Mercredi 17 Juillet 2019
Laury Tisseur, Arles, Mirandilla, Wolff, Plataforma...
Vendredi, 04 Décembre 2015

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La passion du spectacle équestre et du rejoneo…

 On a beau être passionné de chevaux et de toros, on sait combien devenir rejoneador n’est pas chose facile. Il y faut des heures et des heures d’entrainement, une cuadra performante, un camion adapté, et évidemment, outre le propre équipement du centaure, assurer l’entretien et la nourriture pour ses montures. Ajoutez tout cela, et vous comprendrez mieux pourquoi ils sont très peu à se lancer dans l’aventure, faute de moyens pour tenir la route…

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Si l’on remonte aux origines, et même plus près de nous, on constate que cette discipline a été longtemps réservée à une certaine aristocratie taurine, possédant terres, personnel, toros et chevaux. Dans le rejoneo, ça correspondait essentiellement à de fameuses dynasties, comme celles des Peralta, Bohórquez, Domecq, sans oublier les Portugais…

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Progressivement, les choses se sont un peu démocratisées et est arrivée au-devant de la scène une nouvelle génération dont les leaders ont quelque peu fait changer la donne quant à leurs conditions. Et dans le nombre, des rejoneadors français se sont mis à fonctionner, faisant tomber quelques barrières et préjugés. Dernier exemple en date, la belle ascension de Léa Vicens.

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Actuellement, un jeune cavalier professionnel commence à faire parler de lui. Engagé dans des spectacles équestres de niveau international, Laury Tisseur revient autant qu’il le peut de ses tournées pour s’occuper de sa cuadra et s’entrainer en vue, bien sûr, de progresser et d’aspirer à occuper des postes dans nos arènes. Au cours de la dernière temporada, il s’est produit en public et sans pour autant délaisser les spectacles, c’est à présent vers le rejoneo qu’il compte de plus en plus se tourner. Avec visiblement beaucoup d’illusion.

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Rencontré récemment dans les superbes installations de la compagnie « Les Hasta Luego », sise aux portes de Nîmes, spécialisée dans les spectacles équestres, Laury Tisseur, accompagné de son parrain Lauri Monzon, qui est aussi intervenu dans l’interview, a fait un large tour d’horizon de ses activités et des espoirs qu’il met dans la temporada à venir…

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«  LT : Corinne Bernard, ma marraine, toréait à cheval et mon père conduisait son camion, faisant aussi son mozo et s’occupant de ses chevaux. Du coup, j’ai grandi dans ce contexte et plus tard, dans mon adolescence, j’ai voulu tenter à plusieurs reprises l’aventure du rejón, mais tout le monde m’en a dissuadé car il faut des moyens qu’évidemment je n’avais pas. Pour débuter, il est nécessaire d’avoir au moins une paire de chevaux performants et plus tard, j’ai trouvé un moyen de financer tout ça par mon travail dans le milieu équestre. Je me suis tourné vers le spectacle, ce qui m’a permis peu à peu d’acheter mes chevaux.

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J’ai fait des spectacles dans pas mal de pays, mais au début, les gens avec qui je travaillais étaient plutôt contre la corrida et je ne pouvais jamais aborder le sujet. Mais quand je suis arrivé chez les Hasta Luego, j’ai vu que tout le monde aimait la tauromachie, ce qui me laissait davantage de possibilités. Puis j’ai acheté un cheval, « Cadabel », j’en ai parlé à Eric, qui est un des trois frères qui dirigent les Hasta Luego, mais aussi mon beau-père, et il m’a promis de m’aider de son mieux. J’en ai aussi parlé à Lauri, qui était toujours un peu sur la réserve, mais quand il a vu Cadabel et aussi mon envie d’y arriver, il a été à fond à mes côtés.

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LM : On se dit que finalement on n’a qu’une vie et qu’il faut essayer de la vivre, tout en le prévenant que ce sera très compliqué, voire impossible. J’ai fini par décider de m’investir et de l’aider en voyant la passion qui l’animait.

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LT : Je suis toujours obligé d’allier spectacle et rejón car je ne peux pas me lâcher des deux mains. Sans spectacle, je ne pourrais pas aller plus loin, d’autant plus que je suis bien conscient que la tauromachie est quelque chose de difficile dans le contexte actuel. En ce qui concerne le rejoneo, j’ai commencé en public en 2013, j’ai attaqué en becerrada avec deux chevaux. C’était à Istres un matin de feria, ça allait très vite à partir du moment où j’ai attaqué les entrainements et bien sûr, j’étais plutôt stressé. Je n’étais pas vraiment content, j’ai fait quelques erreurs par manque de relâchement car le stress enlève beaucoup de moyens, le becerro posait des problèmes et je n’avais pas encore toutes les clés pour les résoudre. Même si je n’étais pas forcément satisfait, ça m’avait quand-même donné envie d’aller plus loin…

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Ensuite, on a fait tout le circuit Ouest-Provence dans la région d’Istres, je pense avoir progressé, ça me mettait en confiance et peu à peu, ça allait mieux. Pour mes chevaux aussi, car comme moi ils débutaient et il y avait encore des réglages à faire. Par manque de pratique, j’avais du mal à les rassurer, mais c’est allé mieux par la suite, grâce aussi aux entrainements avec des toros. La première année, j’ai participé à une dizaine de becerradas sans mise à mort. Ensuite, l’année suivante, on a continué dans les courses Ouest-Provence, mais on était deux à cheval, donc on s’est partagé les quatre becerradas. J’ai pu ainsi toréer à Port-Saint-Louis et Fos. Puis je suis allé aussi à Montblanc et c’est cette année que j’ai commencé aux Saintes, dans une portugaise avec deux rejoneadors d’expérience, Miguel Moura et Francisco Palha. Dans l’ensemble, ça s’est bien passé, puis je suis allé à Boujan pour ma première mise à mort. Je suis tombé sur un toro compliqué, manso, qui ne m’a pas aidé. Mais bon, ça faisait toujours une expérience…

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Cette année, alors qu’on savait qu’il y avait Istres au mois d’août, on a toréé deux jours avant des becerradas à Marboz, dans le Lyonnais. C’est une super feria, dans un cadre particulier, hors du circuit taurin sur le plan géographique, mais avec beaucoup d’aficion et de convivialité.

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LM : A Istres, il a surpris tout le monde. Pour un débutant, il s’est montré très à l’aise, sans se faire toucher le cheval. Dans le rejoneo, c’est le contraire de la corrida à pied où si un gamin se fait attraper dix fois, tout le monde applaudit et salue son courage, alors que si tu te fais toucher ta monture, les réactions ne sont plus les mêmes !

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LT : C’est ce qui met le plus de temps à rentrer et que Lauri veut me mettre en tête : comprendre le toro, son regard, sa façon de foncer, les terrains… Quand on arrive à mieux percevoir ces fondamentaux, tout devient plus fluide et c’est là où l’on prend du plaisir en toréant.

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LM : Malheureusement, comme il n’y a pas beaucoup de courses, il a fallu griller des étapes. Laury n’a pas eu l’apprentissage comme à pied dans le domaine du bétail où c’est plus progressif avec les becerros puis les novillos et enfin les toros. Lui, son premier toro lidié en public à Boujan avait cinq ans !

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LT : Après Istres, il y a eu encore les Saintes, puis le Grau du Roi et Fréjus, ce qui a ajouté à mon expérience et pour 2016, j’envisage les choses sur un plan encore plus professionnel en ce qui concerne le rejoneo. On a beaucoup changé dans ma préparation, j’ai à présent six chevaux et j’aimerais en avoir un autre pour l’an prochain. Tous les chevaux que j’ai achetés, c’est moi qui les ai faits.

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LM : Le plus difficile est d’avoir une cuadra performante. Il faut avoir une base et ensuite, le jeu, c’est de l’améliorer sans arrêt, les chevaux les plus faibles étant remplacés par d’autres pour aller toujours de l’avant.

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LT : Mon projet est d’entrer l’an prochain dans des courses plus sérieuses, à savoir qu’après les becerradas, il faut attaquer maintenant en novilladas, avec du bétail plus conséquent. Je ne dis pas que je vais arrêter le spectacle, mais tout va changer dans la mesure où je compte bien m’impliquer davantage dans le rejoneo. Pour espérer tenir la route,  il faut que j’y consacre plus de temps. Je suis souvent à l’étranger, j’essaie d’équilibrer davantage les choses, en allant en Espagne chez des maestros pour encore progresser. Ils ont des automatismes que je n’ai pas encore, il faut être attentif à tous les détails et c’est comme ça qu’on avance. Lauri s’occupe de moi dans la gestion de ma carrière, sur le plan administratif comme taurin, et le but, évidemment, c’est de pouvoir toréer davantage de courses l’an prochain.

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LM : Pour l’instant, il est hors de question d’aller dans les grandes arènes, on n’a pas la prétention de toréer avec les figuras, mais en France, il y a surtout des corridas portugaises où l’on peut rentrer, ainsi que par devant des novilladas piquées, c’est une habitude que les empresas pourraient commencer à prendre car c’est un autre public que tu emmènes aux arènes, même s’il y a des gens qui n’aiment pas forcément les courses mixtes. C’est compliqué, il y a aussi le problème des pistes, certaines sont trop étroites, d’autres ont un sol trop dur, on ne peut pas passer n’importe où par rapport aux chevaux. Mais bon, il faut se faire connaître des empresas, c’est ce que je fais actuellement car les cartels se montent tôt…

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LT : En ce qui concerne le spectacle, j’y suis venu par connaissance d’artistes équestres alors que je n’étais pas encore majeur. Lorsque j’ai eu dix-huit ans, ils m’ont appelé et je les ai rejoints aux Etats-Unis. J’y suis resté six mois puis j’ai eu un peu le mal du pays, les corridas me manquaient et eux ils n’aimaient pas ça, je suis donc rentré en France tout en continuant à travailler pour eux, puis Eric, des Hasta Luego, m’a appelé pour partir en tournée en Europe. Le projet me plaisait beaucoup, il y avait un rapport avec la tauromachie, et depuis, tous les hivers, je pars en tournée, principalement en Europe du Nord. Cette année, j’aurai des périodes creuses qui me permettront de partir en Espagne pour tenter de franchir encore un cap car on ne peut pas toujours rester dans les becerradas. Mais pour figurer dans un autre circuit, il ne faut pas lasser les gens, il faut qu’ils soient surpris à chaque fois, c’est pour ça que j’ai envie de me donner les moyens de franchir ce cap. »

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Suerte, Laury… mais aussi Lauri, une pareja qui semble motivée pour bientôt nous surprendre. Ojala…

(Faire connaissance avec les "Hasta Luego" en cliquant ICI )

ARLES

L'empresa des arènes d'Arles confirme la présentation pour la Féria de Pâques 2016 dans un cartel évènement, de la nouvelle vedette de la tauromachie Alberto López Simón, grand triomphateur de la saison 2015, avec notamment ses trois sorties en triomphe des arènes de Madrid.

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(Communiqué)

MIRANDILLA

Résumé en images des moments forts des Journées 2015 Torrito Afición à Gerena…

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Cliquez  ICI

WOLFF

FRANCIS WOLFF A NÎMES…

Dans le cadre des « Jeudis du Cercle », le CT de Nîmes avait invité Francis Wolf.

Celui-ci a enchanté les aficionados, il a fait naître par les mots et par sa verve différents portraits d'aficionados en les positionnant sur l'échiquier politique de l'extrême gauche  à l'extrême droite.

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Outre les aficionados, les présidents de nombreux clubs taurins, le délégué à la culture de la ville de Nîmes, Francis Wolf a pu échanger ses sentiments d'aficion avec le maestro madrilène Javier Cortés accompagné par son  apoderado Stéphane Fernandez Meca.

(Communiqué)

PLATAFORMA

Récemment créée à Séville par des aficionados, la « Plataforma de Acción Ignacio Sánchez Mejías” a un double objectif : faire en sorte que les autorités prennent enfin le “toro par les cornes” en matière de blindage de la Fiesta, et alerter la justice pour défendre les aficionados lors de manifestations anti-taurines de plus en plus violentes.

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Avec à sa tête le professeur de droit administratif Juan Antonio Carrillo Donaire, cette nouvelle entité entend bien faire respecter le droit des aficionados à se rendre librement et sans entrave aux corridas, le meilleur moyen étant selon lui leur inscription au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO…

Toute initiative allant dans ce sens est évidemment louable, non ?

 

Paul Hermé

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