Mercredi 13 Novembre 2019
El Galo

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Rencontre avec André, fils cadet de Michel Lagravère…

On l’a découvert à Istres lors de la classe pratique matinale du dimanche 16 juin et il a fait l’unanimité, sortant a hombros des arènes du Palio… en donnant envie de le revoir.

André Lagravère « El Galo » va passer l’été dans notre région où avec l’école taurine d’Arles, il participera à plusieurs courses qui lui permettront à la fois de mieux se faire connaître, de s’acclimater et de parfaire sa préparation avec probablement un bétail différent de celui qu’il a l’habitude de combattre de l’autre côté de l’Atlantique.

Car Mexicain de naissance, mais avec la double nationalité, André, frère de Michelito, vit à Mérida et a déjà parcouru les quatre coins du Mexique pour se produire dans des becerradas. A 13 ans, ce n’est déjà pas mal et tout porte à croire qu’il ne va pas s’arrêter en si bon chemin…

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« Je suis né au Mexique, mais par mes origines parentales, je suis aussi Français, j’ai donc les deux nationalités, et ce n’est pas pour rien que j’ai choisi l’apodo de « El Galo », rappelant ainsi que la France est aussi très importante pour moi dans mon cœur. Ce sont deux pays que j’aime beaucoup, dans lesquels je me sens bien, et chez moi, on m’appelle « El Galo mejicano » !

J’ai toréé ma première becerra par jeu à l’âge de trois ans ! Michel avait alors cinq ans, j’ai trouvé ça très bien, mais ensuite, je me suis un peu écarté des toros, j’aimais plutôt le football, j’avais aussi d’autres loisirs, et puis j’ai voulu faire… picador !!!

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A six ans, j’ai piqué six becerros lors d’un festival de « niños toreros » dans les arènes de Mérida, ainsi que dans quelques tentaderos, ça se passait bien, et quand j’ai eu huit ans, je suis passé au toreo, à l’école taurine de Mérida, dirigée par mon père et Antonio Rivera.

J’ai eu la chance d’être invité dans de nombreux festejos et l’année dernière, j’ai participé à une trentaine de courses et cette année, j’en suis déjà à 17 !

Je suis très heureux de venir ici, je me sens comme chez moi, et à part que c’est ma seconde patrie, les gens me reçoivent très chaleureusement, ce qui me permet de m’accoutumer avec deux tauromachies différentes, mais qui sont importantes.

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Chaque pays a son caractère, ça me parait plus tranquille ici. Cela dit, je suis bien chez moi, où je peux m’entrainer dans de bonnes conditions, et en outre, je vais dans un collège où je suis inscrit en section « Sport-Etudes », ce qui me convient très bien. J’y suis de 10h et demie à 13h, ce qui me laisse du temps pour les entrainements et tentaderos si ce n’est pas très loin.

Evidemment, je préfère le toreo, mais les études sont aussi très importantes à mon âge, je veux apprendre beaucoup de choses car sinon, on reste ignorant, c’est pourquoi j’attache beaucoup d’importance à tous les aspects de ma formation. Et bien sûr, j’aime beaucoup le sport, à commencer par le foot et la natation…

Il est évident que pour moi, mon frère Michel est un exemple. Nous sommes très complices, nous nous soutenons, et ce qu’il a fait à son âge est tout simplement extraordinaire… On s’entraine ensemble, il me conseille, on va dans les tentaderos, il est souvent là quand je torée et il m’aide beaucoup. Après, c’est ma propre responsabilité, mais ça me sécurise.

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Parmi mes toreros préférés, il y a une place à part pour Morante et Urdiales, je les respecte tous, évidemment, mais Morante me plait beaucoup, tout comme Diego Urdiales, ils ont des cortes différents, mais aussi des choses communes, les pechos, la ceinture…

Au Mexique, la suerte de banderilles plait beaucoup, c’est pourquoi je me suis orienté vers un toreo complet, conforme à l’école mexicaine qui favorise la variété dans les suertes.

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La novillada piquée ? Bien sûr que j’y pense, et en principe, ça devrait être pour la fin de cette temporada ou le début de l’autre. J’ai franchement envie de passer en piquée, on en parle avec mon père, et on peut dire que ça se profile dans un futur proche… Il y a beaucoup de competencia entre les toreros et ça, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

Je souhaite venir souvent en France et en Espagne, évidemment, dès que je le pourrai par rapport à mon âge, mais là, je ne peux le faire pour le moment qu’en classes pratiques. J’attendrai donc que mon tour vienne… »

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S’il suit le rythme et l’évolution de son aîné, nul doute que l’on entende parler encore plus du Galo à qui, pour le moment, on souhaite bonne chance pour sa campagne estivale sur nos terres. Et les siennes…

Prochaines sorties pour El Gallo…

28 juin : Bellegarde, Bolsín Terre d’Argence.

6 juillet : Eauze.

14 juillet : St-Etienne-du-Grès à 16h30 et Graveson à 21h30.

19 juillet : Colmenar Viejo.

20 juillet : Méjanes.

3 août : Fos sur Mer.

24 août : Mimizan.

5 septembre : Feria d’Arles.

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MICHEL LAGRAVÈRE

Avoir été soi-même matador de toros puis transmettre le virus à ses deux fils, voilà la situation actuelle de Michel Lagravère, qui a donc à présent une double responsabilité et qui, étant présent chez l’ami Fermín González aux côtés aussi du non moins emblématique mozo de espadas Jean Louis Ayme, dit « Termite » (photo), est revenu sur sa trajectoire qui sort franchement de l’ordinaire. A l’image du personnage…

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« L’histoire de Michel et André est partie… en déconnant ! Ils étaient tout petits et quand j’allais tienter, les ganaderos leur sortaient un petit veau pour s’amuser. Ensuite, dans les corridas que je toréais, c’était un petit veau pour Michelito, et son frère…

André ne voulait pas être torero, ce qui lui plaisait, c’’était la vuelta al ruedo et qu’après une « propina ». Il jouait au football, il faisait du karaté, et à six ans, il a piqué les six becerros, très bien d’ailleurs, et c’est parti un peu de là, mais à pied ensuite…

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Quand tu es papa, c’est déjà compliqué, et avec toutes les aventures qui me sont arrivées, tu as ensuite la tête froide… Quand j’ai vu Michelito toréer la première fois, il avait la même facilité que maintenant, et pareil pour André, qui avait une personnalité hors du commun. J’avais une aficion folle, toujours prêt à mettre le costume pour donner quelques muletazos, j’étais fou, et ce sont eux qui m’ont poussé dehors car lorsque j’ai vu les qualités qu’ils avaient, j’ai tenu avant tout à les aider. C’est le rôle d’un père, non ?

Ma carrière était derrière moi depuis longtemps, donc j’ai arrêté de toréer au Mexique comme je le faisais, à raison d’une quarantaine de corridas par an, et je me suis dit que je serais vraiment un mauvais père si je ne les aidais pas…

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Le temps est en train de me donner raison, d’abord avec Michelito qui a déjà fait un bon bout de chemin. Quand on le lui demande, Michelito, qui a la tête très froide, répond qu’il faut oublier son âge, qu’il a toréé 350 becerradas, 106 novilladas piquées et 32 corridas de toros !

Il n’a que quinze ans, mais a été préparé. Il a commencé avant les autres, mais il faut oublier son âge et le considérer comme un professionnel. Il a désormais un apoderado, Manolo Tirado, qui s’occupe aussi d’André, il vit au Mexique, et s’occupe des petits, ce qui me permet de rester un peu en retrait tout en suivant tout ça de près.

Michel aura seize ans le 1er décembre, ce qui signifie qu’il pourra alors toréer en Europe, France, Espagne et Portugal. Des contacts sont déjà pris et depuis qu’il est venu en France, il est tombé amoureux de sa seconde patrie… et de l’aficion française !

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Il en parle souvent, il a envie de revenir, et je pense que l’an prochain, il reprendra l’avion ! Quant à André, il a suivi le mouvement et a eu la chance d’être favorisé dans la mesure où quand il y a eu des problèmes avec les anti-taurins, c’est Michelito qui les a essuyés, quand il y a eu des problèmes d’âge dans les pays d’Amérique, aussi, mon cadet n’ayant pas eu à connaître ce genre de tracasseries. Un vrai chanceux !

Dernière anecdote en date, on arrive à Istres pour chercher les callejóns pour la corrida de Jean-Baptiste pour laquelle on était invités, Bernard Marsella m’a demandé, quand il a vu le petit, pourquoi je ne l’avais pas appelé… Il a rien dit de plus, il a appelé le ganadero, Damien Donzala, et deux minutes après, il est venu nous dire qu’André allait toréer le lendemain !!!

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Il a triomphé et en définitive, il va faire une bonne saison en France, et même en Espagne. Il est dans les mains de Paquito pour trois mois et il va participer à pas mal de classes pratiques, ce qui sera l’occasion pour lui de se familiariser avec le milieu ici et de se faire connaître.

Quant à Michel, il a été victime de son âge, ce qui est stupide, la preuve, s’il était venu maintenant, il aurait été obligé de ne toréer qu’en classes pratiques… alors qu’il est matador de toros ! Un sacré paradoxe, non ?

Remarque, je dois au passage remercier les anti-taurins qui m’ont fait économiser 40 ou 50.000 euros de publicité !!! Quand ils sont venus pour essayer de faire du mal à un petit garçon de dix ans, les anti-corridas ont porté plainte, ils ne savaient pas qu’il était aussi Français et inscrit à l’école taurine d’Arles, ils ont essayé de nous faire des misères, prenant pour prétexte l’âge de Michelito et quand mon fils a toréé à Arles, il y avait beaucoup de medias venus de plusieurs pays !!!

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Bientôt, toutes ces questions d’âge seront rangées au tiroir des souvenirs, et Michelito viendra toréer en France et en Espagne sans aucun problème. Ceci dit, il faut être réaliste, le petit n’a que seize ans et il n’est pas question de l’envoyer au casse-pipe… Ce sera donc une première prise en contact et on étudiera les propositions cas par cas avec l’apoderado qu’il devrait avoir bientôt en Europe car je ne me sens pas capable d’assurer ce rôle. Il y a d’autres exigences et ce sera bien qu’il ait quelqu’un ici pour mener sa carrière.

En définitive, je suis très heureux de la tournure prise par les événements pour mes deux fils, d’autant plus qu’il y n’y a pas l’ombre d’un nuage entre eux, ils s’aiment et se soutiennent, nous sommes très unis. Quand à la maman, je ne voudrais pas être à sa place ! Epouse de torero, maman de toreros, imagine un peu ! Même si elle est dans le milieu taurin, elle est avant tout maman, et à partir de là, ce n’est pas facile pour elle… »

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A l’évidence, ce n’est pas demain que l’on n’entendra plus parler des Lagravère. On pourrait presque pasticher la fameuse phrase du Bossu, d’André Hunebelle : « Si tu ne vas pas à Lagravère, Lagravère viendra à toi !!! »…

L’an prochain, ils seront incontournables. Suerte Michel, suerte André, suerte Galos…

 
 

 

Paul Hermé

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