Vendredi 13 Décembre 2019
Chroniques du Mardi
Mardi, 09 Juin 2015

Canorea, Uranga, Coiffeur, Illumbe, Oubli, Larmes…

CANOREA

A Séville, la nouvelle est tombée peu de temps après la dernière feria et elle a fait grand bruit autour de l’Arenal… Eduardo Canorea a annoncé qu’il allait se retirer des affaires à la fin de cette temporada, plus précisément pour son soixante-cinquième anniversaire le 11 décembre prochain !

Evidemment, la nouvelle ne va pas faire pleurer tout le monde dans un milieu où les coups bas et les questions de prédominance règnent en maîtres. Depuis deux ans au moins, le vent du boulet plane sur la Maestranza et son empresa, avec en ligne de mire Eduardo Canorea et son beau-frère Ramón Valencia, les flèches étant tirées à tort ou à raison par plusieurs figuras qui depuis se sont abstenues.

Ce départ, trouvé en tant que solution pour désamorcer un conflit qui n’a que trop duré entre Canorea et les propriétaires des arènes, ne signifie pas pour autant que tout va changer du jour au lendemain. A l’heure actuelle, il se murmure qu’il vendrait ses parts à ses deux sœurs, dont l’une, María del Carmen, est l’épouse de Ramón Valencia. De là toutes les suppositions sont permises, mais même éloigné de l’oficina, on comprend aisément qu’avec le maintien de l’entourage de Canorea,  on en est arrivé à une cote plus ou moins bien taillée.

Bien entendu, les prochains épisodes de ce feuilleton ne devraient pas tarder à voir le jour, mais une chose est sûre, cette annonce a commencé à faire bouger les lignes. Après, il ne restera plus qu’à redéfinir la distribution des rôles, en évitant les erreurs de casting afin de mettre définitivement fin à une histoire qui n’a que trop duré. L’aficion sévillane mérite mieux…

URANGA

Après un mois de courses discontinues pour la plus importante feria au monde, la San Isidro madrilène, José Antonio Martínez Uranga, le gérant de Las Ventas, a dressé un bilan plutôt positif, notamment en termes de fréquentation, avec il est vrai une météo très favorable. 650.000 entrées, environ 10.000 de plus que l’an dernier, avec un peu moins d’abonnements, souvent partagés à plusieurs, mais plus de places vendues à l’unité, et une augmentation sensible du nombre de jeunes, voilà des nouvelles plutôt rassurantes.

Quant au bilan taurin, s’il reconnait un bilan médiocre en ce qui concerne la semaine torista, il se montre plutôt satisfait sur l’ensemble du cycle. Soit. Mais en tout état de cause, sans vouloir trop enfoncer le clou, il y a tout de même eu quelques bouillies indigestes qui ont terni le tableau. Après, les statistiques, c’est selon le ressenti de chacun. Perso, si je ne devais retenir qu’un nom qui a marqué cette San Isidro, et sans faire injure à ceux qui ont aussi triomphé, il n’y aurait pas photo : Castella !!!

COIFFEUR

S’il y a un domaine récurrent qui préoccupe l’aficion, c’est bien celui des potentielles fraudes, à commencer par l’afeitado. A ce sujet, Fabrice Torrito, mayoral d’Albaserrada, dénonce certaines pratiques à partir d’un fait récent. A vous de juger… en cliquant ICI

ILLUMBE

L’espoir était fort, il est à présent une réalité : les toros vont retrouver cet été le chemin de la plaza d’Illumbe à San Sebastián !

Les frères Chopera ont tenu parole et après une interruption due à une volonté politique qui vient d’en prendre un sacré coup derrière la casquette, pour ne pas dire une veste pour que l’habillage soit plus complet, ils vont pouvoir continuer à pérenniser ce qu’avait entrepris leur père il y a une vingtaine d’années.

Pour la prochaine « Feria de la Resurrección », les cartels sont les suivants :

Jeudi 13 août : six Torrestrella pour Enrique Ponce, Francisco Rivera «Paquirri» et José María Manzanares.

Vendredi 14 : corrida mixte, toros de Garcigrande pour Pablo Hermoso de Mendoza, El Juli et Miguel Ángel Perera.

Samedi 15 : six Juan Pedro Domecq pour Morante de la Puebla, Sébastien Castella et Alejandro Talavante.

Dimanche 16 : six Victorino Martín pour Antonio Ferrera, Diego Urdiales et Iván Fandiño.

Comme quoi les choses ne sont qu’un éternel recommencement. Il arrive hélas que des politiciens en place aient quelque mal à le comprendre. Quand ça profite à la tauromachie, on ne va pas s’en plaindre, non ?

OUBLI

« Une tarde à bien vite oublier », telles ont été les paroles de Victorino Martín fils au sortir de Las Ventas à l’issue de la corrida où ses toros ont fracassé.

En voilà au moins un qui ne tourne pas autour du pot et qui ne se cherche pas d’excuses, le vent, les toreros, le public, le palco, la piste, et je ne sais quoi d’autre. Non, Victorino, en toute humilité, a reconnu son échec.

« Ceci va nous inciter à ne pas baisser la garde et à continuer à travailler avec encore plus d’entrega et de passion, si c’est possible … »

Les coups sont durs quand on ne les sent pas venir, mais la marque des grands, c’est justement de savoir rapidement relever la tête. Allez, chiche, dès Istres ?

LARMES

Celles qui coulaient dimanche à Las Ventas sur le visage de Rafaelillo étaient très émouvantes. Larmes de déception, de colère, voire de désespoir, pour être passé aussi près d’une Puerta Grande qui finalement ne s’est pas ouverte à cause de l’épée.

Face à « Injuriado », un Miura de 606 kilos, le petit Rafael avait mis le paquet, remuant les tendidos venteños par sa détermination et son engagement. Tout ça pour une vuelta, serais-je tenté de dire. Oui, mais s’il n’a pu ouvrir la grande porte pour la quatrième fois, elle fait tout de même partie de celles dont on se souviendra. Piètre lot de consolation, certes, mais ainsi est fait le toreo et les épées ne tombent pas toujours au bon endroit au moment souhaité.

Après quelques déconvenues en début de temporada, Rafaelillo avait besoin de ce triomphe qui finalement lui a échappé. Demain sera un autre jour et s’il met par la suite autant de conviction que dimanche dernier, nul doute qu’il aura quelques opportunités de sécher ses larmes. Le Sud-Ouest n’attend que ça…

 

Paul Hermé

logo uctpr 17

soler 2017

Affiches / Cartels