Vendredi 01 Mars 2024
Bernard Marsella, Rieumes, Algeciras, Dax, Café Toro, No hay billetes…

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Retour sur la dernière Feria d’Istres avec les impressions du Directeur des Arènes du Palio…

 Au-delà de ses rêves…

Avec un indice de satisfaction élevé et chaque jour des faits marquants, cette édition 2014 de la Feria d’Istres marquera l’histoire du Palio. Son directeur, rencontré pour faire le point, revient sur cette feria pas tout à fait comme les autres…

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« Franchement, je suis dépassé. Les retours sont monstrueux, c’est extraordinaire, que ce soit les aficionados, les professionnels, la presse… C’est ma huitième année en direct et quand on pense par où il a fallu passer pour arriver à ça, on ne pouvait pas l’imaginer, même dans les rêves les plus fous !

Aujourd’hui, Istres est connue dans le monde entier et le prestige qu’ont pris ces arènes et cette feria sont de bon augure pour l’avenir. On continue de partir sur un vrai  projet, avec l’appui du maire, des partenaires, avec aussi une vraie carte de visite. Et je crois que la meilleure publicité que je peux avoir, c’est celle des maestros, des professionnels. Aujourd’hui, tout le monde veut toréer à Istres !

Après, à nous de continuer à associer originalité, créativité, avec toujours ce souci de surprendre, mais c’est vrai que Joselito nous a consacrés au plus haut niveau ! Chaque année, on gravit des échelons, et c’est un peu comme si j’entrais dans une pièce avec des portes qui s’ouvrent, et que quand j’en passe une, une autre s’ouvre, etc… Il est évident que ce qui s’est passé cette année va encore plus m’ouvrir des portes pour la programmation de 2015. C’est encore un peu tôt, il faut attendre ce que va donner la suite de la temporada, il y a des toreros qui montent, d’autres qui n’ont pas encore éclaté mais qui peuvent le faire dans les mois qui arrivent, et il faudra en tenir compte. Disons que pour l’heure, on en est à savourer ce qui nous arrive !

On passe un an à préparer cet événement, ça arrive très vite, on s’est retrouvé quatre jours après la feria de Nîmes, avec aussi la Coupe du Monde de foot, la grève à la SNCF,  ça a fait partie d’un contexte bien spécial cette année, et il a bien fallu s’adapter. Il faut savoir qu’à cause de la grève, environ 150 abonnés n’ont pas pu venir, ça fait quand même du monde, et même des gens ont eu des difficultés pour repartir. Malgré ces impondérables, on a eu trois no hay billetes, avec un dimanche sans précédent, et en prime, beaucoup d’Espagnols. On l’a beaucoup ressenti, surtout le dimanche dans l’interprétation des olés, qui n’étaient pas habituels, mais avec une force extraordinaire qui me rappelaient les arènes de Séville…

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Retour sur les trois corridas…

Le vendredi, Enrique Ponce a été extraordinaire, j’ai eu la chance de toréer de novillero à ses côtés et après vingt-cinq ans d’alternative, je crois qu’il n’a pas fini de surprendre car c’est un crack, un grand maestro. Il a inventé un toro et envoûté le public… Selon moi, il aurait pu couper deux oreilles, mais c’est vrai que j’ai été un peu fautif en voulant déplacer la présidence, ce qui a posé quelques problèmes de visibilité et de communication. Cela dit, hormis les oreilles, même si elles sont importantes, il n’y a pas que ça. Aujourd’hui, à Istres, il y a une âme et on se rend bien compte que les toreros ne viennent pas simplement honorer un contrat, mais qu’ils essaient de tirer la corrida par le haut, et c’est ce qui me touche le plus. C’est une arène ce troisième catégorie, mais on se rend bien compte que le contexte fait que l’on est arrivé à créer une ambiance et quelque chose de très compliqué, que l’on ne peut pas créer du jour au lendemain. Moi, je vois cette arène comme la maison des toreros et celle  du toreo, et elle n’est comparable actuellement à aucune autre ! Concernant Ponce, je reste sur l’abrazo de la fin où il m’a dit qu’on lui avait parlé d’Istres, mais que tant qu’on ne voit pas les choses, il est difficile de se faire sa propre idée. Je l’ai bien sûr félicité, mais lui aussi m’a renvoyé le compliment, pour cette arène, les détails soignés, le parfait état de la piste, le public sensible et respectueux, et il m’a dit qu’il avait envie d’y revenir !

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Ensuite, Juan Bautista, qui est un grand tueur de toros, au sommet de son art, même si je pense qu’il peut encore se bonifier avec le temps… Istres est son arène, on est liés intimement avec lui, et qu’il ait encore ouvert la grande porte est fabuleux !

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Quant à Morante, de ses quatre toros, il n’y en a eu vraiment un qui a embisté. C’est une arène et une ambiance qu’il adore et hormis l’amitié qui nous unit, c’est fabuleux de voir ce torero qui des fois, dans des arènes bien plus importantes, abrège très vite, alors qu’ici, il essaie toujours de tirer le meilleur parti de ses toros, même quand ils ne l’aident pas. J’étais très ému de le voir faire l’effort, de le voir se jeter sur les toros pour les tuer, avec tous les détails de classe égrenés au passage…

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Le samedi, j’ai été  déçu par le comportement des toros de La Quinta parce que c’était une corrida qui était parfaitement dans le type, mais qui a manqué de transmission. Pire que ça, il y a eu des toros avec un véritable danger pour les toreros, mais par leur manque de transmission, le public ne s’en est pas toujours rendu compte !

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Ce n’était pas une tarde facile pour les toreros et on a quand même eu Adame qui a triomphé avec le dernier toro, Escribano qui a connu aussi une bonne après-midi, avec son charisme qui a porté sur l’assistance, et Ureña qui est tombé sur le plus mauvais lot et qui n’a pas pu s’exprimer. D’ailleurs, devant ce lot, je doute fort qu’un autre aurait pu mieux faire…Malgré la déception venant des toros, il s’est quand même passé des choses et je crois que les gens sont sortis satisfaits…

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Puis le dimanche, les gens étaient conditionnés pour un événement unique qui avait déjà fait le buzz dès son annonce en janvier.  Pour Joselito, ça ne pouvait pas mieux se passer. On ne pouvait pas rêver d’un meilleur scénario ! Le contexte était spécial, d’abord avec la météo, ces nuages bas, menaçants, cette pluie fine, tout ça donnant une ambiance et des couleurs différentes. Et peut-être finalement qu’il fallait qu’il fasse ce temps-là pour que cette après-midi devienne magique !

Je dis qu’elle a bien commencé parce que dès que ce torero a posé le bout de ses zapatillas en piste, on a senti un grand ambientazo sur les gradins, comme pour les plus grands événements, comme les six toros de José Tomás à Nîmes, par exemple… C’est quelque chose de différent, un authentique privilège que l’on puisse vivre ça ici… J’ai aussi  beaucoup aimé la sensibilité des gens qui ont fait sortir Joselito pour saluer, lui-même invitant ses compañeros à en faire de même et puis, en effet… ça a mal commencé !

C’est la première fois qu’un toro refuse à Istres de réintégrer le toril et compte tenu des circonstances, c’était règlementairement à la fois diffus et compliqué. Ça a plombé le début de cette corrida, et c’est finalement Martín Arranz qui a solutionné le problème en persuadant Cayetano Ortiz d’aller l’estoquer… Après, il est clair que ce cas ne s’est peut-être jamais produit et la suite a permis d’effacer toute polémique. Car dès que Joselito a manié les trastos, les gens ne pensaient plus à cet incident. Je l’ai vu toréer souvent, mais je ne l’avais jamais vu aussi heureux dans une arène !

 Il a pris le temps de bien faire les choses en montrant une tauromachie très simple à lire, sans fioritures, en respectant les distances et en exécutant les muletazos avec une pureté et une personnalité émouvantes. Quant à l’Hymne à l’Amour, contrairement à ce qui s’est dit, ce n’est pas Joselito qui l’a demandé, c’est moi !!!

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C’est en fait très simple… J’avais lu son livre, j’ai vu qu’il aimait Piaf, je m’endors, je rêve de Joselito qui torée à Istres accompagné par l’Hymne à l’Amour… Le matin, je me suis levé avec ça dans la tête, je sifflais cette chanson en buvant le café… Le mois suivant, je suis parti chez Joselito avec la commission pour voir les toros, j’ai pris le maestro à part, je ne savais pas comment lui dire, j’avais peur qu’il me demande de quoi je me mêlais, mais j’ai fini par lui dire que comme j’ai vu qu’il aimait Piaf et que c’était une corrida spéciale, pourquoi ne pas accompagner une faena avec une de ses chansons? Il est resté très étonné, puis il m’a dit que finalement, c’était une idée qui lui plaisait bien ! Mais il ne s’en est pas souvenu… Moi si !!! J’en ai parlé avec Rudy qui a monté le morceau et au Palio, quand Joselito a reconnu l’air une fois en piste, il a esquissé un sourire et a jeté un regard vers moi. Ensuite, quand il est revenu à la barrière, je me suis avancé vers lui, chose que je n’aime pas trop faire, et là je luis ai dit, « Maestro, pareil que dans un rêve » !!!

Morante, j’avais les larmes aux yeux avec son second toro, la première série a été monstrueuse, les olés étaient aussi vibrants que pour Joselito et plus tard, quand le toro est allé se réfugier vers les planches, il est allé le suivre pour lui arracher une oreille comme un novillero, comme un mort de faim ! Et quand il a coupé l’oreille, il savait qu’il n’allait pas accompagner Joselito a hombros, mais qu’est-ce qu’il était heureux en train de faire la vuelta sous la pluie avant de savourer son cigare !

Cayetano ? On n’est pas dans les toros, il y a eu l’épisode initial qui l’a peut-être un peu déstabilisé, mais prendre l’alternative avec ces deux monuments n’était pas chose facile. A ce propos, je ne peux pas laisser passer que Joselito a été froid avec lui pour la cérémonie, il a toujours été comme ça, il ne donnait jamais d’abrazos. Mais en amont, il faut savoir qu’il avait invité Cayetano pour tienter dans sa finca en sa compagnie, et ça, c’était très sympa. En définitive, je pense que compte tenu du contexte, le Biterrois a été digne, mais c’est maintenant qu’il devra confirmer et se surpasser…

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Le report de la becerrada ? Elle aura lieu le 11 juillet à 17h, puis le 20, une commission taurine extraordinaire se réunira pour décider du cartel définitif de la corrida du 3 août. Pour cette corrida de Margé, outre Patrick Varin et Juan Bautista déjà engagés, le troisième poste sera attribué à une autre matador français et comme je l’ai dit depuis le début, la corrida butoir sera celle de Châteaurenard et ensuite, les membres de cette commission voteront. On sortira une affiche pour la feria de Beaucaire et on communiquera à partir de là sur cette corrida spéciale qui met en exergue la tauromachie française.

L’an prochain ? C’est encore loin, mais forcément, j’ai déjà quelques idées en tête parce que la Feria d’Istres je la vis au jour le jour 24h sur 24 ! En fait, dès qu’une feria se termine, l’autre commence et même si c’est trop tôt aujourd’hui et que ce serait ridicule d’en parler, je peux dire que je continue de rêver. Et tant que cette passion m’animera, c’est extraordinaire, parce que sans elle, on n’en serait pas là ! Il n’y a pas que le budget qui compte, il y a quelque chose en plus qui fait que cette arène devient magique, et je le répète, selon moi, c’est « la casa de los toreros » ! Et pour moi qui ai voulu devenir torero, c’est forcément une grosse satisfaction !

Chaque arène a son identité et je crois pouvoir dire qu’Istres a désormais trouvé et affirmé la sienne. A ce propos, une petite anecdote venant d’une discussion entre aficionados espagnols. Quand l’un a dit à un autre qu’Istres lui faisait penser à Olivenza, il lui a été répliqué que ce serait plutôt à… Ronda !!! »

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Sans entrer dans le jeu des comparaisons, disons tout simplement qu’Istres a su faire parler d’elle et monter encore en catégorie. C’est déjà beaucoup et la seule chose qu’on demande au Palio et à son directeur, c’est bien sûr de continuer à nous surprendre. En bien, évidemment…

RIEUMES

Suite à la blessure au genou de José Garrido, c’est finalement Borja Jiménez qui a été choisi pour le remplacer.

Le novillero d’Espartinas, qui a réalisé un excellent début de saison, fera le paseo en compagnie de Louis Husson et Vicente Soler, novillos de Diego Puerta.

ALGECIRAS

Devant trois quarts d’arène, Manzanares, oreille puis deux oreilles aux toros du Pilar, et David Galván, deux oreilles et saluts, sont sortis a hombros. Silence et applaudissements pour Enrique Ponce.

Avec Feria TV, voir la vidéo du triomphe de Sébastien Castella en cliquant ICI et de la faena d’oreille de Juan José Padilla en cliquant

DAX

Précisions sur les réservations…

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CAFÉ TORO

Avec la bonne date…

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NO HAY BILLETES

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