Vendredi 18 Janvier 2019
Matarrubia
Dimanche, 05 Mai 2013

Le pueblo où les blondes prennent des risques…

Avec un nom pareil, ça doit être le seul village au monde où les blondes ne sont pas légion ! Matarrubia, où si vous préférez, en traduction littérale « Tuer la blonde » ! Je me suis même laissé dire qu’à l’inverse de ce qui se fait communément, ici, ce sont les blondes qui se font teindre en brunes !!!

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Trêve de plaisanterie, si je me suis rendu à Matarrubia, c’était encore en compagnie de la bande du CFT, très cordialement accueillis. En effet, la veille, très satisfaite du comportement de son bétail et des jeunes qui l’avaient toréé, la ganadera Sandra Sopeña nous avait invités à découvrir son élevage, ce qui a constitué la première bonne surprise de cette dernière journée avant le retour. Un élevage que je vous présenterai bien tôt en détails…

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La deuxième, ce fut incontestablement l’entrée en scène d’Agustín, volubile aubergiste de « La Vaquería », à Malaguilla. Et là, on touchait à la fois à « La grande bouffe » de Marco Ferreri et au Pantagruel de Rabelais !!! Imaginez un peu…

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Une table remplie de plateaux de charcuterie et fromage, puis dans un ordre approximatif, toujours pour les entrées, de salades mixtes, d’asperges, de champignons avec œufs de caille, de canapés avec un savant mélange de boudin sur coulis de fraise, de revueltos, puis pour faire bonne mesure quelques chuletas et l’incontournable cochonillo ! Tous ces plats plus savoureux les uns que les autres, et cerise sur le cake, une profusion de choux à la crème absolument délicieux… Avec bien sûr, les liquides qui vont avec et pour faire passer le tout, une hierba « de puta madre » servie bien sûr généreusement, comme il se devait, par Agustín, excellent cuisinier au demeurant, mais ennemi juré de la diététique, fier de ses trois filles aficionadas, lui l’admirateur de Joselito, tout heureux d’avoir rencontré dans son établissement du bout du monde quatre jeunes toreros… à qui il ne restait plus qu’à aller se produire dans la plaza de toros de Matarrubia.

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Et là, autre bonne surprise, une ambiance particulière, celle des pueblos où le jour de la fête, tout le monde se déplace jusqu’aux arènes pour célébrer le culte du toro dans un écrin à nul autre pareil. Construites à flanc de colline, il n’y a pas de gradins, les gens s’installant au long du chemin qui borde le ruedo, ou tout simplement s’asseyant dans l’herbe à flanc de coteau !

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J’aime cette tauromachie-là, populaire, bon enfant, enthousiaste, et je garderai de ce passage un excellent souvenir, justement pour un ensemble de sensations différentes de celles que l’on peut trouver dans une arène importante. Mais tout aussi profondes, venant de  l’essence même de la tauromachie qui pour les jeunes toreros sont un passage obligé.

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Seul bémol à cette tarde, sous la forme d’une classe pratique dirigée par Enrique Guillén, la qualité du bétail qui laissait quelque peu à désirer, mais les élèves de Christian Lesur comme ceux de l’école de Gaudalajara ont tous joué le jeu en donnant le meilleur d’eux-mêmes pour conserver l’intérêt de la course.

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Avec un Thibaut excellent au capote qui empocha un trophée partagé avec un Joaquin en verve aux banderilles qui coupa ensuite deux oreilles au terme d’une faena volontaire, un Thomas qui voulut faire le spectacle, contrarié toutefois par un adversaire qui d’emblée le prit pour cible, et un Bastien toujours désireux de bien faire et de progresser, mais qui lui aussi rencontra quelques difficultés, avec aussi des scories bien compréhensibles vu la déficience de l’opposition, cette course leur aura aussi permis de constater que le toreo n’est pas toujours un alignement de belles passes ou un étalage de leçons bien apprises, mais qu’il passe aussi parfois par une exigence d’adaptation aux circonstances, même quand elles sont contraires, ce que l’on peut résumer par quelque chose que seule l’expérience apporte : le recours.

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Cela dit, il ne restait plus qu’à finir notre digestion… en reprenant la route vers Nîmes, soit un petit millier de kilomètres qui bien entendu, n’ont pas constitué la partie la plus excitante de ce sympathique périple, très instructif pour les participants, mais qu’il fallait bien avaler… même si question d’avaler, on avait déjà donné !!!

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Paul Hermé

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