Lundi 17 Juin 2024
PATRICE
Vendredi, 24 Février 2023
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Conchita : La grâce de la force…
 
Plus.
 
De sept cent cinquante.
 
 
 
Elle.
 
En occit.
 
 
 
Conchita.
 
Tuait des toros.
 
 
 
Avec.
 
Grâce.
 
 
 
« La grâce, plus belle encore que la beauté. »
 
Ecrivait La Fontaine.
 
 
 
Et force.
 
Aussi.
 
 
 
« A l'intérieur de la force est le rire. A l'intérieur de la force est le jeu. A l'intérieur de la force est la liberté. »
 
Ecrivait Montherlant.
 
 
 
La première
 
Ne vaut pas.
 
 
 
Sans.
 
La seconde.
 
 
 
Le capote de Salomón Vargas.
 
Pour la poésie.
 
 
 
« Con dos dedos basta para mover un capote como te salga del corazón. »
 
Disait le premier.
 
 
 
La jambe en avant de Domingo Ortega.
 
Pour la vérité.
 
 
 
« En el toreo todo lo que no sea cargar la suerte no es torear sino destorear. »
 
Disait le second.
 
 
 
La conjonction.
 
Des deux.
 
 
 
Fit de Conchita.
 
La « Diosa Rubia ».
 
 
 
Et.
 
Una matadora de cartel.
 
 
 
Femme.
 
Et torera.
 
 
 
Conchita.
 
Posait ses farpas.
 
 
 
Autant dans la chair du toro.
 
Que dans celle de la vie.
 
 
 
Et comme une Oriane de Guermantes.
 
A la main jupitérienne.
 
 
 
Elle tuait.
 
En donnant un sens.
 
 
 
De dissidence.
 
A la couleur du sang.
 
 
 
Qui tâchait.
 
Son mouchoir de dentelle.
 
 
 
Dans.
 
Ce registre.
 
 
 
Sa féminité.
 
Mélange de dignité.
 
 
 
Et de force vive.
 
Disait l’élégance meurtrière.
 
 
 
De.
 
Son état.
 
 
 
Et faisait.
 
Que.
 
 
 
Par sa manière.
 
Et sans nul besoin.
 
 
 
De la manifester.
 
Conchita marquait sa différence.
 
 
 
En habillant.
 
Des ballerines de Margot Fonteyn.
 
 
 
Les sabots.
 
Des cavaliers de Joachim Murat.
 
 
 
Orson Welles.
 
L’admirait.
 
 
 
« Le jour où ce torero descendra de cheval, beaucoup de toreros à pied devront se mettre à toréer à cheval ! »
 
Disait d’elle Corrochano.
 
 
 
José González “Carnicerito de México”, après la cornada fatale qu’il reçut de Sombrerero le 14 septembre 1947 à Vila Viçosa au Portugal, lui, lui dit : 
 
« ¡ Conchita, este me mató ! ¡ este me mató ! »
 
 
 
Et dans « ABC » du 17 juillet 1945, on pouvait lire :
 
« Elle équilibre la grâce féminine avec la rudesse du torero ».
 
 
 
A soixante-dix ans, Conchita sortit de sa retraite.
 
Pour donner l'alternative à Marie Sara Bourseiller.
 
 
 
C’était le 21 septembre 1991.
 
Dans les arènes de Nîmes.
 
 
 
L’affiche 2023 des férias nîmoises.
 
Signée par Nicole Bousquet lui rend hommage.
 
 
 
En un.
 
Quite.
 
 
 
D’une artiste.
 
A une torera.
 
 
 
Unissant.
 
Sur du papier couché brillant.
 
 
 
Le secret troublant.
 
De l’illusion.
 
 
 
A la beauté irradiante.
 
Du toreo.
 
 
 
Les deux étant presque.
 
La même chose.
 
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 Datos  
 
Consuelo Cintrón Verril, dite « Conchita Cintrón », (9 août 1922 à Antofagasta (Chili)/ 17 février 2009 à Lisbonne (Portugal).
 
Conchita Cintrón est restée dans l'histoire de la tauromachie comme la première rejoneadora célèbre.
 
Elle débute à l'âge de quatorze ans comme dans un festival de bienfaisance en janvier 1936 aux arènes d'Acho (Lima).
 
L'année suivante, elle présente un numéro équestre analogue à celui d'Antonio Cañero, avec une partie équestre et une partie à pied.
 
Elle prend l’alternative à Mexico le 20 août 1939.
 
Elle torée dans la plupart des pays taurins d'Amérique latine ; elle conquiert le Mexique où elle participe à 211 corridas de 1939 à 1943, tuant à pied 401 toros.
 
Après la Seconde Guerre mondiale, elle arrive en Europe, à Lisbonne, où elle connaît un succès immédiat. Son charme et son talent lui ont valu d'être surnommée « la déesse blonde ». Cavalière remarquable, elle maniait la muleta avec une grande précision de geste.
 
Mais on n'a jamais pu la voir sous cet aspect-là en Espagne où la loi interdisait aux femmes de toréer à pied.
 
C'est en France qu'elle a toréé le plus grand nombre de fois. Elle y était appréciée à la fois comme rejoneadora, comme torera, mais aussi pour l'élevage de toros qu'elle fonda après s'être retirée des arènes.
 
Ses adieux eurent lieu dans les arènes de Bordeaux le 1er octobre 1950 face à des taureaux de José Infante da Cámara…
 
Patrice Quiot