Samedi 23 Février 2019
Mont-de-Marsan, Tyrosse...

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Autre corrida pour l’histoire au Plumaçon avec les Escolar Gil… Fernando Robleño et Julien Lescarret a hombros, un triomphe hélas terni par la blessure de Javier Castaño, mais quel « pedazo de corrida » !!!

Ce soir, il y a tant de choses à dire que je ne sais pas vraiment par quoi commencer, mais une chose est sûre, je ne vais pas vous relater un constat d’huissier toro par toro, torero par torero, mais plutôt vous livrer en vrac des impressions d’ensemble sur une corrida qui fera partie de celles dont je me souviendrai encore dans quelques années, pour mille raisons qui font qu’avec celle de Fuente Ymbro l’avant-veille, je n’ai pas souvenance d’avoir vécu autant d’émotions au Plumaçon depuis que je m’y rends régulièrement pour la Madeleine, à savoir une bonne vingtaine d’années…

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Ce soir, je suis à la fois triste et heureux, triste par rapport à la cornada subie par Javier Castaño qui a fait les frais de la dimension dramatique de ce genre de course, à savoir le héros malheureux, la victime qui dans la douleur rehausse l’image de ceux qui sont sortis en triomphe. Demain, ce sera l’inverse, car l’on sait bien que dans les toros les choses basculent vite et que les vainqueurs d’un jour peuvent être les victimes du lendemain, ou vice versa.

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Mais ce soir, je pense à Fernando Robleño, qui une semaine auparavant avait montré les dents à Céret et qui au Plumaçon a été une nouvelle fois exemplaire, au point de faire reculer toutes les logiques arithmétiques qui veulent que 1 ne fasse pas 2 ! Mais aujourd’hui, au Plumaçon, on est passé outre ce formalisme pour  coupeurs de cheveux en quatre, et c’est sous les cris de « Torero, Torero » que Fernando a quitté le cirque… a hombros !

Accompagné par l’autre héros du jour, Julien Lescarret, aussi sympathique que fantasque, et qui a attendu le jour de sa despedida au Plumaçon pour montrer devant des étagères abasourdies quel « pedazo de torero » il pouvait être !!! Après avoir reçu la médaille de la ville par Mme le Maire Geneviève Darrieussecq et M. Guillaume François, Président de la Commission Taurine, ce qui lui a valu une chaleureuse ovation, Julien a prouvé tout au long de cette tarde, dans un costume recherché qui comprenait quelques connotations locales, que lorsqu’il fallait se sortir les tripes, on pouvait compter sur lui.

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Et toute une arène lui a montré sa reconnaissance et son admiration pour avoir répondu présent dans un contexte particulièrement difficile où beaucoup auraient expédié les affaires courantes en attendant des lendemains meilleurs. Enhorabuena à Julien, qui ce jour s’est comporté en maestrazo !!!

Mais il y eut aussi Robleño, celui que l’on voit de temps en temps dans les corridas dites dures depuis une dizaine d’années, le petit Madrilène qui ne faisait jamais beaucoup de bruit, tout heureux de franchir le Perthus pour venir affronter deux éléphants dans nos contrées, ce qui même en cas de succès ne lui refilait pas le moindre contrat pour la suite… Robleño qui finit par glisser un jeton sur la table du Casino pour tenter de remporter le jackpot à Céret, et qui a fini par toucher une mise significative. Pas encore de quoi acheter un cortijo sur les hauteurs de Séville, certes, mais de quoi faire parler de lui, et de prouver qu’il existe, ce qui pour un torero est le début de la reconnaissance, à condition de transformer les essais. Et après avoir été encore digne la veille à Orthez, Fernando vient de montrer devant un effroyable bison qu’il pouvait dominer les plus grandes carcasses…

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Un effort récompensé par un Pluumaçon debout, balayant l’esprit comptable du nombre de descabellos pour ne se souvenir que des incroyables séries de muletazos qui ont fait passer le susto sur toutes les travées… Le reste, il est vrai, n’avait plus grande importance, on n’était pas en mode violon ou circulaire inversée, mais bel et bien dans le tragique, qui n’a rien à voir avec le sauve qui peut… Car Robleño a aguanté, a tragué, s’est démené, s’est entrégué, et de petit qu’il est, il a pris au fil des minutes une dimension de géant…

Je n’insisterai pas trop sur Javier Castaño, qui comme dans les étapes du Tour de France, comportent tous les jours un malchanceux… Un sérieux accrochage lui a valu deux cornadas dans le dos, apparemment pas trop graves, et sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement. Mais lui aussi était bien parti pour écrire une belle partition dans cette œuvre peu ordinaire réservée aux plus grands pupitres. Ceux qui allient pundonor, sens de la lidia, entrega, valor, aguante et tutti quanti, ceux qui filent la chair de poule sur les tendidos, qui provoquent les silences comme les plus belles ovations. Promis, demain, une fois regagnées mes pénates, je vous raconte tout en détails…

Sachez toutefois, pour les amateurs de statistiques, que Fernando Robleño a salué à son premier, a fait la vuelta à son second et a coupé une « oreillaza » à celui qu’il a pris pour suppléer Castaño.

A titre personnel, j’englobe dans les félicitations les trois cuadrillas, banderilleros comme piqueros, pour les grands moments qu’ils nous ont fait vivre et pour les risques que certains ont pris !

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Javier Castaño a salué puis a été évacué vers l’infirmerie et Julien Lescarret a coupé une oreille à chacun de ses adversaires.

Sachez encore qu’à l’invite des toreros, José Escolar Gil a refusé de les accompagner dans leur vuelta triomphale, eu égard à la blessure de Castaño et que son mayoral a salué discrètement.

Rendez-vous lundi soir pour une chronique détaillée…

Retour sur la journée du samedi 21 avec Feria TV…

Pour voir la vidéo de la novillada matinale avec Juan Leal, cliquez ICI

Pour voir celle de la corrida de Jandilla, cliquez

TYROSSE

Arènes pleines, oreille pour Manuel Escribano qui a été blessé à l’aine en posant les banderilles, et pour Iván Fandiño à son second. Silence, silence et saluts pour El Fundi.

Plus de détails demain…

 

Paul Hermé

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