Vendredi 13 Décembre 2019
Chroniques du Mardi
Mercredi, 17 Juin 2015

Élections, Ilusión, Bolsín, 40.200, Guatemala, Fantômas…

 ÉLECTIONS

Les élections municipales en Espagne ont apporté leur lot de bouleversements comme jamais égalés. En effet, sans vouloir trop entrer dans le détail, il est clair que l’attitude du PSOE - certains parlant de trahison - qui a passé de nombreux accords avec IU et surtout Podemos et toutes les mouvances issues des Indignés, a singulièrement changé la donne. Ces accords de circonstance, le plus souvent pour s’accrocher à un fauteuil, ajoutés à un vote de protestation envers les représentants du pouvoir en place, le PP, dont l’image a été pas mal ternie par plusieurs affaires de corruption, expliquent en grande partie la montée en puissance d’une mouvance de gauche certes un brin hétéroclite, mais qui a su se rassembler pour rafler la mise partout où il fallait pactiser.

Maintenant, il va falloir que les uns et les autres se mettent au boulot dans leurs communes respectives, et ici, il n’y a pas la place pour émettre un jugement sur ceux qui ont reçu l’aval de leurs concitoyens. S’ils ont été élus, c’est qu’une majorité leur a fait confiance, c’est la règle de la démocratie, et on verra un peu plus tard s’ils parviennent à mettre en phase leurs actes avec leurs paroles… et leurs compromissions.

Concernant les toros, il est clair que si San Sebastián a reprís des couleurs par le changement politique qui s’y est opéré, de nombreuses villes risquent de voir leurs arènes menacées, Huesca, Tudela, Zamora, Valladolid, Saragosse… conséquence du résultat de ces élections, la plupart des représentants des nouveaux partis en place n’étant pas très favorables à la tauromachie. Et dans leur démarche populiste, il est à craindre dans un premier temps des mesures touchant plus la forme que le fond, dont celle concernant la corrida.

Tout ceci demande toutefois une analyse plus fine, cas par cas,  et c’est surtout par le biais d’éventuelles suppressions de subventions allant aux écoles taurines, que la branche risque d’être ébranlée. Je ne parle pas des villes les plus importantes comme Madrid, Séville et Valencia qui ont aussi basculé, mais pour elles, il serait très étonnant que la fermeture de leurs arènes soit ne serait-ce qu’évoquée.

Reste que dans ce domaine, tout cela ne sent pas très bon, même si l’on sait bien que tout politicien est dans le temps sur un siège éjectable et que les choses vont et viennent au gré des élections. A ce sujet, la prochaine échéance sera très importante, celle des élections générales qui se dérouleront en fin d’année car si pour le moment il ne s’agit que d’un vote local, on connaitra alors la tendance mise au pouvoir. Dans les mois qui viennent, il risque d’y avoir du sport ! Et là, ça risque d’être une autre… corrida !!!  

ILUSIÓN

Concernant l’action qu’il a mis en route pour son encerrona de Parla en faveur de la Banque Alimentaire, Manuel Díaz “El Cordobés” a eu la désagréable surprise de se voir menacé physiquement, ainsi que sa famille et sa cuadrilla, s’il donnait suite à son intention d’offrir son cheval “Ilusión” pour une vente aux enchères dont les bénéfices étaient destinés à cet organisme caritatif.

Une menace fomentée par des associations anti-taurines, aussi regrettable que lamentable. Fort heureusement, avec le succès populaire et taurin de son encerrona, des enfants défavorisés de la Comunidad Madrilène verront tout de même leur ordinaire amélioré. Mais franchement…

BOLSÍN

Dire que le montage des épreuves finales du Bolsín de Nîmes Métropole a suscité pour le moins quelques remous est un doux euphémisme…

Petit rappel… Après les éliminatoires qui se sont déroulés sans incident à la ganadería La Paluna, le planning prévoyait les demi-finales à Manduel le samedi 13 juin et la finale le lendemain, dimanche 14, à Marguerittes. Jusque-là, calme plat sur la mer, mais voilà qu’en définitive, le maire de Marguerittes a fait savoir qu’il ne voulait plus d’une novillada avec mise à mort dans sa commune ! Il a donc fallu reconsidérer ce planing et trouver une autre arène pour la finale, le choix se portant finalement sur… Rodilhan !

Amis aficionados, ne prononcez jamais ce mot devant un anti-corrida, sous peine de vous attirer ses foudres ! Rodilhan, là où quelques énergumènes s’étaient enchainés au centre de l’arène lors d’une finale de Graine de Toreros, devenue depuis un symbole de la protestation anti-taurine, ce choix étant considéré par les antis comme une provocation. Et du coup, ils se sont annoncés à 500 pour perturber cette journée, d’où la décision des organisateurs de reporter cette finale par mesure de sécurité.

Un peu le monde à l’envers, non ? Mais faute de garanties suffisantes quant au déploiement des forces de sécurité, l’affaire était délicate. Toutefois, je note que c’est encore ceux qui se rendent à une manifestation taurine légale qui sont les dindons de la farce et que ceux qui la menacent parviennent finalement à leur objectif, semer le doute, et même la peur…

Je note encore que récemment, dans le Sud-Ouest, des manifestations annoncées à grand renfort d’Internet se sont soldées par une présense sur le terrain très limitée, et même parfois inexistante, comme un jeu du chat et de la souris qui semble encore amuser les autorités. Jusqu’à quand ?

En définitive, ce qui a été considéré comme une reculade et même une grande victoire pour les antis - il ne leur en faut pas beaucoup d’ailleurs -, trouve son épilogue dans une nouvelle programmation avec le 6 septembre les demi-finales à Manduel et Bouillargues, puis le 4 octobre la finale à Rodilhan en lever de rideau le matin du festival. Allez, promis, on ne change plus ?

40.200

C’est en euros le bénéfice de la corrida d’ASPRONA à Albacete qui s’est déroulée dimanche dernier. Cette somme ira à cette association dont le but est d’aider les enfants diminués mentalement et physiquement, ainsi que leur famille.

Une nouvelle fois, l’arène était pleine pour ce traditionnel rendez-vous, prouvant s’il était besoin que professionnels et aficionados savent se mobiliser pour les bonnes causes. Sans avoir de leçon à recevoir de quiconque !

GUATEMALA

Un pays d’Amérique Centrale, le Guatemala, vient de redonner un spectacle taurin. Bien sûr, il ne s’agissait pas de la corrida du siècle, mais la chose méritait tout de même d’être signalée, non ?

Le samedi 13 juin, dans la plaza de toros d’El Porvenir garnie aux trois quarts, s’est déroulée une corrida mixte avec le diestro mexicain Isaac Chacón, saluts et vuelta, et le novillero André Lagravère « El Galo », saluts et oreille avec forte pétition de la seconde, bétail de l’empresa Nery Betancour. Une première qui en appelle d’autres ?

FANTÔMAS

On connaissait notamment le Fantôme de l’Opéra, voire Fantômas et bien d'autres, mais voilà qu’arrive à présent celui des ruedos ! En effet, au Mexique, plus précisément à San  Miguel del Arco, dans la province de Jalisco, un novillero s’est particulièrement illustré ce dimanche en se présentant masqué, comme le chanteur du même nom !

« El Fantasma », le Fantôme, tel est son apodo. Dans la semaine qui a précédé la course, il a été au centre d’une vaste campagne publicitaire pour susciter l’intérêt, non pas des aficionados, plutôt réticents envers ce genre d’opération à la limite du ridicule, mais des médias et du grand public qui s’est déplacé en masse pour voir évoluer cet atypique torero, un poil grotesque dans son aspect carnavalesque…

Même si son style laisse quelque peu à désirer, El Fantasma n’est pas pour autant ignorant des choses du toreo. En fait, il s’agit d’un ancien maletilla qui a estimé qu’on ne lui a pas vraiment donné sa chance une fois novillero et qui a monté ce stratagème pour attirer l’attention. Reste à savoir, une fois passée la curiosité, si ça lui permettra d’atteindre son objectif.

Pour vous faire une idée, voir la vidéo en cliquant ICI

 

Paul Hermé

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