Samedi 07 Décembre 2019
Ganadería de Miguel Zaballos
Mardi, 23 Avril 2013

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Rencontre dans sa finca de Cabeza de Diego Gómez où il prépare une novillada pour Orthez...

Miguel Hernández Zaballos fait partie de cette race d’hommes qui n’a pas sa langue dans sa poche et avec lequel on n’a pas besoin de tirer les mots. Un authentique passionné…

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Avec cet éleveur qui lidiera cet été une novillada à Orthez, on a fait le tour du propriétaire, m’indiquant au passage les novillos qui prendront bientôt la direction du Béarn…

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« Cette ganadería a été créée par mon grand-père puis mon père a pris le relais avant que vienne mon tour de saisir le témoin. L’encaste actuel est celui de Saltillo puro, par Argimiro Pérez-Tabernero, et l’ancienneté remonte à 1967.

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Cette année, je dois avoir une novillada à Madrid. L’empresa est venue reseñer onze novillos pour leur feria des encastes minoritaires en septembre. J’ai une grande illusion, on s’est mis d’accord et j’espère qu’on aura de la chance pour que tout se passe bien.

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Orthez fait partie des novilladas sur lesquelles je fonde beaucoup d’espoir parce qu’à l’heure actuelle, même s’il m’en coûte de dire ça, la France est le pilier de la Fiesta de los Toros. La Fiesta Nacional n’est pas une Fiesta Nacional, parce qu’il y a des toros au Portugal, en France, au Mexique, en Colombie et d’autres pays d’Amérique !

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Les aficionados français font cela très bien car ils ne sont pas assujettis aux imprésarios, ce sont eux-mêmes, avec leur argent, qui organisent leur feria, ce qui ne se passe pas chez nous (NDLR : vision discutable de la réalité, du moins partielle).

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Cette façon de procéder nous va très bien, parce qu’ici, pour aussi bonne que soit sortie une novillada ou une corrida de toros, l’année suivante, tu restes à la maison ! Comme ce sont chez nous les imprésarios qui régentent tout, c’est un peu comme les banques, elles ne perdent jamais, et pour moi, les principaux anti-taurins, ce sont les empresas !

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Ceux qui doivent innover, ce sont les toreros. Car il n’y a pas beaucoup de monde aux arènes, faute de diversité. Je ne veux pas dire par là qu’il ne faut que des cartels toristas, mais il faut ouvrir davantage l’éventail parce que chez les aficionados, les goûts sont différents et il en faut pour tout le monde. La France offre davantage ce genre de possibilités et je connais beaucoup de peñas du Nord de l’Espagne qui se déplacent dans votre pays pour voir des courses.

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Par exemple, à Carcassonne, où j’ai lidié une novillada il y a quatre ans, j’étais très heureux qu’au sortir de la plaza, des aficionados viennent me féliciter, ou me dire pourquoi ils n’ont pas aimé tel ou tel toro, mais on voit qu’il y a de l’aficion et que les gens savent ce qu’ils veulent. En tant que ganadero, je voudrais bien sûr que tous mes toros sortent bons, mais je n’y suis pas dedans…

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Je n’aime pas produire des toros pour les kilos, ce sont ce qu’ils ont devant, les cornes, qui font le plus peur, ainsi que la manière de regarder, et on voit bien la différence d’attitudes chez les toreros avec les toros de notre ganadería ou celles apparentées, et des toros dits commerciaux ! Chaque encaste a sa propre façon d’embestir, sa propre lidia,  et sa façon de se comporter.

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Il faut que les toreros se confient, qu’ils sachent qu’il y a d’autres encastes que Núñez, Atanasio, Domecq ou Murube, et c’est une des choses que les écoles, autant espagnoles que françaises, devraient enseigner à tous les jeunes qui veulent devenir toreros !

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L’autre jour, j’ai vu une vidéo de Lama de Góngora à Séville, tous les gens ont parlé très bien de lui, mais il ne m’a pas plu ! Du moins pour le peu que j’ai pu voir, pour sa conception du toreo… mais je reconnais que c’est plus facile derrière un burladero !!! (rires)

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La novillada d’Orthez est sérieuse, j’ai confiance, d’autant plus que parmi les novilleros engagés, il y en a un, Alberto Pozo, qui en a toréé une l’an dernier à Ciudad Real. Il va venir tienter ici, je pense que les deux autres sont bien aussi, le fait le plus négatif pour ces jeunes, ce sont souvent les professionnels qui les entourent ! Les membres des cuadrillas n’arrêtent pas de leur dire « Cuidao ! Cuidao ! Cuidao ! »… Ils leur font perdre confiance et c’est le pire qui puisse se passer avec cette ganadería ! Il faut être très concentré pour que les choses se passent réellement bien.

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Il est clair que cette ganadería possède les deux extrêmes, des toros qui sortent très bons et d’autres qui sortent  très mal ! Mais avec ceux qui sortent très mal, l’avantage consiste dans le fait que le danger se voit bien, y compris chez les moins aguerris. Personnellement, je ne veux pas qu’un toro sorte impossible, mais je voudrais que les toreros aient le recours suffisant pour savoir ce qu’ils doivent faire… En outre, ce qui se passe avec les jeunes toreros qui prennent mes novillos, c’est qu’ils toréent très peu. Et ceux qui toréent beaucoup ne veulent pas les prendre ! J’aimerais que des figuras viennent toréer mes toros pour montrer leurs facultés et ce pourquoi ils sont en haut, pas seulement avec les miens, mais ceux d’autres encastes, ceux qui sont sur leur liste noire !

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En Espagne, pour la Fiesta, c’est foutu !!! Ça me fait beaucoup de peine de le dire, mais ce sont les propres professionnels qui sont le plus anti-taurins ! A Valladolid par exemple, avec un cartel torerista, la plaza ne se remplit pas. Même avec 50% de réduction sur l’abono… Et ça se passe ainsi dans quasiment toutes les arènes espagnoles parce que les gens sont désenchantés. Ce n’est pourtant pas le cas pour le foot, le basket, ou le rugby chez vous. La crise n’explique pas tout. Il y a beaucoup de monde au stade, et pourtant, la crise est la même !

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En ce qui concerne les ganaderos, nous sommes trop figés, pas assez unis, il faudrait changer les mentalités. Aujourd’hui, pas mal d’entre nous acquièrent des ganaderías comme une fabrique de meubles ou une usine de voitures !

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Pour que ça bouge, il faudrait aussi appuyer et promouvoir les ferias des encastes minoritaires, comme à Valencia, alors que la plupart des ganaderos vont vers le toro plus commercial. Nous sommes quatre fadas à maintenir notre position… jusqu’à ce que notre portefeuille le permette !!!"

 

Paul Hermé

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