Lundi 18 Novembre 2019
Arles, Dax...

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Triomphes de Morenito de Aranda et Mehdi Savalli. Le prix à « Cronista » toro de Joselito...

Demi-arène environ, temps  chaud. Corrida concours avec par ordre de sortie des toros du Puerto de San Lorenzo, Escolar Gil, Alcurrucén, El Tajo, Flor de Jara et Robert Margé. « Cronista », du Tajo (Joselito), a eu les honneurs de la vuelta posthume et a remporté le trophée au meilleur toro.

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Morenito de Aranda (vuelta et deux oreilles) a ouvert le concours avec le toro du Puerto qui prit trois piques d’inégale intensité. Faena brindée à l’assistance, Morenito se montrant appliqué sur plusieurs séries valeureuses, donnant la distance et faisant l’effort de faire briller un toro qui manquait de fonds. Demie au second coup, pétition qui est montée, sans écho sur le palco. Avec le quatrième, les débats allaient prendre une tout autre tournure. « Cronista », excellent pupille jabonero de Joselito, version « El Tajo », allait protagoniser un grand tercio de varas en quatre actes, le dernier avec la pique de tienta et sous la musique. Partant de loin par arrancadas ovationnées, il fut bien contenu par Francisco José Quinta qui remporta le trophée. Le grand moment de cette course...

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A la muleta, Morenito proposa des échanges de belle facture sur les deux rives, ponctuant son trasteo d’un estocodón qui libéra deux trophées et un mouchoir bleu.

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Il reçut plus tard le trophée à la meilleure faena...

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Mehdi Savalli (saluts et deux oreilles) a reçu une première ovation à l’issue du paseo où il lui fut remis en piste un trophée pour marquer ses dix ans d’alternative (comme le temps passe vite !), ses deux compañeros recevant aussi un souvenir. Bien au capote sur la réception de son superbe Escolar, il se fit ovationner avec les palos après trois rencontres, puis brinda à Michel Beulet, à l’origine de l’ETA et membre actif de sa peña, une faena entreprenante des deux côtés, le bicho étalant une belle dose de noblesse au cours d’un trasteo qui aurait pu trouver une meilleure récompense sans une conclusion en trois envois. Mais Mehdi allait recevoir le prix de ses efforts avec le quinto qui prit trois piques en s’avérant à chaque fois long à se décider à foncer, ce qu’il fit ensuite de bon cœur. Nouvelle ovation avec les palos puis brindis à Djibrill Cissé d’un trasteo au cours duquel il se montra très décidé face à une opposition pas toujours évidente, tuant de surcroît d’une estoconazo sin puntilla qui à lui seul valait une récompense, la deuxième oreille étant protestée par un secteur du public.

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Fortes (saluts et silence), porteur du seyant costume de la picassiana 2015,  débuta avec un Alcurrucén qui manqua de classe et de bravoure. La faena s’avéra délicate, le Malagueño restant sous la menace d’un toro qui s’avisa, limitant sa charge, malgré les sollicitations d’un diestro qui s’employa en vain. Demi-lame au second envoi puis deux coups de verdugo. Avec l’ultime, de Robert Margé, sérieusement piqué à trois reprises, Fortes  se mit en évidence sur plusieurs naturelles bien distillées, avant un final encimista puis une conclusion hélas médiocre.

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En matinée, forte chaleur pour la novillada réunissant environ un quart d’arène. Trois novillos de Blohorn puis trois autres des frères Jalabert formant un ensemble sérieux qui requérait de la part des trois novilleros d’être déjà munis d’un certain bagage, pour ne pas dire d’un bagage certain...

Avant que ne sorte le premier novillo, une minute d’applaudissements a été observée pour rendre hommage à tous ceux qui nous ont quittés au cours de cette année...

Manolo Vanegas (saluts et oreille) se distingua au capote, affichant d’emblée sa détermination avant deux assauts au cheval. Brindis à l’auditoire d’une faena qui comprit quelques bons moments, le Vénézuélien s’appliquant à adapter son labeur aux conditions de son opposant, noble mais aux forces limitées. Echec avec la ferraille le privant de trophée. Avec le quatrième, il brinda sa faena, après deux rencontres, à Jacques Mena, puis s’engagea dans un long trasteo comprenant plusieurs passages méritoires qui lui valurent un trophée après final par manoletinas puis entière.

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Leo Valadez (oreille et saluts) vit son premier client provoquer un batacazo sur la première rencontre, avant une seconde en version simulacre. Pas de banderilles ce jour de la part du Mexicain qui relevait de blessure. Brindis à l’assistance d’une faena essentiellement exécutée sur le flanc droit, sans se départir de quelques poses théâtrales. Entière. Avec le quinto, le Mexicain brilla avec le capote, notamment sur un quite par lopecinas. Brindis à l’assemblée, début arrodillado et faena agréable, malheureusement gâchée par le mauvais maniement des aciers.

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Andy Younes (saluts puis oreille) se montra décidé dès les premiers capotazos et après deux piques, il brinda au public un premier trasteo qui après plusieurs mouvements autoritaires allait être gâché avec la ferraille. Andy allait trouver meilleure récompense avec l’ultime, bien accueilli au capote avant deux assauts, le lancier finissant à pieds sur le second. Brindis à l’assistance puis trois cambios pour lancer une faena méritoire bien qu’un peu inégale, l’Arlésien faisant toutefois preuve d’entrega et réalisant plusieurs séries applaudies avant de plonger une entière au second envoi. A l’issue de la course, il reçut le prix « Arlatenco » au meilleur novillero.

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Matin : Triomphe d'Adrien Salenc...  

Six novillos de la Quinta bien présentés, nobles et donnant du jeu pour :

Juan de Castilla : salut au tiers, un avis et silence.

Luis David Adame : silence et silence.

Adrien Salenc : une oreille et une oreille.

Sortie à hombros d’Adrien Salenc par la porte des cuadrillas

Douze petites piques. Cavalerie Bonijol. Demi-arène. Soleil et chaleur.

Comme d’habitude, les La Quinta sont sortis très nobles, parfois limites sosos. Justes de forces, ils ont été économisés au cheval.

Pour supporter ce qui peut devenir une overdose de noblesse, il faut des toreros avec de la personnalité et de l’entrega.

Ce n’est ni le cas de Juan de Castilla, ni de Luis David Adame. L’un et l’autre sont pegapases et s’ils ont pu profiter des possibilités de leurs utreros, ils ne les ont jamais exploitées complètement. Si c’est pardonnable pour le Colombien, c’est plus inquiétant pour le second des Adame qui prend son alternative la semaine prochaine à Nîmes.

Seul le Français Adrien Salenc a su tirer son épingle du jeu. Face au troisième, le meilleur novillo du lot, il a construit une très belle faena, posée, alliant lidia et passages plus artistiques. Il tue vite et coupe une première oreille. Le sixième est fuera de tipo et a du genio. Il est le plus compliqué du lot. Adrien, sans arriver à le dominer, fait face avec application et courage. Il tue à nouveau bien et coupe une nouvelle oreille et peut sortir à hombros par la porte des cuadrillas.

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Après-midi : corrida de clôture tristounette...  

Six toros de Montalvo (le premier invalide remplacé par un exemplaire du même fer) faibles et sans race pour :

El Juli : silence aux deux.

Manzanares : une oreille, un avis et une oreille.

David Galván : un avis et silence, un avis et une oreille.

Douze piques et picotazos. Cavalerie Bonijol. Poids moyen des toros : 520 kg.

Président : Jean Charles Bouet. Presque lleno. On se croirait toujours en été...

Du souvenir de cette corrida, il ne restera que les deux somptueux recibirs de Manzanares. Le lot de Montalvo, bien présentés avec certaines armures commodes, a manqué de force et de race. On s’est pas mal ennuyé en piste et sur les gradins.

El Juli n’a rien pu tirer de son premier invalide qui remplaçait déjà un toro invalide. Le quatrième ne permettait pas grand-chose, si ce n’est quelques séries isolées sans lien, ni construction. Il y a une justice en matière taurine, le julipié ne fonctionne plus. Le madrilène a pinché à plusieurs reprises.

Manzanares a somptueusement tué chaque toro d’un grand recibir. Le second est un manso amateur des planches. Avec métier, le torero d’Alicante lui sert quelques séries très élégantes dans ce terrain. Le cinquième est soso et manque de chispa. Le fils de qui vous savez l’embarque dans des séries plus artistiques que porteuses de transmission.

David Galván ne peut pas tirer grand-chose de son faible premier. Il tirera quelques séries du noble mais faible sixième. Il coupe une oreille pour récompenser sa bonne volonté.

(RT- Corridasi – Photo : Nicolas Couffignal)

Résumé des principales courses du week-end en Espagne dans la prochaine parution

 

Paul Hermé

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