitive, j’ai quelques motifs de satisfaction. Tout n’a pas été parfait, certes, mais je pense avoir laissé le plus souvent une bonne impression.

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A Saint-Martin, j’ai d’abord pris un Giraud avec lequel je me suis bien entendu pour réaliser une faena qui aurait pu me valoir un trophée, il y a eu pétition, mais finalement, à cause de l’épée je pense, et j’ai fait la vuelta. Malheureusement, le Jalabert que j’ai pris en second s’est invalidé en piste, ce qui a limité l’impact de mon trasteo.

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Ensuite, il y a eu Alès avec les Valverde, une corrida âpre, mais j’ai toutefois coupé l’oreille de mon premier au terme d’une faena  compacte alors que mon second a éprouvé plus de mal à se livrer.

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Puis je suis allé à Vic pour Pentecôte où j’ai eu la chance de cuajer un bon toro de Dolores Aguirre, un burraco qui a brillé sous le fer et face auquel j’ai pu toréer a gusto lors de la faena, ce qui m’a valu une oreille après une bonne épée. J’ai été bien aussi à mon second, la conclusion me faisant perdre l’oreille du triomphe, mais je suis reparti avec de bonnes sensations par rapport à ce que j’avais réalisé. Cette arène me plait beaucoup, j’aime son sérieux et son ambiance, et bien entendu, j’aimerais bien y être à nouveau engagé…

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Je suis allé un peu plus tard à Céret, une autre plaza que j’aime beaucoup, je leur suis reconnaissant de m’avoir engagé, comme les autres arènes d’ailleurs. Moi, ce que je veux, c’est qu’on me donne deux toros, peu importe la ganadería ! Et compte tenu de la situation actuelle, quand c’est le cas, je me sens comme un privilégié ! Je souhaite évidemment que mes toros embistent et que je puisse montrer mes conditions de torero. A Céret, j’ai pris les Miura, mon premier s’avérant compliqué, il ne m’a pas laissé d’option et mon second a finalement été remplacé par un sobrero de Yonnet, un toro important, très bon, auquel j’ai pu couper l’unique oreille de la tarde, pour encore un bilan positif à la sortie.

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Ma dernière corrida de cette saison chez vous s’est déroulée à Orthez où j’ai retrouvé les Valverde qui globalement ont été supérieurs à ceux d’Alès. Le ganadero a emmené trois ou quatre très bons toros, mon premier, plus petit, a été compliqué, je me suis arrimé et avec mon second, plus volumineux et lui aussi exigeant, j’ai coupé une oreille après avoir exposé beaucoup, comme j’essaie de le faire à chaque fois, même quand ce n’est pas vraiment évident.

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Au final, je suis satisfait… sans être totalement content ! En effet, j’ai vécu de bons moments, mais je reste avec l’impression que le public ne m’a pas encore vu face à un toro qui m’offrirait la possibilité d’exprimer le toreo que je ressens. On dit que ces corridas sont dures, mais selon moi, plus que dures, elles sont exigeantes. De toute façon, il faut poursuivre dans cette voie en faisant front face aux difficultés, de manière à ce que les organisateurs se souviennent de ton nom à l’heure de confectionner les cartels ! La France est une vitrine importante, je m’y sens bien, et j’espère bien entrer encore plus dans certaines ferias.

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En Espagne, c’est très compliqué, j’ai toréé aussi cinq corridas, à Tarazona de la Mancha avec les Conde de la Maza, Riaza pour la corrida de Cebada, Villamartín avec les El Torero, Hellín pour les Garzón et La Guadamilla et Las Ventas pour le « desafío ganadero » Saltillo/Fraile.

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A Madrid, lors de ce défi ganadero, aucun de mes toros n’a embisté. C’est très compliqué car si la corrida m’a servi, c’est surtout à avoir pu montrer mes capacités devant l’adversité, ce qui pourrait me permettre, je l’espère, d’être engagé l’année prochaine !

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(Photo : Plaza 1 - Voir le résumé vidéo de ce défi ganadero en cliquant ICI )

Je vais commencer à préparer la prochaine temporada en m’entrainant avec tous ceux qui peuvent m’apporter quelque chose sur le plan professionnel. C’est toujours Antonio Caba qui m’apodèrera, quant à moi, depuis mes débuts, je m’entraine toujours un peu de la même façon, de salon comme au campo, dans les tentaderos et lors des fiestas camperas, en Espagne comme en France ou au Portugal, physiquement comme mentalement.

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L’Amérique ? J’ai toréé cette année quatre corridas au Pérou.  C’est un pays qui a maintenu mon aficion à un moment où je n’avais rien et même si ce coup-ci il ne m’est pas sorti un bon toro, je sais que j’y retournerai. Normalement, ça devrait se faire sous peu, les discussions sont en cours…  

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Je tiens à remercier vivement l’aficion française qui m’a moralement beaucoup aidé, en premier lieu bien sûr ceux qui m’ont permis de toréer, et j’espère que l’an prochain, je pourrai avoir encore plus d’opportunités. Et en Espagne, c’est un peu pareil, je compte retourner à Madrid et dans les arènes où je me suis produit, tout en agrandissant le cercle de mes engagements… »

Impressions d’Alain Moya sur la soirée et la Fiesta Campera…

On dit souvent qu’on écrit comme on est. C’est effectivement, me semble-t-il, le cas de Momo qui manie la plume à la fois avec  générosité, humilité, passion, enthousiasme, mais aussi avec une touche de romantisme et d’angélisme…

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« Depuis la veille au soir, l'association « Les amis de Paco Ramos » était à l'honneur avec la réception organisée au siège en ayant la chance d'avoir la présence des deux protagonistes toreros du cartel de la journée à la ganadería Barcelo.

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Ce vendredi, Saint Laurent d'Aigouze, mais aussi la « Plaza de Toros de Las Siete  de la tarde », recevaient un cartel de luxe. Beaucoup de monde, plus de quatre-vingts personnes ont répondu présent à cette invitation qui les a comblées par la convivialité de cette sympathique et chaleureuse soirée.

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Ici, au mas du Sire, pas de prétention, on laisse l'orgueil rangé dans un coin et comme on dit chez nous  « pas de tralala ». La famille et les proches s'activent pour recevoir toujours au mieux leurs hôtes.

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Alberto Aguilar, en Maestro aguerri, entame le spectacle. Malchanceux au sorteo, il tombe sur un toro qui ne lui donne pas l'opportunité de s'exprimer. Il nous gratifie d'une bonne prestation en nous démontrant ses capacités de « combattant » qu'il est depuis le début de sa carrière.

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Tristan Espigue, conseillé par Tino Lopes, a démontré par son courage et sa  tauromachie que l'avenir est prometteur.

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Luisito, ami de la maison, venait ce jour démontrer qu'au bout de vingt ans d'alternative, il n'avait rien perdu de sa tauromachie et qu'il avait encore les compétences pour tienter une vache.

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La fiesta campera proposée en deux parties nous a laissé le temps de se restaurer et de savourer cette belle journée d'octobre. Un excellent repas préparé par « La Maestra » des lieux, Jacqueline Barcelo, a été apprécié par tous et comme une cerise sur le gâteau au moment du dessert, les musiciens du Chicuelo II nous ont ravis par des airs qu'ils jouent pour le plus grand plaisir de tous les participants.

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Marie Barcelo, toujours avec maestría...

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Baptiste Cissé, jeune élève de l'école taurine dirigée par Richard Milian, nous a laissé entrevoir de bonnes dispositions pour un futur rempli d'espoir.

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Antoine Saroul « Saroulito » débute dans cette catégorie de novillero, il nous a laissé entrevoir de belles choses....

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Puis est venue la sortie de ce cinquième beau toro pour notre ami Octavio Chacón. Et là, le public venu très nombreux s’est laissé réchauffer par ce beau soleil qui était « à son zénith » sans savoir que ses rayons allaient illuminer les acteurs dans cette placita de tienta.

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Chacón a positionné le toro loin afin que le ganadero puisse évaluer pleinement son animal à la pique. Pas trente capotazos, ni deux... mais un seul a suffi pour le placer ; ce toro nous a laissé entrevoir qu'il était généreux et plein de bravoure.

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Les premières séries sur la droite ont été un peu exigeantes, mais rapidement, en technicien qu'il est, Octavio allait nous offrir de la main gauche tout le « temple » qui honore les belles faenas. Nous avons senti dans ce tercio la chaleur nous envahir... cette chaleur d'automne qui est si bonne... et « poco a poco », les olés ont retenti de droite, d'en face, de gauche, de personnes néophytes comme des aficionados, de professionnels et du ganadero…

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Comme la chaleur  de ce bel après-midi… l'émotion s'est emparée de nous, de lui, ce ganadero qui a laissé aller ses ressentis en laissant envahir ses yeux de larmes qui ruisselaient sur son visage. Son cœur lui aussi s'est enivré de ce moment tant attendu après le travail, les efforts qui font le quotidien de cette famille débordante d'aficion. Alors oui, laissons nous déborder, laissons nous aller, laissons nous nous transporter et  partageons avec lui ce moment qu'il a tant attendu, qu'il a tant espéré et dont il rêvait depuis longtemps.

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Les musiciens de Chicuelo II, sous la baguette du chef d'orchestre Rudy, dit « Pompon », ont entonné « Caridad del Guadalquivir ». Nous ne sommes pas mélomanes, mais pas non plus réfractaires à des œuvres d'une aussi grande intensité et chargé d'émotion. Cette ponctuation ne laisse personne indifférent et elle est venue embellir ces moments magiques qui ne se racontent pas, mais qui se vivent et se ressentent. Non, nous n'apporterons aucune brindille négative, nous n'allons pas non plus nous positionner en juge, ni égratigner un seul moment cette journée, ni abîmer un seul instant ce beau jour d'automne. Non, ce serait trop injuste de dire non à cet indulto !!! Laissons une fois de plus réchauffer nos cœurs par ce bonheur car il était bien là ce 21 octobre 2017, le bonheur de l'aficion, de la compassion et de la passion.L'harmonie et l'union d'Octavio avec ce toro élevé par la famille Barcelo ont inondé vos yeux, vos visages, mais avant tout vos cœurs, alors savourons ensemble cette balade des gens aficionados heureux et laissons entrer le soleil en ce grand jour au mas du Sire...

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Enhorabuena à  Octavio Chacón, à la Ganadería Barcelo et à bientôt sous un soleil nouveau !!! »

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Qu’ajouter de plus, sinon de souhaiter à ce torero de poursuivre son aventure française de la meilleure des façons, avec le souhait à peine dissimulé de se produire encore plus dans les arènes importantes, tout en intensifiant sa prochaine temporada dans son propre pays. Au regard des corridas qu’il torée, dans un créneau qui n’est pas le plus facile,  il le mérite bien, non ?

 

Paul Hermé

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