Samedi 23 Février 2019
Manuel Escribano

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Rencontre avec Manuel Escribano à Nîmes…

Salle comble à l’Espace Pablo Romero de Nîmes le vendredi  19 décembre pour écouter Manuel Escribano, invité par les membres de l’association « Les Amis de Pablo Romero ». Face aux aficionados, entourant le torero, deux animateurs, Anthony Crouzet et Lilian Puech, ainsi qu’Elisa Martinez qui a traduit les propos de Manuel…

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LES DÉBUTS

« Gerena est un pueblo très taurin, entouré de ganaderías, dont celle d’Albaserrada, et au sein duquel sont originaires plusieurs toreros, les frères Campuzano, Antonio Manuel Punta, Daniel Luque, et moi-même, ainsi que les Quinta, une grande famille de picadors, et pas mal de banderilleros…

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Dans ma famille, j’ai eu un oncle qui a été novillero avec picadors, mais le lien réel est venu de mon père qui était vétérinaire et qui m’emmenait avec lui pour soigner les bêtes. Il est ensuite devenu imprésario, je le suivais au campo et je me suis imprégné de ce milieu, jusqu’à avoir envie de devenir torero.

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J’ai toréé ma première becerra à l’âge de neuf ans, c’est venu comme ça, avec une petite muleta, puis j’ai accompagné mon père dans les tentaderos avec un torero dont mon père s’occupait, et c’est parti de là. J’ai débuté plus tard en traje de campo à Palavas quand j’ai eu quatorze ans, et c’est à cet âge là que l’on permettait alors aux élèves d’entrer dans les écoles taurines. Je suis allé m’inscrire à l’école de Séville, ce qui m’a facilité les choses pour toréer dans plusieurs concours de novilladas, notamment celui de Séville en été où j’ai été triomphateur. Mes professeurs étaient Curro Puya, le Tito de San Bernardo, le fils de Pepe Luis Vázquez et le banderillero Juan de Triana, qui m’accompagnait.  J’y étais à l’époque avec notamment Javier Corpas, Salvador Cortés… Certes, j’ai appris des choses à l’école, mais là où je me suis le plus formé, c’est au contact des matadors que je voyais au campo avec mon père.

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Avec l’école, le côté positif est évidemment la possibilité de toréer des novilladas car sinon c’est très compliqué, et elle est un complément à ta préparation car il faut aussi t’entrainer au quotidien avec des professionnels et non pas tout attendre d’elles… On reproche souvent aux écoles de formater les jeunes dans un même moule, mais celui qui a de la personnalité saura sortir du lot et s’imposera avec son propre style !

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L’école m’a donné des contrats, mais ça ne suffisait pas, j’ai pu en trouver d’autres grâce à l’aide de mon père et de mon banderillero. Nous allions beaucoup autour de Madrid, dans la zone de Guadalajara et Ávila, avec des novillos très forts, avec carrément des tamaños de toros, mais ça m’a beaucoup appris…

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J’ai toréé à peu près vingt novilladas par an, j’ai débuté à seize ans en novillada piquée, je suis allé au Venezuela pour un compromiso, mais mes véritables débuts en piquée, ça a été en 2002 à Samadet !

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J’ai pas mal toréé en France, grâce à Francis Andreu qui était ami avec ma famille, il m’a beaucoup apporté, surtout dans mon étape de novillero. J’ai toréé beaucoup de novilladas, ce qui est plus compliqué pour les novilleros actuels, il y avait un engouement envers moi, ce qui me poussait à aller de l’avant. Il y avait beaucoup de competencia et le chemin n’a pas été vraiment facile…

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Au sujet de ma présentation à Madrid, je n’y a toréé qu’une seule fois, ça a été une tarde difficile, avec beaucoup de vent, au moment où la ganadería Fuente Ymbro commençait à être connue. La novillada était très exigeante et les gens avaient avaient pris parti pour les novillos et- j’en suis parti… avec l’envie d’y revenir c’est une arène très importante pour les toreros…

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J’ai choisi ma cuadrilla depuis le début, c’était des personnes que je connaissais depuis toujours, dont des compañeros qui avaient toréé avec moi en non piquée. Je les avais pris par solidarité car j’ai toujours voulu avoir à mes côtés des gens de confiance. C’était vraiment un choix personnel.

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Mes deux années passées en novillada piquée m’ont permis d’avoir la volonté d’aller plus loin et de me dire que c’était vraiment matador que je voulais faire. Elles m’ont confirmé que ce serait ma vie !

MATADOR

L’alternative a représenté une décision prise en commun avec mon entourage, je ne voulais par être trop présent en novillada piquée et il fallait donc envisager de franchir le dernier échelon.  C’est vrai que pour un Sévillan, aller prendre l’alternative à Aranjuez peut paraître curieux, j’ai essayé de la prendre à Séville, mais pour diverses raisons, ça ne s’est pas conclu, alors que c’était mon plus cher désir. Lorsque l’empresa de Séville a refusé, j’avais l’option d’Aranjuez, pour des raisons aussi de calendrier puisque c’était en début de temporada, ce qui me permettait d’avoir tout le reste de la saison pour avoir des contrats. J’en avais deux ou trois devant moi, pas plus, je commençais une nouvelle étape et je savais que ça allait être compliqué…

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Je garde un bon souvenir de ma corrida d’alternative (NDLR : 19 juin 2004, parrain Canales Rivera et témoin El Fandi, toros de Victoriano del Río, trois oreilles), dans une belle arène. C’est ce que je cherchais, et quand je pense à mes compañeros qui n’ont pas pu la prendre, je mesure tout ce qu’elle a représenté pour moi. Rien n’était gagné, j’étais resté longtemps sans toréer et il m’a fallu continuer à m’entrainer pour être encore plus fort, physiquement comme moralement.

Pour faire ma place, ça a été très compliqué par rapport aux figuras qui tenaient le haut du panier, je suis passé par des moments difficiles, mais je croyais en moi et à mes possibilités et je n’ai jamais lâché prise. Je vivais à 100% pour le toro et je m’entrainais comme si j’allais toréer tous les dimanches. Je vivais avec de petits moyens, économiquement parlant, mais j’ai toujours eu ma famille pour m’aider…."

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Demain, deuxième partie de l’intervention de Manuel Escribano…

 

Paul Hermé

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