Samedi 21 Octobre 2017
ANOET
Mercredi, 05 Novembre 2014

Quand les empresas montent au créneau…

En publiant le communiqué ci-dessous, les organisateurs espagnols de corridas mettent au grand jour leur malaise actuel, et probablement celui de toutes les professions qui s’y rattachent.

« Le Comité Directeur d’ANOET, compte tenu de la grave aggravation économique supportée par la Fiesta, plus particulièrement ces cinq dernières années, a fait le bilan des problèmes qui menacent le secteur afin d’évaluer si nous sommes devant une crise conjoncturelle ou structurelle. Malheureusement, nous constatons qu’il s’agit d’une crise de fond, mise sous pression par la crise économique subie par l’Espagne.

On doit à nouveau rappeler que c’est l’impresario taurin qui imagine, crée et vend le spectacle. Il le structure du début à la fin en harmonisant tous ses participants. C’est pourquoi il a une vision d’ensemble de ce qui arrive et sa situation privilégiée comme sommet de la pyramide organisatrice lui confère le pouvoir d’avoir la meilleure information de ce qui se produit à chaque niveau du spectacle. C’est pour cela qu’en cette période difficile, nous avons l’obligation de répercuter notre analyse sur les autres secteurs et à l’aficion.

Il y a longtemps que les symptômes sont latents et persistants, et toutes nos tentatives - pas toujours bien comprises - de faire face au mur de problèmes qui dévastent notre secteur n’ont servi à rien d’autre qu’à ajourner la solution à la crise structurelle qui nous touche. Cette profonde crise économique et sociale de la dernière décennie a constitué l’accélérateur du processus de combustion qui consume la Fiesta, jusqu’à nous situer de manière abrupte face à une dure réalité : le monde des toros va vers la faillite.

Accablés par des coûts insurmontables, exposés à la pression de conditions d’embauches, de location et de redevances exorbitants, au point que certains appels d’offres ne trouvent pas preneur ou qu’ils empêchent la concurrence dans les plus importantes plazas du pays, le tout s’accompagne de charges sociales et fiscales qui nous poussent à l’asphyxie. La Fiesta se trouve paralysée dans son évolution par un immobilisme qui se réfugie dans la tradition, marginalisée par les médias audiovisuels et une longue liste d’attaques que nous détaillerons en temps voulu. La Tauromachie a besoin d’urgence de l’effort de toutes ses composantes pour ne pas tomber dans la marginalité.

Il est légitime d’attendre un bénéfice de l’apport de chacun, ce que n’est pas la volonté de s’enrichir aux dépens de la ruine alentour. Et le secteur des empresas a outrepassé sa capacité à absorber les coûts disproportionnés du spectacle, depuis sa base, la novillada, jusqu’aux corridas de toros les plus prestigieuses.

Les empresas, mais bien sûr pas qu’elles, ne pourront plus supporter longtemps cette situation au risque de voir la Fiesta mourir. Si nous ne sommes pas capables de nous adapter à la réalité, c’est elle qui nous dévorera. C’est pourquoi nous appelons tous les secteurs à affronter ces problèmes avec rigueur et largeur d’esprit. Le toreo est un art unique et irremplaçable, qui n’est pas bien compris de tous, mais  c’est un patrimoine culturel d’une valeur inestimable, et maintenant, il dépend de nous que ce qu’on nous a légué ne se perde pas. »

Je ne sais pas s’il s’agit vraiment d’un acte de contrition approuvé par toutes les empresas espagnoles, mais à mon avis, ce texte reprend à la virgule près ce que beaucoup pensent depuis longtemps. Il s’agit en quelque sorte d’un constat et n’apporte guère de solutions sur les mesures à prendre. Au fond, ces réflexions sont récurrentes, même si elles prennent encore plus d’acuité avec la crise actuelle, mais les mêmes causes reproduisant les mêmes effets dans un milieu qui ne passe guère pour solidaire, on va maintenant attendre de voir ce qui va sortir du chapeau...

 

Paul Hermé

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