Jeudi 25 Avril 2019
Sánchez Fabrés
Mardi, 16 Avril 2013

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Le compte à rebours a commencé pour l'ultime lot de Coquilla de la ganadería Sánchez Fabrés...

Actuellement sur le devant de la scène pour une raison dont il se passerait bien, Juan Sánchez Fabrés se trouve devant une drôle d’alternative : soit faire lidier ses derniers toros pour une ultime corrida, comme un baroud d’honneur, soit les envoyer directement à l’abattoir !

A Pedro Llen, en plein cœur du Campo Charro, l’éleveur m’a résumé la situation, dramatique dans le sens où un encaste va disparaître, mais avec une grande lucidité par rapport aux exigences et aux contraintes du marché actuel.

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Un contexte basé sur l’offre et la demande, quand il y en a, et c’est bien là que le bât blesse. Au motif de têtes discrètes, en rapport avec leur type, mais surtout, ce qui est moins dit, pour leur comportement qui n’est plus guère en phase avec les exigences de la plupart des premiers de la classe. Ce qui n’a pas été toujours le cas, en témoignent les nombreux trophées remportés par cette ganadería il y a une trentaine d’année, à l’époque où les figuras n’émettaient aucune objection pour affronter des toros qui ont alors remporté quelques triomphes notoires…

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Une situation qui pour Sánchez Fabrés est en grande partie la conséquence d’une médiatisation alors à sens unique de Marivi Romero, responsable de l’unique émission de télévision, qui au-delà des caractéristiques morphologiques de chaque encaste, plaidait pour un toro plus important de tête, ce qui impliquait à terme l’arrêt de mort des Coquilla…

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Cette année, va donc sortir le 8 mai à Saint-Sever, grâce à l’action de quelques aficionados réunis en Collectif, la dernière corrida du fer Sánchez Fabrés avant que Juan ne tire définitivement le rideau…

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«  Beaucoup de choses ont changé dans le monde des toros. Actuellement, plus de 90% des gens qui se rendent aux arènes n’ont pas la moindre idée du danger que représentent les toros ! De ce fait, les toreros sont peu enclins à prendre des toros difficiles, sauf cas exceptionnels, car ils n’en seront pas pour autant remerciés… Et quand un toro ne se comporte pas en collaborateur zélé et que le torero ne peut pas faire ce qu’ils attendent, la plupart des gens en rendent responsable le toro et prennent parti pour le torero !

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Le toro de Coquilla ne se dérobe jamais au capote, il fonce violemment, il se laisse toujours piquer au cheval, il ne plie pas les pattes, il ferme la bouche, commence à jauger son adversaire et alors… aie, aie, aie !!! (rires)

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La solution, ce serait évidemment de produire des toros comme ils les aiment, mais je ne sais pas le faire et ce n’est pas mon optique. On m’a parfois dit que je  fournissais des toros d’une autre époque… Je ne sais pas si c’est vraiment un compliment ou une critique (rires) !

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Le problème des toros, ce sont les yeux, le regard ! C’est là où les toreros se trompent souvent car ce qui compte, ce n’est pas le volume et les cornes, mais bel et bien la façon dont ils les regardent. C’est ça qui fait peur. La mirada, tout est là…

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Quand j’étais jeune, à l’époque où mon père tenait la ganadería, j’en étais assez éloigné, j’étais à Madrid où je faisais des études d’architecte, et j’avais très peu de connaissances par rapport au métier d’éleveur et j’ai acquis tout ça avec l’expérience, notamment en ce qui concerne cette relation avec le regard.

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La plupart des gens ont du mal à imaginer ce que peut passer un torero pendant dix minutes lorsque le toro allie sentido, fiereza et dureté. Avec le toro standard, ce n’est plus pareil. D’ailleurs, certains de mes confrères me disent pourquoi fabriquer des voitures sans freins… alors qu’on peut en faire avec les freins !!!

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En ce qui concerne mon cas particulier, c’est très simple : j’envoie mes derniers toros à Saint-Sever puis je me lève du milieu ! Fini, définitivement fini… L’alternative était très claire, soit mes toros allaient à Saint-Sever, soit ils filaient droit à l’abattoir ! Ça me fait évidemment quelque chose, mais j’irai les voir combattre une dernière fois de façon sereine. Ce n’est d’ailleurs pas une question économique puisque j’ai uniquement demandé le prix de la viande…

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Ce que font les gens du Collectif, c’est très bien, évidemment, mais je ne pourrai pas chaque année avoir recours à l’aficion française pour sauver mes toros ! Et je ne peux pas non plus élever des toros pendant quatre ans pour qu’ils finissent à l’abattoir ! C’est pour moi un manque de respect envers les toros, savoir qu’en fin de compte ils vont être puntillés entre quatre murs alors que leur destin est de combattre dans une arène…

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J’ai encore quarante vaches, et pour le moment, je ne vais pas les supprimer. Ce que je vais faire, c’est conserver les añojos d’un an pour les élèves des écoles taurines, mais pas les toros, qui coûtent trop cher en nourriture.

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L’aficion est actuellement très préoccupée par la disparition de certains encastes, mais c’est trop tard ! Ce qui se passe avec moi, c’est vrai aussi pour Paco Galache, Saltillo, Alonso Moreno, Sánchez-Arjona, pour tous ceux dont les toros posent des problèmes dans la lidia. Non seulement aux matadors, mais aussi aux autres membres des cuadrillas.

sf16dToro lidié à Madrid... à l'époque !!!

Néanmoins, il y a encore des aficionados qui cherchent de l’émotion et les corridas dites dures se lidient en majorité en France où quelques arènes basent leur feria sur un autre modèle de Fiesta, différent de ce qui se fait le plus souvent.

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Cela dit, les toros dits faciles, ou plus commodes, infligent aussi des cornadas. Mais par leur regard, leurs intentions, ils ne te font pas sentir la même chose. Ceux de Coquilla te défient, ils te mesurent, ils te mettent à l’épreuve. Et ce sont ces toros-là qui hélas vont disparaitre…"

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(Toutes les photos de toros correspondent au dernier lot qui sera lidié à Saint-Sever)

sf16zNovillo de Sánchez Fabrés lidié à Céret en 2009

Rappel de la corrida du 8 mai : six Sánchez Fabrés pour José Calvo, Luis Bolívar et Thomas Dufau.

Les aficionados qui veulent faire un geste peuvent s’adresser aux responsables…

Association Collectif Pedro LLen

Siège : 11 rue Lamarque 40550 Saint Sever – Déclarée à la préfecture des Landes et au journal officiel avec pour référence le numéro W402003435. Président : Antoine Capdeville – Vice-président et secrétaire : Luc Larregain – Trésorier : François Capdeville

Contacts : - sur internet : www.collectifpedrollen.blogspot.com - sur facebook : Collectif Pedro LLen

- par email : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

- par téléphone : Antoine Capdeville 06 33 15 02 82

- Luc Larregain 06 40 22 40 66

- adresse postale : 8 impasse Gayon – 64100 Bayonne

 

Paul Hermé

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