Samedi 23 Février 2019
Arles, Dax…

jb13xuSortie a hombros de Juan Bautista au terme de son encerrona soldée par cinq oreilles, un rabo et la vuelta al ruedo du San Mateo…

Arènes quasiment pleines, beau temps, léger vent avec poussière excessive au début. Décoration des arènes par le trio Ricciotti, Lacroix, Vialat avec paillettes dorées sur le sable, barricades blanches et fresque entourant le callejón.

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Six toros de différents encastes avec par ordre de sortie : Puerto de San Lorenzo, Yonnet, San Mateo, Adolfo Martín, La Quinta et Domingo Hernández. Vuelta al ruedo au San Mateo.

Juan Bautista : saluts, silence, deux oreilles, silence, oreille et deux oreilles et la queue.

On le sait, cette corrida « pas comme les autres » est très attendue chaque année, et cette édition n’a pas dérogé à la règle, d’autant plus que l’enfant du pays fêtait ses quinze ans d’alternative par un solo somme toute réussi. Pour la petite histoire, ce sont les Reines d’Arles qui ont ouvert le paseo et la corrida a été musicalement soutenue par les Chœurs de Voce et la soprano Cécilia Arbel, remarquablement accompagnés par l’orchestre Chicuelo II qui ont notamment interprété pendant les faenas Manolete, Granada et le Concerto d’Aranjuez… !

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Ouverture des hostilités avec un Puerto de San Lorenzo qui prit deux piques poussées avant un quite par chicuelinas applaudi. Bon second tercio puis faena brindée à l’assistance comprenant notamment plusieurs séries droitière méritoires, sans pouvoir totalement cuajer un trasteo abouti face à un adversaire qui rechigna à baisser la garde. Quasi entière et deux coups de verdugo.

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Le toro d’Hubert Yonnet, un superbe castaño porteur d’une devise noire, fit mettre pied à terre au lancier sur le premier assaut et mit les reins sur le second. A la muleta, ce fut plus compliqué, l’Arlésien s’efforçant de tirer ce qu’il pouvait de ce client incierto sous forme de muletazos isolés, faisant taire la musique et tuant d’une entière après deux pinchazos.

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Jusque-là, il faut bien avouer que l’on n’avait pas eu grand-chose à se mettre sous la dent, mais à partir du troisième toro, Jean-Baptiste allait passer la surmultipliée pour tenter de donner aux débats une tout autre allure… Le San Mateo tombait à point pour chauffer le public par un tercio de varas qui mit à mal le piquero sur deux chutes. Après un bon quite, Juan décida de poser lui-même les palos, s’attirant une ovation, notamment sur une troisième paire al violín. Bonne entame de faena à genoux, changement de mains, derechazos templés, le ton était donné, soutenu par le Concerto d’Aranjuez, avec redondos dans le tempo avant de jeter l’épée et de poursuivre sur les deux rives. Cartucho de pescao, autres adornos et entière a recibir en se mouillant les doigts avec mort en brave de son adversaire.

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Excellent capoteo de réception avec un Adolfo Martín bien dans le type qui prit trois piques placé loin, la troisième au regatón avec ovation méritée à Puchano. Bon second tercio puis entame genou ployé d’une faena au cours de laquelle Bautista étala une belle maitrise technique face à un opposant qui ne tarda pas à se montrer menaçant. Un désarmé avant trois pinchazos puis autant de descabellos.

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Le La Quinta sortit en mettant les freins avant de se livrer au cheval en deux rencontres. Brindis aux Reines d’Arles et bon début droitier, Juan se débarrassant rapidement de ses zapatillas pour exécuter des redondos sans fin qui remuèrent les tendidos. Naturelles méritoires, quelques enchainements décidés face à un bicho qui ne l’aida guère avant entière atravesada et un descabello.

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Pour clôturer la séance, sortit un Domingo Hernández reçu par deux largas cambiadas de rodillas. Deux puyazos, banderilles exécutées par le maestro, dont un quiebro au violon, pour une ovation, puis brindis à l’auditoire d’une faena débutée genou en terre avant d’excellents enchainements qui déclenchèrent « Granada » dans l’alegría générale. D’autres séries ajustées, profitant des bonnes conditions d’un toro noblissime qui répétait, final épée jetée puis estocodón a recibir mettant un terme de la meilleure façon qui soit à cet anniversaire dignement fêté et partagé par une assemblée visiblement ravie. La musique pouvait encore jouer…

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Quand Juan Bautista fait des émules...

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DAX

Dax, dimanche, 3ème de "Toros y Salsa", plein.

Six toros de Victoriano del Río; les 3ème et 5ème marqués du fer de Cortés; le quatrième ovationné.

El Juli en chocolat et or: silence après avis et deux oreilles,

Sébastien Castella en bleu nuit et or: salut du burladero et une oreille après un avis;

Román en ivoire et or: silence après avis et silence après avis.

Bien présentée et surtout armée pointue, la corrida de Victoriano del Río a été discrète sous le fer, mais on ne l'attendait pas là. Elle n'a pas non plus eu la transmission, la mobilité, la pointe d'agressivité nécessaire aux soirées triomphales. Le lot du Juli a été noble, le quatrième surtout qui a permis au Madrilène de l'exploiter. Le reste a manqué de force, d'allant; exigeant parfois comme le cinquième qui avait son lot de complications ou franchement candide comme le sixième.

Le fait du jour, c'est la faena du Juli au quatrième toro qu'il essora, tirant tout ce qu'il pouvait du noble Victoriano. Il avait avant cela répondu à un quite par saltilleras de Sébastien un tantinet provocateur par des lopesinas (zapopinas en fait) dont il a le secret. Julián n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est piqué. Une fois encore, il a montré son pundonor. Faena larga au centre du rond exécutée des deux mains avec lenteur, multipliant les redondos et les circulaires inversées qui firent à deux reprises se lever un public enthousiaste. "Je suis le boss" a dit en quelque sorte le Madrilène et "on ne me la fait pas". Il tua médiocrement d'une épée trasera et basse mais, cédant à la pression populaire, le président lui accorda les deux oreilles. Il avait été discret à son premier passage, tuant d'une entière basse et de trois descabellos.

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Sébastien eut un lot moins amène. Il voulut répliquer à Julián au cinquième toro, entamant la faena au centre dans une série de passes changées toujours spectaculaires. Le toro plus rétif, la faena de bonne facture dans ses débuts ne décolla pas vraiment. Certes, il y eut de bonnes séries, bien dans le rythme du toro et le Biterrois eut le mérite de citer de loin, mais l'ensemble partit à menos, le toro ne durant pas. Il tua d'une demie en place et malgré une forte pétition, la présidence tarda à lui céder une oreille pourtant très demandée. Il y eut de bons moment lors de son premier passage conclu par une entière un poil tombée.

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Román a souffert de la comparaison. Le jeune Franco-espagnol jouait dans la cour des grands, visiblement il est encore vert pour cela et de plus il n'a pas été aidé par une cuadrilla catastrophique. Appliqué, son toreo reste scolaire et sans imagination. Il avait, avec le sixième, qui allait et venait sans aucune méchanceté, une belle occasion, mais son travail resta banal et anodin. De plus, il tua mal ses deux adversaires.

Le matin, novillada sans picadors, 1/2 arène.

Quatre novillos de La Quinta.

Léo Valadez: deux oreilles et vuelta; Luis David Adame: vuelta et vuelta.

Pierre Vidal (Photos : Nadège Vidal)

Avec Feria TV, voir le résumé de cette corrida en  cliquant ICI et celui de la novillada triomphale pour Clemente en cliquant

 

Paul Hermé

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