Jeudi 25 Avril 2019
Nîmes, Vic, Sabots…
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Triomphes de Pablo Hermoso de Mendoza et Léa Vicens en matinée, bonne prestation de Perera pour la clôture…
 Matin. Arènes pleines, soleil. Six toros de Fermín Bohórquez inégaux de forces et de jeu.
 
Pablo Hermoso de Mendoza (silence et deux oreilles) a emballé le cirque au quatrième. Posant d’emblée une farpa en bonne place, le centaure d’Estella poursuivit par plusieurs banderilles ajustées, avec poursuites templées et sens du spectacle par pirouettes et quiebros, avant roses et courtes. Mendoza se grandit sur une paire à deux mains, rematant avec la suerte du téléphone, et conclut par un rejón au second envoi qui libéra deux trophées dans la liesse générale. Auparavant, il avait dominé un premier adversaire juste de forces au cours d’un trasteo technique où il avait notamment fait admirer son sens du placement et des replacements...
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Manuel Manzanares (silence et oreille) eut affaire à un premier distraído qu’il s’employa à intéresser, se faisant applaudir sur plusieurs poursuites serrées et templées sans que son adversaire ne lui permette de totalement s’imposer. Avec le quinto, l’Alicantino allait proposer un trasteo plus relevé, remarquablement conclu avec le rejón de muerte.
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Léa Vicens (silence et deux oreilles) emballa le public lors d’une deuxième prestation étincelante débutée avec Guitarra pour une farpa en place, poursuivant aux banderilles avec Bético puis Bazuka, la Nîmoise étalant à la fois charme et habileté artistique pour des passages réussis et ovationnés  avant la pose de roses avec Jazmín pour finalement conclure par rejón trasero avec Espontáneo. Une brillante prestation qui lui permit d’accompagner Mendoza dans sa sortie a hombros par la porte des cuadrillas. Lors de son premier combat, Léa se distingua avec Gacela pour une farpa, puis sur Bético pour des quiebros aux banderilles, avant la pose de roses avec Desafío et hélas, une conclusion trop approximative avec Espontáneo qui lui fit perdre les trophées. Mais somme toute, ce fut une matinée positive de Léa dans sa ville où elle s’est attirée visiblement la sympathie du conclave pour son charisme et son aisance à la fois technique et artistique…
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Après-midi. Environ trois quarts d’arène, beau temps. Quatre toros de Daniel Ruiz et deux de Torrealta (4 et 6) inégaux de forces et de comportement, meilleur le 5. 
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Sébastien Castella (silence et oreille) tomba sur un premier faiblard avec lequel il se distingua au capote avant deux rencontres. Sa faena a dû être écourtée à cause d’un toro protesté pour sa faiblesse caractérisée, le Biterrois ne pouvant pas le toréer comme il l’aurait certainement souhaité, à savoir produire tout autre chose qu’un travail d’infirmier. Avec le quatrième, de Torrealta, piqué en deux fois sans style, Sébastien s’illustra sur un quite par chicuelinas puis s’arrima pour tirer plusieurs séries méritoires dans un pouce de terrain. Entière tendida.
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Miguel Ángel Perera (saluts et deux oreilles) prit d’abord un manso avec lequel il brinda à l’auditoire une faena volontaire, plus technique que réellement artistique, son opposant ne l’aidant guère. Bonnes dispositions de l’Extremeño qui finit par séance encimista. Entière. Avec le quinto, le meilleur de l’envoi qui fit deux vueltas de campana, Perera composa un trasteo alluré sur les deux rives qui alla crescendo, le tout parachevé par un final rapproché qui fit grimper la température sur les étagères,  l’ensemble libérant deux pavillons après entière un poil caída.
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Andrés Roca Rey (saluts et palmitas) venait dans l’arène qui l’avait doctoré tout auréolé de son récent triomphe venteño. Las, il dut déchanter aujourd’hui faute d’avoir trouvé face à lui l’opposition qui aurait pu lui permettre de transformer l’essai. Après deux piques, son premier fut reçu par trois cambios à l’issue desquels le Péruvien se fit une belle frayeur en perdant l’équilibre et se retrouvant au sol à la merci des cornes, heureusement sans suite fâcheuse. Par la suite, Andrés ne put étaler que son envie face à un bicho aux dispositions limitées. Metisaca. Avec l’ultime, de Torrealta, qui prit deux picotons, Roca Rey ne put réussir le desquite. Face à cet adversaire aux forces limitées, il étala une grosse détermination sans que sa faena ne décollle vraiment. Final rapproché, le Péruvien se faisant toucher à la jambe gauche pour un piètre résultat, d’autant plus que sur les étagères, on sentait comme un air de lassitude, voire de réprobation pour une course où la déception avait pris le pas sur l’attente, les conditions du bétail n’étant pas pour rien dans cette drôle d’ambiance.  Entière.
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VIC 
 
Quatrième et dernière corrida de la Féria 2016 :
 
six toros de Victorino Martín très inégaux de présentation, exigeants et très compliqués pour :
 
Manuel Escribano : division d’opinions, silence, palmas pour celui tué en remplacement de Paco Ureña.
 
Paco Ureña : ovation à son départ à l’infirmerie après avoir tué le second toro.
 
Manuel Jesús Pérez Mota : silence, deux avis et sifflets.
 
17 rencontres avec la cavalerie Bonijol
 
Entrée 8/10èmes.
 
Le fantôme des corrales a encore frappé. Le quatrième toro, comme cinq autres lors de cette Féria, a perdu un sabot en début de faena. C’est la valeur d’une corrida complète qui n’a pas pu être lidiée dans des conditions normales. Après échange avec un ami ganadero et un autre ami vétérinaire, le nouvel aménagement des corrales vicois, combiné avec des facteurs météorologiques est à l’origine de cette épizootie. En attendant un plan d’action de la part du CTV, il y aurait peut-être un geste à faire pour ceux qui pour le prix de quatre n’ont eu que trois corridas et surtout préserver les Dolores Aguirre de septembre en les mettant dans les corrales élusates, par exemple.
 
Outre cet incident, le public est sorti déçu de cette Victorinade, très loin de ressembler à celle de la Féria de Séville.
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Pourtant, le cartel était quasi identique, mais à Séville, les toros étaient braves et surtout nobles. Le lot vicois était composé de cinqueños mansos avec plus ou moins de caste. Face à ce bétail, il faut des belluaires prêts à casser du toro pour pouvoir les dominer.
 
Les toreros du cartel de ce lundi de Pentecôte ont fait des efforts (en particulier Escribano au dernier) mais ils n’ont ni les capacités, ni les recours pour s’imposer face à un tel bétail.
 
Les toros ont été piqués presque tous trois fois et pas toujours très bien, mais ils ne se sont jamais employés sous le fer et ont fait croire qu’ils étaient aplomados en arrivant au deuxième tiers. Ils se sont repris au dernier pour mener la vie dure à leurs opposants.
 
Escribano a touché tout d’abord un toro très vite compliqué à la muleta, accrochant des deux côtés. Le souriant sévillan n’a pas la boîte à outils pour intervenir sur ce type de bétail. Il dépose très vite la muleta et tue mal. Son second va perdre un sabot au cours du tercio de banderilles écourté par le torero. La faena manque totalement d’intérêt face à un animal diminué. 
 
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En remplacement de Paco Ureña blessé, Escribano reçoit le dernier et se fait manger le terrain à la cape. Avec beaucoup de courage et d’abnégation, il essaie de construire une improbable faena face à un toro compliqué et exigeant. Mais n’est pas Ruiz Miguel ou Robleño qui veut. Souvent mis en danger, il ne récoltera que quelques applaudissements tout à fait mérités en rentrant au burladero après avoir échoué avec les aciers.
 
Paco Ureña, très attendu après ses prestations de Madrid et Séville, reçoit avec talent son premier Victorino, le double bien en début de faena puis se fait prendre lors d’une série à droite. Gêné par une pointe à la cuisse, il mettra du temps à trouver la bonne solution au problème posé par un toro qu’il ne fallait pas laisser réfléchir entre chaque passe. Une belle épée, quelques descabellos, il rejoint ensuite l’infirmerie pour ne plus sortir avant d’être évacué vers un hôpital madrilène. 
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L’histoire d’amitié entre Pérez Mota et le public vicois a connu ce jour un accroc. Le garçon est vaillant, courageux, mais ce n’est pas un belluaire. Il a été débordé par ses deux adversaires sans arriver à résoudre les problèmes posés. Il tue très mal le premier et manque d’entendre les trois avis au dernier. Sifflé à son retour au burladero, il le sera aussi en quittant les arènes.
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Maintenant commence le temps des analyses, des supputations et des polémiques dont raffolent les Gascons et qui ne manqueront pas d’alimenter les veillées d’ici Pentecôte 2017.
 
Blessure de Paco Ureña. Il s'agit d'un coup de corne interne sérieux, mais sur lequel on n’a pas de détails et pour lequel le matador a préféré être soigné à Madrid. Le torero est resté jusqu'à la fin de la lidia ce n'est que par la suite qu'il s'est rendu à l'infirmerie où une première exploration de la blessure a été faite.
 
(Thierry Reboul – Corridasi – Photos : Mathieu Saubion)
 
SABOTS
 
A Nîmes, on invoque la piste, le vent, ou je ne sais quoi d’autre, à Vic, on parle de réfection des corrales, de possible bactérie, de fièvre aphteuse et de fourbure, toujours est-il que dans nos deux arènes si opposées et qu’avec des types d’élevages qui ne le sont pas moins, les mêmes causes ont produit semble-t-il les mêmes effets. 
 
Justement, on aimerait bien les trouver, ces causes, car si ça continue ainsi, on a franchement pas mal de souci à se faire. Espérons donc que les vétérinaires se soient saisis du problème car visiblement, ce mal devient endémique et il faudra bien y remédier. Mais pour aussi idiot que cela peut paraitre de l’écrire, pour trouver le bon remède, il faudra bien d’abord trouver d’où vient ce mal qui a fait perdre tant de sabots. 
 
De manière scientifique, et non pas à partir uniquement d’intuitions. Une piste semble tout de même à privilégier. La composition des piensos. Avec une idée, comme ça… A Alès et St-Martin, les toros ne sont pas tombés…
 
 

Paul Hermé

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