Vendredi 28 Juillet 2017
ALAIN MONTCOUQUIOL
Vendredi, 24 Février 2012

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L'émouvante interprétation d'un fumeur de souvenirs...

Un cadre, le salon feutré de l’Impé, un public attentif, une musique, avec les sonorités d’une guitare ponctuant les lectures d’Alain Montcouquiol dans un temple parfait, nous étions au théâtre. Oui, je dis bien au théâtre. Car Alain Montcouquiol est acteur. Peut-être malgré lui, mais acteur, car il ne se contente pas de lire ses histoires, de fumer ses souvenirs, il les interprète. Et les met en scène. Par sa voix, par sa présence, par son allure, par la force de ses émotions. Et comme les meilleurs toreros, il transmet.

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Invité par Jacques-Olivier Liby, vice-président des Avocats du Diable, Alain n’a pas eu à forcer pour faire le « no hay billetes ». Au point qu’il sera répété pour une deuxième séance… qui elle aussi se jouera à guichets fermés ! Preuve d’une attente, d’une envie, celle de rencontrer ce personnage, j’allais dire cette personnalité, qui au travers d’histoires courtes, d’anecdotes, revient inlassablement sur une trajectoire jonchée d’exaltation, pour tout ce qu’elle a pu lui apporter dans sa vie de torero comme au cours de son prolongement aux côtés de son frère, mais aussi de désespoir, pour une cassure, une plaie qui ne sera jamais refermée.

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Après « Recouvre-le de lumières » et « le sens de la marche », voici donc, avec « Le fumeur de souvenirs », titre inspiré par d’émouvantes retrouvailles entre un petit Mexicain et son grand-père, d’autres tranches de vie, de vie en tranches… Qu’il s’agisse de ces femmes vêtues de noir rencontrées à Valdepeñas un jour de corrida, des banderilles blanches de la première corrida de Christian en Amérique, de la Lambada, du mozo de espadas « El Rubio » ou encore, dans la calle Sierpes, de ce gamin qui toréait son chien, Alain nous transpose dans son vécu, dans son univers, dans ses émotions, dans sa détresse, ponctuant son intervention de la plus belle des façons avec l’interprétation du sublime poème d’Antonio Machado « El crimen fue en Granada », dans ses deux versions, française puis espagnole, remarquablement soulignées par les notes distillées par Philippe Cornier. Un chef-d’œuvre de sensibilité, une évocation de l’exécution de Federico García Lorca à te filer la « carne de gallina », avec ce poème en deux parties, l’exécution, puis une évocation du poète et de la mort.

Le poète et la mort… Qui d’autre qu’Alain Montcouquiol pouvait aussi bien l’interpréter ?

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« Le fumeur de souvenirs », Alain Montcouquiol, aux éditions Verdier.

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