Samedi 23 Février 2019
Jiménez Fortes et Lilian Ferrani, Margé, Castella, Aparicio, Escribano, Madrid, ETA,Querencia, Loto…

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Au mas du Ménage, tentadero avec Jiménez Fortes et Lilian Ferrani…

 Samedi dernier, en pays saintois, au Mas du Ménage chez Alexandre Clauzel, rendez-vous était pris pour un tentadero de quatre vaches des frères Gallon, deux pour le matador de toros malagueño Saúl Jiménez Fortes, les deux autres étant réservées au novillero arlésien Lilian Ferrani.

jf16mJiménez Fortes avec les éleveurs et Jacques Durand

Sous les yeux de Nemesio Matías, l’apoderado de Fortes, d’Agustín Losada, qui accompagne Ferrani, et de quelques invités, dont Jacques Durand et Serge Alméras, la tienta s’est déroulée par un temps quasiment printanier, avec ne l’oublions pas, Marc Alien sur le cheval.

jf16pAlexandre Clauzel et Nemesio Matías

La présence de Jiménez Fortes en ces lieux s’explique par la forte relation, à la fois amicale et professionnelle, qui unissait Alexandre et Antonio Corbacho, récemment décédé, qui venait assez souvent ici se reposer et de ressourcer, les deux compères formant une équipe soudée autour du torero, avec notamment aussi Nemesio Matías et Juan Pedro Domecq.

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A l’issue du tentadero qui a vu chaque torero pouvant se livrer davantage sur leur seconde vache, je les ai rencontrés pour un échange retranscrit ci-dessous…

SAÚL JIMÉNEZ FORTES

« Mon enfance et ma jeunesse ont été bercées par les toros, ma mère était novillera - Mary Fortes – à une époque difficile où pour les femmes c’était très compliqué de toréer. Quant à mon père, il a été banderillero puis empresa. Ma mère a ensuite été blessée à un genou et a dû se retirer des toros.

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Depuis tout jeune, je me suis orienté vers les toros, je suivais mon père au campo pour embarquer les corridas ou pour les tentaderos. Pour ma communion, j’ai toréé une becerra, mais l’aficion pour aller plus loin m’est venue plus tard, à seize ans, lorsque mes parents m’ont offert un becerro.

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Je me suis alors préparé pour me présenter en public et peu à peu, les choses ont avancé. Je suis allé à l’école taurine pour apprendre les bases et me perfectionner, mais je suivais en même temps mes études et je ne voulais pas encore vraiment aller plus loin. Mais c’est une sensation tellement forte, qui finit par te posséder, et j’ai alors franchi la barrière…

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Ensuite, j’ai continué mes études tout en m’entrainant, puis je me suis rendu compte qu’il était très compliqué d’allier les deux et j’ai alors décidé de me consacrer uniquement aux toros. Je suis alors parti à Salamanca pendant environ quatre ans pour rejoindre Julián Guerra qui m’apodérait, et actuellement, c’est Nemesio Matías qui gère ma carrière. Je suis d’ailleurs le premier matador qu’il apodère.

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Je ne connaissais pas beaucoup la France, mais en fait c’est toute une équipe derrière Antonio, Alexandre, Nemesio, Juan Pedro qui m’a permis d’évoluer et de me retrouver ici, pour découvrir la Camargue, son campo, où maintenant je me sens bien. J’espère d’ailleurs y revenir dans le courant de l’hiver…

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J’ai pris l’alternative à Bilbao, ce qui peut paraître curieux pour un torero de Málaga, mais je n’ai eu aucune proposition de l’empresa de la Malagueta. Toutefois, ce n’était pas très important car Bilbao est une grande arène et j’en conserve un bon souvenir, même si je n’ai pas pu triompher ce jour-là. J’ai toujours eu une très bonne relation avec le public de Bilbao, même si je n’y ai jamais eu trop de chances, recevant dans cette arène plusieurs cornadas.

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En 2012, j’ai été pris à mon premier, lors d’une corrida de Juan Pedro Domecq avec Ponce et Luque, on m’a opéré à l’infirmerie, je suis revenu pour lidier mon second toro, et là encore j’ai été blessé ! Mais malgré la blessure, je retiens surtout les réactions très positives du public à mon égard. Il me manque encore ici un grand triomphe, mais je sais que les gens sont avec moi car ils ont pu constater que je me donnais sans retenue. L’an dernier, j’ai réalisé encore une faena importante, mais comme s’il y avait une fatalité, j’ai encore reçu une cornada. D’ailleurs, je crois que ce que je connais le mieux de cette ville, ce sont les hôpitaux !!!

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De ma jeune carrière, je retiens pas mal de succès importants, notamment à Santander ces deux dernières années, et l’an dernier, j’ai été désigné triomphateur de la feria. Séville aussi, le pour le mano a mano avec Antonio Nazaré, où j’ai eu de bonnes sensations, même si je n’ai pas pu triompher. Valencia aussi en 2012, pour la première corrida de ma saison, mais l’an dernier, je pense avoir réalisé globalement une bonne temporada avec quelques succès retentissants.

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La France ? J’aime beaucoup sa philosophie en matière de tauromachie car je pense qu’elle fait beaucoup pour sa défense et sa promotion. L’organisation est très claire, chaque arène a sa personnalité et sait bien ce que les aficionados veulent, les choses sont plus fixes, alors qu’en Espagne, ça change sans cesse dans beaucoup d’arènes. 

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Mon toreo découle d’une évolution personnelle, je ne veux pas être confiné dans un créneau particulier, artistes, valientes, techniciens, ça te limite et tu ne peux pas progresser. Je veux toréer parce que ça me fait envie, donner le meilleur en m’adaptant aux circonstances. J’admire beaucoup de figuras passées et présentes, je n’ai pas un seul modèle, sinon les principales figuras, mais j’essaie avant tout d’être moi-même.

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J’ai commencé la préparation de la future temporada en privilégiant le physique en octobre-novembre, puis avec les tentaderos en décembre et janvier, et à partir de février, ce sera surtout des toros en privé. Mais on est souvent au campo, il ne faut pas mésestimer aussi le toreo de salon, et en fait, c’est au jour le jour un entrainement indispensable si l’on veut être prêt pour la saison.

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En ce qui concerne ce qu’on appelle des « gestes », j’ai fait mon encerrona à Málaga l’an dernier, mais pour l’heure, il est trop tôt pour avoir programmé quoi que ce soit pour la future temporada. A Pamplona, j’avais proposé à la Casa de la Misericordia de tuer six toros pour la San Fermín, mais ça n’a pas pu se faire. Chaque chose vient en son temps, au gré des circonstances…

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J’ai subi des blessures importantes, à Marbella puis à Bilbao, mais c’est ce qui arrive aux toreros. Il y a aussi des accidents sur la route ! On peut tirer des enseignements de tout, même des blessures, c’est pourquoi il faut positiver, et je préfère faire ressortir les choses plus agréables…

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J’ai toréé beaucoup de corridas  avec les figuras, mais ce qui me manque encore, c’est d’obtenir un grand triomphe, pour bien étayer mon rang avec les meilleurs. Tout arrive petit à petit, j’ai le respect de mes compañeros et de l’aficion, mais ce que je voudrais obtenir, c’est surtout que les aficionados viennent aux arènes pour moi, qu’ils se disent, « tiens, il y a Jiménez Foretes au cartel, je vais aller le voir », même en venant de loin…

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Pour ça, il faut que je sois capable de créer l’attente, c’est très difficile, mais c’est réellement ce qui me motive… »

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LILIAN FERRANI

 « Pour tout dire, étant né à Melun, pas très loin de Paris, ça ne me prédisposait pas vraiment à m’intéresser aux toros ! Je ne savais même pas ce qu’était un toro ou une corrida, mais pour des raisons professionnelles, mon père est venu s’installer à Saint-Rémy-de-Provence lorsque j’avais treize ans, c’est ce qui m’a mis d’entrer en contact avec la tauromachie.

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Un ami de mon père m’a emmené voir une corrida en 2007 à Arles, le seul contre six du Fundi, ça a été le détonateur, tous les jours je m’entrainais avec des serviettes, et l’année suivante, je me suis inscrit à l’école taurine d’Arles.

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La première année », j’ai tué un becerro à Casarrubio del Monte, à côté de Madrid, et là, c’était vraiment parti… Je garde un bon souvenir de l’école, avec laquelle je conserve de bons rapports. La dernière année que je l’ai fréquentée, j’ai participé à trente-cinq novilladas, et j’en suis très reconnaissant.

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Puis je suis passé en piquée, l’aventure continue avec Auguste, je continue bien sûr de m’entrainer, mais en fait, Arles, ça fait un peu loin de chez moi, alors je vais aux arènes de St-Etienne du Grès avec mon ami Tibo Garcia, lui aussi novillero.

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En 2013, je devais débuter à Arles, mais à cause des intempéries, la novillada a été reportée en septembre. J’étais énormément déçu car j’étais parti trois mois à Sanlúcar pour m’entrainer, j’étais revenu très mentalisé, mais malheureusement, les éléments étaient contraires et il fallait bien accepter ce coup du sort.

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J’ai donc débuté le 30 juin à Rieumes avec une novillada forte de Couto de Fornilhos, et franchement, c’était un beau défi à relever. C’était de gros toros, avec de la caste, et pour un début, ce n’était pas évident !  Ensuite, il y a eu Lunel, avec des novillos de Pagès-Mailhan. Malheureusement, j’ai pinché les deux oreilles à mon premier, mais je me suis rattrapé à l’autre, très compliqué, à qui j’ai coupé une oreille.

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Puis il y a eu Riscle, avec des novillos de Pablo Mayoral plutôt charpentés, j’ai coupé l’oreille de mon premier. Les novillos étaient imposants, il fallait bien faire les choses face à eux, mais ça reste un beau défi. De toute façon, je n’avais pas trop le choix, il fallait y aller et en définitive, je suis reparti satisfait.

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Enfin, ma dernière sortie a été pour Arles en septembre, avec un premier novillo de Dos Hermanas qui était un petit peu arrêté, qui te faisait douter, j’aurais pu être mieux, malheureusement, j’ai pinché.  A mon second, c’était assez délicat parce que Francisco José Espada avait coupé deux oreilles, il fallait se hisser à sa hauteur, mais j’étais très  mentalisé et j’ai pu couper une oreille.

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Ce qui m’a le plus surpris en passant en piquée, c’est outre le volume du bétail, son comportement. Il faut vraiment faire bien les choses, on voit que le toro réfléchit plus, mais je m’étais entrainé en conséquence, notamment en tuant des toros en privé, et en fin de compte, ça s’est plutôt bien passé.

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Le problème, c’est qu’il y a de moins en moins de novilladas et qu’il est très difficile d’obtenir de contrats. Il y a quelques négociations en cours, mais rien n’est arrêté pour le moment.

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Mon ambition, c’est évidemment de participer à plus de novilladas, y compris en Espagne, même si je sais que ça va être compliqué. Tant qu’i n’y a rien de sûr, il vaut mieux attendre pour annoncer des cartels.

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De toute façon, c’est très clair, je prendrai tout ce qu’on me proposera. C’est pourquoi je vais retourner à Sanlúcar avec Tibo Garcia pour peaufiner ma préparation. J’ai là-bas un banderillero qui m’aide, Manuel Soto, avec qui je m’entends très bien, il me donne pas mal de conseils, et j’aurai aussi quelques tentaderos et des toros en privé, notamment au Portugal. En principe, je reviendrai ici avant Arles où j’espère évidemment toréer… »

L’AVIS D’AGUSTÍN LOSADA

"Quand j’étais à l’école taurine d’Arles avec lui, je l’ai suivi pendant deux ans et puis quand on passe au stade au-dessus, il faut quelqu’un pour l’accompagner. J’ai donc abandonné l’école taurine et je suis resté avec lui le temps de lui trouver quelqu’un comme apoderado. Je ne suis pas apoderado, je pense que je peux l’accompagner, mais pour l’être vraiment, pour faire avancer un torero, il faut avoir des circuits, un certain pouvoir, quelqu’un qui peut faire ouvrir les portes d’une façon ou d’une autre. C’est plus facile. Ça ne me dérangerait pas de l’accompagner, mais il faut lui trouver un apoderado s’il veut faire une saison importante en piquée. Je n’espère que ça, mais la plupart préfèrent attendre et choisir de jeunes matadors, une fois qu’ils ont déjà un petit nom. Personne ne prend de risques, ils veulent prendre leurs commissions, faire des échanges, c’est très compliqué. Mais dès qu’il y en aura un qui tapera à la porte, s’il est sérieux, Lilian est prêt à partir… Avec plaisir même !

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J’ai vu en Lilian un jeune passionné, sérieux dans tous les sens du terme, avec une bonne faculté d’écoute. Je l’envoie souvent en Espagne pour qu’il voie d’autres personnes, pour qu’il s’enrichisse des autres. Pour 2014, ça dépendra des premières novilladas. S’il est à Arles, et j’espère qu’il va y être, et qu’il y triomphe, des portes s’ouvriront, et si ça se passe mal, ce sera un peu plus compliqué. L’an dernier, il a démarré tard, mais tout ce qu’il a fait, il l’a bien fait. Je lui ai expliqué qu’il n’avait pas le choix et que quel que soit le caractère de la course, il faudra foncer. Et s’il  a affaire à des élevages durs, ça lui servira pour la suite. Il faut qu’il connaisse un peu de tout, sans être enfermé dans un créneau. C’est dans la difficulté qu’on avance et si on doit aller à Madrid, il faudra bien qu’il soit prêt pour avoir déjà affronté du bétail conséquent. Mais j’ai confiance en ses capacités…"

MARGÉ

Le samedi 14 décembre, journée de soutien du torero Juan Bautista auprès des clubs taurins de Béziers qui l’avaient honoré comme triomphateur de la feria 2013.

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C’est donc au domaine des Monteilles, chez Robert et Françoise Margé, que ce sont tenues les réjouissances. Malgré une tramontane tenace et un froid vif, ce sont en fait trois toreros qui ont foulé le sable de la placita de tienta du domaine puisque Juan Bautista était accompagné par Mehdi Savalli et Thomas Cerqueira et l’assistance a pu voir quatre toros lidiés.

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Juan Bautista a démontré encore une fois tout son poder et sa technique et a pu peaufiner son entraînement avant une corrida importante en Amérique du Sud le 24 décembre, tandis que Mehdi Savalli et Thomas Cerqueira ont fait étalage de leur savoir faire pour le bonheur des 150 aficionados biterrois présents.

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Les clubs taurins Paul Ricard de Béziers (El Mundillo, les Areneros et Sol y Sombra), de Boujan et de Florensac ont tenu à être également présents.
(Communiqué - Texte et photos BP)

CASTELLA

Programme américain chargé pour Sébastien Castella qui se produira dans les plus grandes arènes, notamment au Mexique et en Colombie.

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Pour l’heure, sont inscrites à son agenda les plazas de Cartagena de Indias le 4 janvier, Duitama le 5, Manizales les 9 et 10, León le 18, Mérida le 19, Medellín le 25 et Duitama le 26.

En février, Sébastien sera à León le 2, Guadalajara le 8, puis Medellín les 14 et 15. Mais gageons que d’ici-là, d’autres dates viendront s’ajouter…

APARICIO

Julio Aparicio retrouvera  les ruedos en 2014, s’estimant remis physiquement de sérieuses blessures passées.

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Il sera apodéré par l’ex-matador Antonio Mondéjar.

ESCRIBANO

Manuel Escribano vient d’être distingué à Séville où il a reçu le trophée « Coup de Cœur » du Lion’s Club.

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Pour ceux qui ne l’auraient pas vue, la vidéo de FR3 est visible en cliquant ICI

Bientôt ici, le compte-rendu d’une soirée avec Robert Pilès qui nous en a dit plus long sur Manolo Escribano…

MADRID

C’est maintenant officiel, Joselito, El Fundi et El Bote ont été désignés pour gérer l’école taurine de Madrid.

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(Photo : Mundotoro.com)

ETA

L’école taurine d'Arles organise le samedi 21 décembre à 19h à la salle Jean Pons Dedieu (62, rue du 4 septembre, 13200 Arles) une conférence débat avec la participation de son ancien élève aujourd’hui matador de toros Juan Leal.

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En prélude seront projetés un documentaire réalisé par Simon Noizat, ainsi que l’émission de FR3 qui retrace la grande après-midi de Samadet lors de laquelle Juan graciait “Jalado”, de Fuente-Ymbro.

Juan Leal et son apoderado Maurice Berho reviendront sur la temporada 2013 et parleront des perspectives de 2014 en compagnie de Joël Jacobi directeur du programme Signes du toro sur Fr3.

Nous vous attendons nombreux pour partager cet évènement.
(Communiqué)

 QUERENCIA

Avec La Querencia de Saint-Gilles…
 
C’est devant une belle assemblée que s’est déroulée la traditionnelle tienta d’huitres du Cercle Taurin saint-gillois « La Querencia » avec pour invité Julien Breton « El Merenciano », jeune banderillero qui débutera professionnellement en 2014.

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Avant qu’il ne reçoive son trophée, Alain Gaido, maire de Saint-Gilles et ancien président de La Querencia, a été honoré par Philip Kugener et son équipe. Initialement prévu comme invité, Jacques Monnier avait dû déclarer forfait pour de petits ennuis de santé.

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(Texte et photos Thierry Ripoll)

LOTO

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Paul Hermé

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