Samedi 23 Février 2019
VALENCIA

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« Empadillada » corrida avec sortie a hombros de Manzanares et Talavante…

Première surprise, l’affichage sur la taquilla du cartel de no hay billetes, ce qui par les temps qui courent n’est pas vraiment fréquent…

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Surprise, parce que quelque peu inattendu et pour tout dire j’aurais misé sur un trois quarts d’arène, sans imaginer cet engouement dû aussi à la venue de Juan José Padilla.

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Preuve en est qu’au cinquième, après la deuxième apparition du Cyclone, ou du Pirate, comme vous voulez, les rangs se sont rapidement clairsemés, ceux qui étaient venus voir la curiosité du jour se retirant sans vergogne alors que Manzanares attaquait son deuxième Garcigrande… 

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Ils avaient vu ce qu’ils voulaient voir, ne rien rater, histoire de dire « j’y étais », quelques applaudissements, trois photos avec leur téléphone et puis s’en vont… mais la corrida, c’est autre chose, et pour moi, Padilla est torero, messieurs dames, et non pas une attraction de foire… Et il s’est comporté « en Padilla » depuis l’ovation de réception, ma foi bien sympathique, mais surtout pour ce qu’il a pu réaliser avec le toro qui ouvrait la course, et de le voir ainsi se retrouver faisait vraiment plaisir à voir…

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Cette corrida avait trop bien commencé… Outre la charge émotionnelle liée à l’accueil de Padilla, le Jerezano eut la chance de tomber sur un adversaire encasté, juste de forces, certes, mais répétant ses charges et lui permettant d’exprimer tout ce qu’il avait en lui… Grand respect, oreille chaleureusement fêtée et quand il est passé devant moi, j’ai reçu en pleine poire l’image d’un torero au bord des larmes qui tenait frénétiquement en main une oreille qui symbolisait certainement la récompense de tant de mois de luttes, un oreille qu’il serrait contre son cœur comme un trophée symbolisant sa plus belle des victoires… Las, le quatrième ne sortait pas du même tonneau, mais de toute façon, JJP avait déjà fait l’essentiel. Oreille, saluts, et l’estime de tous. Plus que de l’estime même, de l’admiration et du respect !

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Le meilleur est venu de Manzanares avec le deuxième, étant bien entendu qu’il n’allait pas laisser passer le plus propice de l’envoi. Un « Manzana » des grands jours qui sur ce seul toro allait s’offrir une grande porte à base de ses fondamentaux, la grâce de sa gestuelle et un recibir d’école qui devient sa marque de fabrique. Hélas, son deuxième avait bien moins de qualités et l’Alicantino afficha encore une torería allurée, avec toutefois moins d’impact sur les gradins, faute de combattant. Deux oreilles, saluts, et autre démonstration d’une classe incontestable qui devrait nous valoir au cours de cette temporada quelques tardes de grande musique… dont on ne se lasse pas.

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Restait Talavante, qui eut d’abord affaire à un sacré client qui de mon point de vue, sans mauvais jeu de mots, avait justement un problème… de vue ! En tout cas, dénué de toute franchise, il repoussa Talavante dans ses retranchements, ce qui n’est pas allé sans émotion au cours d’une faena tirée au couteau, alliant aguante, envie et technique, et comme il tua bien, le pavillon qui tomba du palco n’avait rien de complaisance…

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Avec l’ultime, il doubla la mise, empochant une autre oreille qui allait lui permettre de sortir a hombros aux côtés de Manzanares après que son titulaire de Parladé se soit malencontreusement brisé une corne contre un burladero, son remplaçant de la même maison lui permettant, non sans émotion une nouvelle fois, de dessiner une faena cohérente et vaillante qui porta sur les étagères. Un heureux épilogue d’une tarde mémorable qu’il fallait juger avec son cœur et ses tripes, parce que les toros, des fois, c’est aussi ça…

 

Paul Hermé

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